vendredi 8 novembre 2024
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-24NC01777 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL CL AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieurs :
Monsieur C A a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'une part, de constater, en application des articles 1383 et suivants du code civil, l'aveu extrajudiciaire de M. D B, ancien adjoint à l'actuel maire de Sélestat, et de M. Denis Digel, conseiller municipal délégué à la forêt, et d'autre part, d'annuler l'arrêté du 23 septembre 2021 par lequel la préfète du Bas-Rhin a distrait du régime forestier la parcelle section 27 n°19 correspondant à l'implantation de la maison forestière de Danielsrain sur le territoire de la commune de Kintzheim d'une surface de 88 ares et 8 centiares et la délibération du 3 novembre 2022 par laquelle le conseil municipal de Sélestat a décidé de procéder à la vente de ladite maison.
Par un jugement n° 2207525 du 6 mai 2024, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 5 juillet 2024, Monsieur A, représenté par Me Antoine Loctin de la SELARL CL Avocats, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2207525 du 6 mai 2024 ;
2°) d'annuler la délibération du conseil municipal de Sélestat du 3 novembre 2022 décidant de la vente de l'ancienne maison forestière de Danielsrain ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Sélestat et de l'Etat la somme de 5 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est irrégulier car il ne comporte pas les signatures des magistrats et du greffier ;
- il a intérêt à agir en sa qualité de conseiller municipal de Kintzheim, de technicien supérieur de l'ONF et a un intérêt moral à contester la délibération en litige dès lors qu'il a développé un attachement sentimental à la maison de Danielsrain ;
- la décision administrative attaquée est illégale, pour les motifs développés en première instance.
Par un mémoire, enregistré le 9 octobre 2024, la commune de Sélestat, représentée par Me Gillig pour la SELARL Soler Couteaux et associés, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. A en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'ampliation du jugement n'a pas à être signée ;
- M. A ne justifie pas d'un intérêt lui donnant qualité pour demander l'annulation de la décision qu'il conteste ;
- les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. La commune de Sélestat est propriétaire de la maison forestière de Danielsrain, implantée sur la parcelle cadastrée section 27 n° 19 sur le territoire de la commune de Kintzheim, qui a été affectée à la gestion des forêts communales par une délibération du conseil municipal du 3 mars 1961. Elle avait été concédée à l'Office national des forêts pour y loger, à titre de logement de fonction, l'un de ses agents dans le cadre des missions d'exploitation et de gestion des forêts de la commune relevant du régime forestier. A la suite d'une redéfinition de différents postes de triage, l'Office national des forêts n'a plus souhaité disposer de cette maison forestière. Cette maison n'est plus occupée depuis le mois de septembre 2018. Par une délibération du 24 juin 2021, le conseil municipal de Sélestat a décidé de désaffecter la maison forestière de Danielsrain de la gestion des forêts communales et a demandé à la préfète du Bas-Rhin de distraire la parcelle correspondante du régime forestier. Par un arrêté du 23 septembre 2021, la préfète du Bas-Rhin a procédé à cette distraction. Par une délibération du 3 novembre 2022, le conseil municipal de la commune de Sélestat a décidé de vendre cette maison. M. A a demandé au tribunal d'annuler, entre autres, cette délibération. Il fait appel du jugement n° 2207525 du 6 mai 2024 en tant uniquement qu'il rejette cette demande.
2. Considérant qu'aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours, () peuvent, en outre, par ordonnance, (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
Sur la régularité du jugement :
3. En premier lieu, Aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs et les cours administratives d'appel, la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ". Il ressort des pièces du dossier que la minute du jugement est signée. Le moyen manque donc en fait et doit être écarté.
4. En deuxième lieu, d'une part la seule circonstance que dans l'hypothèse d'une mutation M. A aurait vocation à être logé dans la maison forestière est inexacte, l'ONF ayant renoncé à y loger ses agents et le logement a été désaffectée de la gestion des forêts communales par la commune de Sélestat par une délibération du 24 juin 2021. Par suite, sa qualité d'agent de l'ONF ne lui confère pas un intérêt lui donnant qualité pour agir contre la décision de vente de cette maison.
5. D'autre part, le seul attachement moral du requérant à la maison forestière qu'il a occupée en qualité d'agent de l'ONF n'est pas suffisant pour lui conférer un intérêt lui donnant qualité pour agir contre la délibération en litige.
6. Enfin, la maison cédée par la délibération en litige est la propriété de la commune de Sélestat. La seule circonstance qu'elle soit située sur le ban de la commune de Kintzheim ne confère pas à M. A, en sa qualité de conseiller municipal, un intérêt suffisamment direct et personnel pour lui donner qualité pour agir contre la délibération par laquelle le conseil municipal de la commune de Sélestat a décidé de vendre cette maison.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A, qui n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que les premiers juges ont rejeté sa demande au motif de son irrecevabilité, est manifestement dépourvue de fondement.
Sur les frais liés à l'instance :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que la commune de Sélestat, qui n'est pas la partie perdante et l'Etat, qui n'est pas partie au litige, versent à M. A la somme qu'il demande à ce titre. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire droit à la demande de la commune de Sélestat présentée sur ce même fondement.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Monsieur A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Sélestat présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A et à la commune de Sélestat.
Fait à Nancy, le 8 novembre 2024.
La présidente de la 4ème chambre,
Signé : V. Ghisu-Deparis
La République mande et ordonne à la préfète du Bas-Rhin en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
24NC01777
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026