vendredi 2 août 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-24NC00501 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B et M. A ont demandé au tribunal administratif de Nancy d'annuler les arrêtés du 11 octobre 2023 par lesquels la préfète de la Meurthe-et-Moselle les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement nos 2303291 et 2303292 du 19 décembre 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 1er mars 2024, MM. Kokoevi, représentés par Me Martin, demandent à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 19 décembre 2023 ;
2°) d'annuler les arrêtés du 11 octobre 2023 ;
3°) d'enjoindre à la préfète de Meurthe-et-Moselle de réexaminer leur situation administrative dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et dans l'attente, de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de huit jours ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
- les arrêtés contestés ont été signés par une autorité incompétente ;
- ils sont fondés sur des faits matériellement inexacts dès lors qu'ils mentionnent que leur sœur mineure a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
MM. Kokoevi ont été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par deux décisions du 1er février 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. MM. Kokoevi, ressortissants géorgiens, sont entrés sur le territoire français selon leurs déclarations le 21 mai 2022 avec leur mère et leur sœur, afin d'y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Leurs demandes d'asile ont été rejetées par des décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 14 février 2023 statuant en procédure accélérée sur le fondement du 1° de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, confirmées par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 20 juillet 2023. Par un arrêté du 11 octobre 2023, la préfète de Meurthe-et-Moselle les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits à l'expiration de ce délai. MM. Kokoevi font appel du jugement du 19 décembre 2023 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Nancy a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de cet arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
3. En premier lieu, MM. Kokoevi reprennent en appel sans apporter d'éléments nouveaux ni critiquer utilement les motifs de rejet qui leur ont été opposés en première instance, les moyens tirés de l'incompétence de l'auteur des arrêtés attaqués et de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'une erreur de fait et qu'elles méconnaissent l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par la magistrate désignée aux points 3, 4 et 7 de son jugement.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces des dossiers que, pour refuser de délivrer à la mère des requérants un titre de séjour en raison de l'état de santé de leur sœur, la préfète de Meurthe-et-Moselle, s'est fondée sur l'avis en date du 24 avril 2023 du collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration qui a estimé que l'état de santé de leur sœur nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut peut entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle est originaire, elle peut y bénéficier effectivement d'un traitement approprié et qu'elle peut voyager sans risque vers son pays d'origine. Les requérants, qui ne contestent pas la disponibilité du traitement dans leur pays d'origine, soutiennent que leur sœur ne pourra pas en bénéficier effectivement pour des raisons financières. A cet égard, ils se réfèrent aux pièces produites en première instance, à savoir le relevé de compte bancaire de leur mère ainsi que des extraits du site internet officiel de la pharmacie pour la Géorgie et précisent que les ressources de leur mère sont insuffisantes pour prendre en charge le coût des traitements ou d'une assurance maladie complémentaire et que leur cousine a été contrainte d'apporter son aide financière. Ces éléments sont toutefois insuffisants pour établir que leur mère ne bénéficie pas des ressources suffisantes ni que leur cousine, qui a pris en charge les frais d'assurance maladie de leur mère jusqu'à leur départ pour la France, ne pourrait pas continuer d'apporter cette aide matérielle et financière en cas de retour dans leur pays d'origine. Dans ces conditions, ils ne sont pas fondés à soutenir que la préfète de Meurthe-et-Moselle a entaché les arrêtés contestés d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leur situation.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel présentée par MM. Kokoevi est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter en toutes ses conclusions, selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de MM. Kokoevi est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B, à M. A et à Me Martin.
Copie en sera adressée pour information à la préfète de Meurthe-et-Moselle.
Fait à Nancy, le 2 août 2024.
La magistrate désignée,
Signé : J. Kohler
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
A. Bailly
N°24NC00501
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026