Cour Administrative d'Appel de Nancy — Décision N° CAA54-26NC01855

jeudi 1 octobre 2026

JuridictionCour Administrative d'Appel de Nancy
SectionCour Administrative d'Appel de Nancy
N° DossierCAA54-26NC01855
TypeOrdonnance
FormationJuge des référés
Avocat requérantHAGEGE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. D... B... et Mme A... C..., épouse B..., ont demandé au tribunal administratif de Châlons-en-Champagne d’annuler les arrêtés du 4 novembre 2025 par lesquels le préfet de la Marne a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d’office à l’expiration de ce délai.

Par un jugement nos 2504046, 2504047 du 10 juillet 2026, le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté leur demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 9 août 2026, M. et Mme B..., représentés par Me Hagege, demandent à la cour :

1°) d’annuler ce jugement du 10 juillet 2026 ;

2°) d’annuler les arrêtés du 4 novembre 2025 ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Marne de leur délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale », ou de délivrer à M. B... une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », dans un délai d’un mois à compter de la décision à intervenir et, dans l’attente, de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour les autorisant à travailler ou, à titre subsidiaire, de réexaminer leur situation administrative et, dans l’attente, de leur délivrer une autorisation provisoire de séjour les autorisant à travailler, dans un délai respectivement d’un mois et de sept jours suivant la notification de la décision à intervenir et d’assortir ces injonctions d’une astreinte de 50 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 3 000 euros à verser en application de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :
- les décisions de refus de titre de séjour sont insuffisamment motivées, ce qui révèle un défaut d’examen particulier de leur situation ;
- elles n’ont pas été précédées d’une procédure contradictoire en méconnaissance de l’article L. 122-1 du code des relations entre le public et l’administration ;
- elles méconnaissent l’article L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elles méconnaissent les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation ;
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination doivent être annulées en raison de l’illégalité des décisions de refus de titre de séjour ;
- les décisions portant obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées, ce qui révèle un défaut d’examen particulier de leur situation ;
- elles sont entachées d’erreur de droit au regard du 3° l’article L. 611-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, dès lors que le préfet s’est estimé à tort en situation de compétence liée ;
- elles méconnaissent l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et sont entachées d’erreur manifeste d’appréciation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.

La présidente de la cour administrative d’appel de Nancy a désigné M. Barteaux, président‑assesseur, pour signer les ordonnances visées à l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. et Mme B..., ressortissants tunisiens, sont entrés sur le territoire français, selon leurs déclarations, respectivement et en dernier lieu pour M. B... en juillet 2023 et en septembre 2019. Le 18 octobre 2023, Mme B... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’article L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Le 12 mai 2025, M. B... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour sur le fondement de l’article 3 de l’accord franco-tunisien et des articles L. 423-23, L. 435-1 et L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Par deux arrêtés du 4 novembre 2025, le préfet de la Marne a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d’office à l’expiration de ce délai. M. et Mme B... font appel du jugement du 10 juillet 2026 par lequel le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne a rejeté leur demande tendant à l’annulation de ces arrêtés.

2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours ou, lorsqu’un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».

3. En premier lieu, aux termes de l’article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration : « Exception faite des cas où il est statué sur une demande, les décisions individuelles qui doivent être motivées en application de l’article L. 211-2, ainsi que les décisions qui, bien que non mentionnées à cet article, sont prises en considération de la personne, sont soumises au respect d’une procédure contradictoire préalable ». Aux termes du premier alinéa de l’article L. 122-1 du même code : « Les décisions mentionnées à l’article L. 211-2 n’interviennent qu’après que la personne intéressée a été mise à même de présenter des observations écrites et, le cas échéant, sur sa demande, des observations orales. Cette personne peut se faire assister par un conseil ou représenter par un mandataire de son choix ».

4. Il ressort des pièces du dossier que les décisions de refus de titre de séjour ont été prises en réponse à des demandes d’admission au séjour présentées par les requérants auprès des services de la préfecture de la Marne. Contrairement à ce qu’ils soutiennent, préalablement à l’édiction de ces décisions, le préfet n’était pas tenu de les convoquer à un entretien en vue de leur permettre de présenter leurs observations. Par suite, il résulte de ce qui précède que M. et Mme B... ne peuvent utilement se prévaloir des dispositions précitées du code des relations entre le public et l'administration.

5. En deuxième lieu, il ressort des mentions des arrêtés en litige que le préfet de la Marne, après avoir rappelé le parcours administratif antérieur de M. et Mme B..., a relevé qu’en tant que ressortissant tunisien, M. B... ne pouvait se prévaloir des dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour demander un titre de séjour en qualité de salarié, puis a examiné sa demande d’admission au séjour sur le fondement de l’article 3 de l’accord franco-tunisien et au regard de son pouvoir discrétionnaire, puis leur demande au regard de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile en tenant compte tant de leur situation professionnelle que personnelle et familiale. Par ailleurs, dès lors qu’elles ont été prises concomitamment aux décisions de refus de titre de séjour qui sont ainsi suffisamment motivées, les décisions par lesquelles le préfet a obligé M. et Mme B... à quitter le territoire français, prises sur le fondement du 3° de l’article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, n’avaient pas à faire l’objet d’une motivation distincte. Dans ces conditions, et alors que le préfet n’est pas tenu de mentionner tous les éléments relatifs à la situation de l’étranger, les arrêtés en litige comportent l’ensemble des considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement et sont ainsi suffisamment motivées. Cette motivation révèle également que le préfet de la Marne a procédé à un examen particulier et approfondi de la situation de Mme et M. B.... Par suite, les moyens tirés de l’insuffisance de motivation des décisions de refus de titre de séjour et portant obligation de quitter le territoire français et du défaut d’examen de ces mêmes décisions doivent être écartés.

6. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes des décisions en litige ni des autres pièces du dossier que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée pour obliger les requérants à quitter le territoire français, ni qu’il aurait omis de procéder à un examen particulier de leur situation avant de prendre une mesure d’éloignement à leur encontre. Par suite, le moyen tiré de de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français serait entachée d’erreur de droit doit être écarté.

7. En quatrième lieu, aux termes de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : « 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d’une autorité publique dans l’exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu’elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l’ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d’autrui ». Aux termes de l’article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423‑7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine ».

8. Mme et M. B... se prévalent de la durée de leur séjour en France, de la présence régulière de leur fils âgé de 25 ans et de leur fille, âgée de 18 ans, scolarisée au lycée, et de leur insertion dans la société française par le travail et le bénévolat. Il ressort toutefois des pièces du dossier que M. B... était revenu en France, après l’exécution d’une mesure d’éloignement, depuis moins de trois ans et que Mme B... justifiait seulement de six ans de présence, à la date des arrêtés en litige. Ils ne démontrent pas y avoir noué des liens d’une ancienneté ou intensité particulière, les attestations, peu circonstanciées, produites en première instance, pour l’essentiel de membres de l’association dans laquelle s’investit Mme B... étant insuffisantes à cet égard. Si les intéressés se prévalent de la présence régulière de leur fils majeur, titulaire d’une carte de séjour temporaire valable du 14 janvier 2026 au 13 janvier 2027, celle-ci lui a été délivrée postérieurement aux arrêtés contestés. S’agissant de leur fille, s’ils font valoir qu’elle est inscrite en classe de terminale pour l’année scolaire 2025-2026 et souhaite désormais poursuivre ses études supérieures en France, elle ne bénéficiait pas davantage d’un titre de séjour à la date des arrêtés en litige et ils n’établissent pas qu’elle ne pourrait poursuivre des études supérieures dans leur pays d’origine. Enfin, les circonstances que Mme B... justifie d’activités bénévoles au sein de l’association « le Secours Catholique » de Montmirail depuis septembre 2021 et d’une promesse d’embauche pour un poste de responsable de cuisine établie postérieurement aux arrêtés attaqués, et que M. B... justifie travailler en qualité de couvreur depuis août 2024, ne suffisent pas à établir qu’ils auraient fixé en France le centre de leurs intérêts personnels, alors au demeurant qu’ils ne démontrent pas être dépourvus d’attaches familiales dans leur pays d’origine où ils ont vécu respectivement jusqu’à l’âge de quarante-deux et cinquante-quatre ans. Dans ces conditions, les arrêtés en litige ne peuvent être regardés comme portant au droit au respect de la vie privée et familiale de M. et Mme B... une atteinte disproportionnée par rapport aux buts en vue desquels ils ont été pris. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l’article L. 423‑23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales doivent être écartés. Pour les mêmes motifs, le moyen tiré de ce que les décisions de refus de titre de séjour en litige sont entachées d’erreur manifeste dans l’appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle des requérants doit être écarté.

9. En cinquième lieu, aux termes de l’article 3 de l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988 en matière de séjour et de travail : « Les ressortissants tunisiens désireux d’exercer une activité professionnelle salariée en France, pour une durée d’un an au minimum, et qui ne relèvent pas des dispositions de l’article 1er du présent accord, reçoivent, après contrôle médical et sur présentation d’un contrat de travail visé par les autorités compétentes, un titre de séjour valable un an et renouvelable et portant la mention "salarié" (…) ». Aux termes de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « L’étranger dont l’admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu’il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l’article L. 412-1 (…) ». Aux termes de l’article L. 435-4 du même code : « A titre exceptionnel, et sans que les conditions définies au présent article soient opposables à l'autorité administrative, l'étranger qui a exercé une activité professionnelle salariée figurant dans la liste des métiers et zones géographiques caractérisés par des difficultés de recrutement définie à l'article L. 414-13 durant au moins douze mois, consécutifs ou non, au cours des vingt-quatre derniers mois, qui occupe un emploi relevant de ces métiers et zones et qui justifie d'une période de résidence ininterrompue d'au moins trois années en France peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention “ travailleur temporaire ” ou “ salarié ” d'une durée d'un an. / Les périodes de séjour et l'activité professionnelle salariée exercée sous couvert des documents de séjour mentionnés aux articles L. 421-34, L. 422-1 et L. 521-7 ne sont pas prises en compte pour l'obtention d'une carte de séjour temporaire portant la mention “travailleur temporaire” ou “salarié” mentionnée au premier alinéa du présent article. / Dans l'exercice de sa faculté d'appréciation, l'autorité compétente prend en compte, outre la réalité et la nature des activités professionnelles de l'étranger, son insertion sociale et familiale, son respect de l'ordre public, son intégration à la société française et son adhésion aux modes de vie et aux valeurs de celle-ci ainsi qu'aux principes de la République mentionnés à l'article L. 412-7. / L'étranger ne peut se voir délivrer la carte de séjour temporaire sur le fondement du premier alinéa du présent article s'il a fait l'objet d'une condamnation, d'une incapacité ou d'une déchéance mentionnée au bulletin n° 2 du casier judiciaire. / Par dérogation à l'article L. 421-1, lorsque la réalité de l'activité de l'étranger a été vérifiée conformément au troisième alinéa de l'article L. 5221-5 du code du travail, la délivrance de cette carte entraîne celle de l'autorisation de travail mentionnée à l'article L. 5221-2 du même code, matérialisée par un document sécurisé. / La condition prévue à l'article L. 412-1 du présent code n'est pas opposable ».

10. Les articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile n’instituent pas une catégorie de titres de séjour distincte, mais sont relatifs aux conditions dans lesquelles les étrangers peuvent être admis à séjourner en France, soit au titre de la vie privée et familiale, soit au titre d’une activité salariée. Dès lors que l’article 3 de l’accord franco-tunisien prévoit la délivrance de titres de séjour au titre d’une activité salariée, un ressortissant tunisien souhaitant obtenir un titre de séjour au titre d’une telle activité ne peut utilement invoquer les dispositions des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile à l’appui d’une demande d’admission au séjour sur le territoire national, s’agissant d’un point déjà traité par l’accord franco-tunisien du 17 mars 1988, au sens de l’article 11 de cet accord. Toutefois, il appartient au préfet, dans l’exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d’apprécier, compte tenu de l’ensemble des éléments de la situation personnelle de l’intéressé, l’opportunité d’une mesure de régularisation.

11. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que M. et Mme B... ne peuvent utilement soutenir que les arrêtés en litige auraient été pris en méconnaissance des articles L. 435-1 et L. 435-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

12. En sixième lieu, il ressort des motifs de l’arrêté pris à l’encontre de M. B... que la demande de l’intéressé a été examinée par le préfet au titre du pouvoir discrétionnaire dont il dispose et que celui-ci a estimé qu’il ne justifiait pas d’un motif exceptionnel permettant son admission au séjour. Si M. B... justifie, par les bulletins de salaire qu’il produit en première instance, avoir exercé des missions d’intérim en qualité de manœuvre entre le 1er septembre 2023 et le 14 juin 2024, et occuper un poste de couvreur, métier en tension, depuis le 26 août 2024 au sein de la même entreprise, il est ressort des pièces du dossier qu’il réside en France depuis moins de trois ans à la date de la décision en litige. En outre, il est constant que son épouse et sa fille séjournent également en situation irrégulière, et que son fils s’est vu délivrer une carte de séjour temporaire postérieurement à la date de la décision en litige. Dans ces conditions, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. B..., le préfet de la Marne n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation dans l’usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation.

13. En septième lieu, dès lors qu’il résulte de ce qui précède que l’illégalité des décisions de refus de titre de séjour n’est pas établie, les requérants ne sont pas fondés à demander, par voie de conséquence, l’annulation des décisions leur faisant obligation de quitter le territoire français.

14. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 8 de la présente ordonnance, les moyens tirés de ce que les décisions portant obligation de quitter le territoire français méconnaissent l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales et sont entachées d’erreur manifeste dans l’appréciation de leurs conséquences sur la situation personnelle des requérants doivent être écartés.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. et Mme B... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, dès lors, de la rejeter, en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris leurs conclusions à fin d’injonction sous astreinte, et celles présentées au titre des frais de l’instance.




ORDONNE :


Article 1er : La requête de Mme et M. B... est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A... C... épouse B... et à M. D... B....

Copie en sera adressée pour information au préfet de la Marne.


Fait à Nancy, le 1er octobre 2026.


Le magistrat désigné,




Signé : S. Barteaux



La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.


Pour expédition conforme
La greffière,


A. Bailly