vendredi 18 octobre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-24NC01399 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. D B a demandé au tribunal administratif de Strasbourg, d'une part, d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024 par lequel le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d'office à l'expiration de ce délai et, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024 par lequel le préfet l'a assigné à résidence dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours.
Par des jugements n° 2401120 du 15 mai 2024 et n° 2404527 du 11 juillet 2024, le tribunal administratif de Strasbourg et la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg ont rejeté ses demandes.
Procédure devant la cour :
I - Par une requête enregistrée le 27 mai 2024, sous le n° 24NC01399, M. B, représenté par Me Bergmann, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 15 mai 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 18 janvier 2024.
Il soutient que :
- l'arrêté méconnaît l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
II - Par une requête enregistrée le 17 juillet 2024, sous le n° 24NC01892, M. B, représenté par Me Bergmann, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement du 11 juillet 2024 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 19 juin 2024.
Il soutient que :
- l'obligation de quitter le territoire français prononcée à son encontre n'est pas justifiée ;
- les modalités de contrôle de la mesure d'assignation à résidence sont excessives compte-tenu de sa situation professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d'appel de Nancy a désigné Mme Kohler, présidente-assesseure, pour signer les ordonnances visées à l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant marocain, est entré sur le territoire français, selon ses déclarations, le 1er février 2022. Le 21 septembre 2023, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour. Par un arrêté du 18 janvier 2024, le préfet du Haut-Rhin a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit à l'expiration de ce délai. Par un arrêté du 19 juin 2024, le préfet l'a assigné à résidence dans le département du Haut-Rhin pour une durée de quarante-cinq jours. Par deux requêtes qu'il y a lieu de joindre, M. B fait appel des jugements du 15 mai 2024 et du 11 juillet 2024 par lesquels le tribunal administratif de Strasbourg et la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Strasbourg ont rejeté ses demandes tendant à l'annulation de ces arrêtés.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les autres magistrats ayant le grade de président désigné à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
Sur l'arrêté du 18 janvier 2024 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié ", " travailleur temporaire " ou " vie privée et familiale ", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Lorsqu'elle envisage de refuser la demande d'admission exceptionnelle au séjour formée par un étranger qui justifie par tout moyen résider habituellement en France depuis plus de dix ans, l'autorité administrative est tenue de soumettre cette demande pour avis à la commission du titre de séjour prévue à l'article L. 432-14 ".
4. M. B soutient qu'il est hébergé en France par sa mère, titulaire d'un titre de séjour en qualité de conjointe de ressortissant français, qu'il est en terminale professionnelle " hôtellerie - restauration " et qu'il travaille en qualité de serveur dans une pizzeria. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu'il déclare être entré en France en février 2022, soit depuis moins de deux ans à la date de l'arrêté contesté et il ne démontre pas avoir en France, à l'exception de sa mère, des liens d'une ancienneté ou intensité particulières. En outre, il n'apporte aucun élément permettant d'établir qu'il ne pourrait poursuivre ses études dans son pays d'origine, où résident son père, son demi-frère, sa demi-sœur et ses grands-parents paternels. Enfin, la circonstance qu'il ait travaillé en qualité de serveur dans une pizzeria et la production d'un jugement du tribunal pour enfants de A en date de 6 juillet 2023 selon lequel il a pleinement respecté les obligations qui lui étaient imposées dans le cadre de la mise à l'épreuve éducative et prononçant une déclaration de réussite éducative ne suffisent pas à justifier d'une intégration particulière au sein de la société française. Dans ces conditions, les éléments invoqués par M. B ne constituent pas des motifs exceptionnels ou des considérations humanitaires permettant la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des dispositions précitées. Par suite, le moyen tiré de ce que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
6. M. B, qui n'est présent en France que depuis près de deux ans à la date de l'arrêté en litige, ne démontre pas, en invoquant les mêmes éléments que ceux mentionnés au point 4 de la présente ordonnance, avoir en France des liens d'une ancienneté ou intensité particulières. Dans ces conditions, malgré des efforts d'intégration professionnelle, l'arrêté en litige ne peut être regardé comme portant au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels il a été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. En troisième lieu, si M. B soutient que l'arrêté contesté méconnaît l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
Sur l'arrêté du 19 juin 2024 portant assignation à résidence :
8. En premier lieu, il résulte de ce qui précède que M. B n'est pas fondé à soutenir que l'assignation à résidence est fondée sur une décision illégale.
9. En deuxième lieu, M. B soutient que les obligations de pointage le mardi matin et de présence à son domicile du lundi au vendredi de 9 heures à 11 heures sont excessives et ne lui permettent pas d'exercer son emploi. S'il produit, à hauteur d'appel, des documents justifiant de son activité professionnelle, notamment un contrat à durée déterminée, des certificats de travail, des reçus pour solde tout compte et des bulletins de salaire, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il disposerait d'un document l'autorisant à travailler ni que les modalités de contrôle de son assignation à résidence seraient incompatibles avec ses horaires de travail. Dans ces conditions, M. B n'établit pas que ces modalités, qui restent limitées, sont disproportionnées par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel présentées par M. B sont manifestement dépourvues de fondement. Il y a lieu, dès lors, de les rejeter selon la procédure prévue par les dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de M. B sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. D B.
Copie en sera adressée pour information au préfet du Haut-Rhin.
Fait à Nancy, le 18 octobre 2024.
La magistrate désignée,
Signé : J. Kohler
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
M. C
Nos 24NC01399, 24NC0189
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026