lundi 24 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| Section | Cour administrative d'appel de Bordeaux |
| N° Dossier | CAA33-25BX00430 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Mme C B, représentée par Me David, a demandé au tribunal administratif de Poitiers de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire, d'annuler les décisions des 4 janvier et 4 avril 2022 par laquelle le directeur de la maison d'arrêt d'Angoulême a refusé de lui délivrer un permis de visiter M. A, d'enjoindre au directeur de la maison d'arrêt d'Angoulême de lui délivrer le permis de visite sollicité et de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Par un jugement n° 2200775, 2200937 du 19 décembre 2024, le tribunal administratif de Poitiers, après avoir constaté que Mme B bénéficiait de l'aide juridictionnelle, a annulé la décision du 4 janvier 2022 du chef d'établissement de la maison d'arrêt d'Angoulême et rejeté le surplus des conclusions des requêtes.
Par une requête enregistrée le 17 février 2025, Me David, représenté par Me Griolet, demande à la cour administrative d'appel de Bordeaux :
1° d'annuler l'article 3 du jugement du Tribunal administratif de Poitiers °2200775, 2200937 du 19 décembre 2024 rejetant l'octroi de frais irrépétibles à Me David en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
2° de mettre à la charge du Garde des sceaux la somme de 6 000 euros HT, soit 7 200 TTC au titre de l'instance du tribunal administratif de Poitiers n°2200775, 2200937 et de l'article L.761-1 du code de justice administrative ;
3° de mettre à la charge du Garde des sceaux la somme de 1000 euros HT, soit 1 200 TTC au titre de la présente instance d'appel et de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- Madame B ayant obtenu l'annulation par le tribunal administratif de Poitiers de deux décisions, la requérante pouvait prétendre au remboursement par l'Etat, qui avait dans cette instance la qualité de partie perdante, des frais exposés et non compris dans les dépens ;
- contrairement à ce que soutient le Tribunal administratif de Poitiers, l'article L761-1 du code de justice administrative ne s'oppose aucunement à ce que l'Etat, pris en la personne du Ministre de la Justice, soit condamné à verser des frais irrépétibles
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents () de cours administratives d'appel () peuvent, par ordonnance : () 5° Statuer sur les requêtes qui ne présentent plus à juger de questions autres que la condamnation prévue à l'article L. 761-1 ou la charge des dépens ; () ".
2. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. ". Aux termes de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 : " () Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens, ou qui perd son procès, et non bénéficiaire de l'aide juridictionnelle, à payer à l'avocat pouvant être rétribué, totalement ou partiellement, au titre de l'aide juridictionnelle, une somme qu'il détermine et qui ne saurait être inférieure à la part contributive de l'Etat majorée de 50 %, au titre des honoraires et frais non compris dans les dépens que le bénéficiaire de l'aide aurait exposés s'il n'avait pas eu cette aide. Les parties peuvent produire les justificatifs des sommes qu'elles demandent et le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation. () ".
3. Le tribunal administratif, après avoir annulé pour un motif de forme la décision du 4 janvier 2022 et rejeté les conclusions à fin d'injonction de Mme B et ses conclusions dirigées contre la décision du 4 avril 2022, qui avait un objet identique à la précédente, a, d'une part, estimé qu'il n'y avait pas lieu, dans les circonstances de la première espèce, de mettre une somme à la charge de l'Etat au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, d'autre part, estimé que ces dernières dispositions s'opposaient à ce qu'une somme soit mise dans la seconde espèce à la charge de l'Etat, qui n'y était pas la partie perdante. Ce faisant, le tribunal n'a pas fait une inexacte appréciation des circonstances de la première espèce, dans laquelle l'annulation obtenue est restée sans incidence sur la situation de la requérante, et a fait une exacte application à la seconde espèce des dispositions rappelées au 2. ci-dessus.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Me David doit être rejetée, ensemble ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Me Benoît David est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Me Benoît David.
Une copie sera transmise pour information au Garde des sceaux, ministre de la justice.
Fait à Bordeaux, le 24 février 2025.
Luc DEREPAS
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne et à tous huissiers de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
N° 25BX00304.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026