Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-26NC01524
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| Section | Cour Administrative d'Appel de Nancy |
| N° Dossier | CAA54-26NC01524 |
| Type | Ordonnance |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | HALIL |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... C... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler l’arrêté du 13 mars 2025 par lequel le préfet de la Moselle l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
Par un jugement n° 2503225 du 15 juin 2026, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2026, M. C..., représenté par Me Halil, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 15 juin 2026 ;
2°) d’annuler l’arrêté du 13 mars 2025 ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Moselle de procéder à l’effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 75-I et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions en litige sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas été précédée d’un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation dès lors que des circonstances humanitaires justifiait son droit au séjour en application de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- les décisions de refus de délai de départ volontaire et fixant le pays de destinations sont illégales en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de destination méconnait l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle n’a pas été précédée d’un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation au regard des articles L. 612-8 et L. 612‑10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
M. C... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle par une décision du 20 août 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C..., ressortissant géorgien, est entré sur le territoire français selon ses déclarations le 21 septembre 2024 afin d’y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d’asile a été rejetée par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 6 janvier 2025 statuant en procédure accélérée sur le fondement du 1° de l’article L. 531-24 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 13 mars 2025, le préfet de la Moselle l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an. M. C... fait appel du jugement du 15 juin 2026 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, M. C... reprend en appel sans apporter d’élément nouveau ni critiquer utilement les motifs du jugement, le moyen tiré de l’insuffisante motivation des décisions en litige. Il y a lieu de l’écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges au point 3 de leur jugement qui n’appellent aucune précision.
4. En deuxième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
5. M. C... se prévaut de l’état de santé de son père présent sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu’il n’était présent en France que depuis moins de six mois à la date de l’arrêté en litige et il ne démontre pas y avoir tissé des liens intenses et stables. À cet égard, il ne justifie pas plus en appel qu’en première instance de la présence de son père sur le territoire français, ni du cancer qui lui aurait été diagnostiqué. Dans ces conditions, les décisions en litige n’ont pas porté au droit de M. C... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. C... reprend en appel sans apporter d’élément nouveau ni critiquer utilement les motifs du jugement, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas été précédée d’un examen particulier de sa situation personnelle. Il y a lieu de l’écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges au point 7 de leur jugement qui n’appellent aucune précision.
7. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français (…) est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (…) ».
8. D’une part, il ressort des mentions de l’arrêté en litige qu’après avoir rappelé les conditions d’entrée et de séjour de M. C..., le préfet a examiné, au regard de l’ensemble des éléments portés à sa connaissance, la situation de l’intéressé et indiqué qu’il n’entrait dans aucun cas de délivrance d’un titre de séjour de plein droit. Si le requérant se prévaut de considérations humanitaires tenant à la présence en France de son père malade, il n’établit pas avoir porté une telle circonstance à la connaissance du préfet, et, ainsi qu’il a été dit précédemment, ne justifie pas de la réalité de ses allégations. D’autre part, en l’absence de considérations humanitaires justifiant de lui délivrer un titre de séjour, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation que le préfet aurait commise dans l’appréciation de sa situation doit être écarté.
9. En cinquième lieu, l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas établie, M. C... n’est pas fondé à demander l’annulation, par voie de conséquence, des décisions de refus de délai de départ volontaire et fixant le pays de destination.
10. En sixième lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Aux termes de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) Un étranger ne peut être éloigné à destination d’un pays s’il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu’il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ».
11. M. C... soutient qu’il serait exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d’origine. Toutefois, il n’apporte aucune précision quant à la nature des risques ainsi invoqués ni aucun élément de nature à en établir la réalité, alors qu’au demeurant l’OFPRA a rejeté la demande d’asile qu’il avait présentée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.
12. En septième lieu, l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas établie, M. C... n’est pas fondé à demander l’annulation, par voie de conséquence, de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
13. En huitième lieu, s’agissant de la décision portant interdiction de retour, cet arrêté vise notamment les articles L. 612‑8 et L. 612‑10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et mentionne les éléments dont il a été tenu compte pour fixer la durée de cette interdiction, relatifs à la durée de sa présence en France, à ses liens sur le territoire et à l’absence d’une précédente mesure d’éloignement ou de comportement représentant un risque de menace pour l’ordre public. Cette motivation révèle que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de M. C.... Le moyen tiré du défaut d’examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
14. En dernier lieu, aux termes de l’article L. 612-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./ Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ».
15. D’une part, la décision portant interdiction de retour en litige est fondée sur les dispositions de l’article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, M. C... ne peut utilement invoquer des circonstances humanitaires qui auraient fait obstacle à ce qu’une interdiction de retour soit prononcée à son encontre, cette réserve n’étant prévue que par les dispositions de l’article L. 612‑7 du même code lorsque l’intéressé dispose d’un délai de départ volontaire.
16. D’autre part, il ressort des pièces du dossier que M. C... n’était présent en France que depuis moins de six mois à la date de l’arrêté en litige et ils ne démontrent pas y avoir tissé des liens intenses et stables. Dans ces conditions, et quand bien même il n’a pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement et que sa présence ne représente pas une menace pour l’ordre public, le préfet de la Moselle n’a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à son encontre une interdiction de retour d’une durée d’un an.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. C... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre des frais de l’instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et à Me Halil.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Moselle.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
M. B...
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... C... a demandé au tribunal administratif de Strasbourg d’annuler l’arrêté du 13 mars 2025 par lequel le préfet de la Moselle l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an.
Par un jugement n° 2503225 du 15 juin 2026, le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 3 juillet 2026, M. C..., représenté par Me Halil, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement du 15 juin 2026 ;
2°) d’annuler l’arrêté du 13 mars 2025 ;
3°) d’enjoindre au préfet de la Moselle de procéder à l’effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d’information Schengen dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l’État la somme de 2 000 euros à verser à son conseil en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et des articles 75-I et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- les décisions en litige sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas été précédée d’un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation dès lors que des circonstances humanitaires justifiait son droit au séjour en application de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- les décisions de refus de délai de départ volontaire et fixant le pays de destinations sont illégales en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision fixant le pays de destination méconnait l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français est illégale en raison de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;
- elle n’a pas été précédée d’un examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d’erreur manifeste d’appréciation au regard des articles L. 612-8 et L. 612‑10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile.
M. C... a été admis au bénéfice de l’aide juridictionnelle par une décision du 20 août 2026.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C..., ressortissant géorgien, est entré sur le territoire français selon ses déclarations le 21 septembre 2024 afin d’y solliciter la reconnaissance du statut de réfugié. Sa demande d’asile a été rejetée par une décision de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) du 6 janvier 2025 statuant en procédure accélérée sur le fondement du 1° de l’article L. 531-24 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par un arrêté du 13 mars 2025, le préfet de la Moselle l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit d’office à l’expiration de ce délai et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d’une durée d’un an. M. C... fait appel du jugement du 15 juin 2026 par lequel le tribunal administratif de Strasbourg a rejeté sa demande tendant à l’annulation de cet arrêté.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».
3. En premier lieu, M. C... reprend en appel sans apporter d’élément nouveau ni critiquer utilement les motifs du jugement, le moyen tiré de l’insuffisante motivation des décisions en litige. Il y a lieu de l’écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges au point 3 de leur jugement qui n’appellent aucune précision.
4. En deuxième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ».
5. M. C... se prévaut de l’état de santé de son père présent sur le territoire français. Il ressort toutefois des pièces du dossier qu’il n’était présent en France que depuis moins de six mois à la date de l’arrêté en litige et il ne démontre pas y avoir tissé des liens intenses et stables. À cet égard, il ne justifie pas plus en appel qu’en première instance de la présence de son père sur le territoire français, ni du cancer qui lui aurait été diagnostiqué. Dans ces conditions, les décisions en litige n’ont pas porté au droit de M. C... au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels elles ont été prises. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
6. En troisième lieu, M. C... reprend en appel sans apporter d’élément nouveau ni critiquer utilement les motifs du jugement, le moyen tiré de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français n’a pas été précédée d’un examen particulier de sa situation personnelle. Il y a lieu de l’écarter par adoption des motifs retenus par les premiers juges au point 7 de leur jugement qui n’appellent aucune précision.
7. En quatrième lieu, aux termes de l’article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « La décision portant obligation de quitter le territoire français (…) est édictée après vérification du droit au séjour, en tenant notamment compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France et des considérations humanitaires pouvant justifier un tel droit. (…) ».
8. D’une part, il ressort des mentions de l’arrêté en litige qu’après avoir rappelé les conditions d’entrée et de séjour de M. C..., le préfet a examiné, au regard de l’ensemble des éléments portés à sa connaissance, la situation de l’intéressé et indiqué qu’il n’entrait dans aucun cas de délivrance d’un titre de séjour de plein droit. Si le requérant se prévaut de considérations humanitaires tenant à la présence en France de son père malade, il n’établit pas avoir porté une telle circonstance à la connaissance du préfet, et, ainsi qu’il a été dit précédemment, ne justifie pas de la réalité de ses allégations. D’autre part, en l’absence de considérations humanitaires justifiant de lui délivrer un titre de séjour, le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation que le préfet aurait commise dans l’appréciation de sa situation doit être écarté.
9. En cinquième lieu, l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas établie, M. C... n’est pas fondé à demander l’annulation, par voie de conséquence, des décisions de refus de délai de départ volontaire et fixant le pays de destination.
10. En sixième lieu, aux termes de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales : « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Aux termes de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) Un étranger ne peut être éloigné à destination d’un pays s’il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu’il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l’article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ».
11. M. C... soutient qu’il serait exposé à des risques de traitements inhumains et dégradants en cas de retour dans son pays d’origine. Toutefois, il n’apporte aucune précision quant à la nature des risques ainsi invoqués ni aucun élément de nature à en établir la réalité, alors qu’au demeurant l’OFPRA a rejeté la demande d’asile qu’il avait présentée. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et de l’article L. 721-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile doit être écarté.
12. En septième lieu, l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas établie, M. C... n’est pas fondé à demander l’annulation, par voie de conséquence, de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français.
13. En huitième lieu, s’agissant de la décision portant interdiction de retour, cet arrêté vise notamment les articles L. 612‑8 et L. 612‑10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et mentionne les éléments dont il a été tenu compte pour fixer la durée de cette interdiction, relatifs à la durée de sa présence en France, à ses liens sur le territoire et à l’absence d’une précédente mesure d’éloignement ou de comportement représentant un risque de menace pour l’ordre public. Cette motivation révèle que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation de M. C.... Le moyen tiré du défaut d’examen particulier de la situation personnelle du requérant doit être écarté.
14. En dernier lieu, aux termes de l’article L. 612-8 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français./ Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ». Aux termes de l’article L. 612-10 du même code : « Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français ».
15. D’une part, la décision portant interdiction de retour en litige est fondée sur les dispositions de l’article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Ainsi, M. C... ne peut utilement invoquer des circonstances humanitaires qui auraient fait obstacle à ce qu’une interdiction de retour soit prononcée à son encontre, cette réserve n’étant prévue que par les dispositions de l’article L. 612‑7 du même code lorsque l’intéressé dispose d’un délai de départ volontaire.
16. D’autre part, il ressort des pièces du dossier que M. C... n’était présent en France que depuis moins de six mois à la date de l’arrêté en litige et ils ne démontrent pas y avoir tissé des liens intenses et stables. Dans ces conditions, et quand bien même il n’a pas fait l’objet d’une précédente mesure d’éloignement et que sa présence ne représente pas une menace pour l’ordre public, le préfet de la Moselle n’a pas fait une inexacte application des dispositions précitées en prononçant à son encontre une interdiction de retour d’une durée d’un an.
17. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. C... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d’injonction et celles présentées au titre des frais de l’instance.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A... C... et à Me Halil.
Copie en sera adressée pour information au préfet de la Moselle.
Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.
Le magistrat désigné,
Signé : S. Barteaux
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
M. B...
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