vendredi 10 janvier 2025
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-24NC01875 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | COSSALTER, DE ZOLT & COURONNE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La SCI Schwaller a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d'annuler l'arrêté du 2 mai 2023 par lequel le maire de la commune de L'hôpital a refusé de lui délivrer un permis de construire pour l'édification de sept maisons d'habitation sur un terrain situé rue de Limoges dans cette commune.
Par un jugement n° 2306826 du 6 juin 2024, le tribunal administratif de Strasbourg a annulé cet arrêté.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 juillet 2024, la commune de L'hôpital, représentée par la SCP Vorms et Richard-Maupillier, demande à la cour, sur le fondement des articles R. 811-16 et R. 811-17 du code de justice administrative, d'ordonner qu'il soit sursis à l'exécution de ce jugement.
La commune de L'hôpital soutient que :
- l'exécution du jugement aurait des conséquences difficilement réparables ;
- il résulte des dispositions des articles R. 424-10, R. 423-48, L. 423-3 et R. 423-29 du code de l'urbanisme que l'arrêté attaqué ne constitue pas une décision de retrait d'un permis de construire tacite ;
- cet arrêté n'a ni méconnu l'article R. 111-27, ni le a de l'article R. 431-16, ni l'article R. 431-19 du même code ; le permis de construire obtenu l'aurait en tout état de cause été par fraude et pouvait dès lors être retiré sans condition de délai ;
- le terrain d'assiette est affectée d'un risque d'affaissement minier, il est en grande partie boisé et il offre des refuges de biodiversité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2024, la SCI Schwaller, représentée par la SELARL Cossalter, De Zolt et Couronne, avocats, demande à la cour de rejeter la requête et de mettre à la charge de la commune de L'hôpital une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Il ressort des pièces du dossier que, postérieurement à l'audience publique du 9 octobre 2024 au cours de laquelle a été appelée l'affaire et ont été entendus le rapport de l'auteur de la présente ordonnance et les observations de Me Damilot pour la SCI Schwaller, cette société a produit des pièces justifiant qu'il soit statué sur la requête par le juge prévu par les dispositions de l'article de l'article R. 222-1 du code de justice administrative aux termes desquelles : " () les présidents de formation de jugement des cours () peuvent, par ordonnance () rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel () ".
2. Aux termes de l'article R. 811-16 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel par une personne autre que le demandeur en première instance, la juridiction peut, à la demande de l'appelant, ordonner sous réserve des dispositions des articles R. 533-2 et R. 541-6 qu'il soit sursis à l'exécution du jugement déféré si cette exécution risque d'exposer l'appelant à la perte définitive d'une somme qui ne devrait pas rester à sa charge dans le cas où ses conclusions d'appel seraient accueillies. " Aux termes de l'article R. 811-17 de ce code : " Dans les autres cas, le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction. ".
3. D'une part, la commune de L'hôpital n'établit ni même n'allègue que l'exécution du jugement en litige risquerait de l'exposer à la perte définitive d'une somme d'argent. Les conclusions qu'elle présente au titre des dispositions citées ci-dessus de de l'article R. 811-16 du code de justice administrative ne peuvent dès lors qu'être rejetées.
4. D'autre part, il ressort des pièces du dossier et, notamment, d'une attestation, produite le 16 octobre 2024, établie par le directeur de la caisse de Crédit mutuel de Saint-Avold que le prêt accordé à la SCI Schwaller pour la construction des maisons autorisées par le permis de construire en litige ne pourra être utilisé avant que les procédures contentieuses dirigées contre ce permis soient achevées. Dans ces conditions, l'exécution du jugement attaqué n'est pas susceptible d'emporter des conséquences difficilement réparables avant qu'il soit statué sur la demande d'annulation de ce jugement. Il s'ensuit que les conclusions présentées par la commune au titre des dispositions citées plus haut de l'article R. 811-17 du code de justice administrative doivent être rejetées.
5. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre une somme à la charge de la commune de L'hôpital par application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de la commune de L'hôpital est rejetée.
Article 2 : Les conclusions présentées par la SCI Schwaller au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de L'hôpital et à la SCI Schwaller.
Fait à Nancy, le 10 janvier 2025.
Le président de la 3ème chambre
Signé : Ch. WURTZ
La République mande et ordonne au préfet de la Moselle en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier,
F. LORRAIN
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026