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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-24DA00044

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-24DA00044

jeudi 1 août 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-24DA00044
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantVERGNOLE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B C a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 21 août 2023 par lequel le préfet du Nord a refusé de lui délivrer une carte de résident, a refusé de renouveler l'attestation de demandeur d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de destination, et a assorti sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an, d'enjoindre au préfet du Nord de procéder à un nouvel examen de sa situation, et dans l'attente de cet examen, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, enfin, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du Code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Par un jugement n° 2308318 du 19 octobre 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 9 janvier 2024, et un mémoire reçu le 24 janvier 2024 non communiqué, Mme C, représentée par Me Vergnole, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet du Nord de réexaminer sa situation, et de lui délivrer dans cette attente une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Elle soutient que :

Sur l'obligation de quitter le territoire :

- cette décision est entachée d'une insuffisance de motivation ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

- cette décision est entachée d'un défaut de motivation ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de sa situation ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.

Sur l'interdiction de retour sur le territoire français :

- cette décision est insuffisamment motivée en raison d'une motivation stéréotypée ;

- elle est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation.

Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 14 décembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours peuvent (), par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme C, ressortissante camerounaise née le 24 avril 1987, déclare être entrée irrégulièrement sur le territoire français le 14 janvier 2022. Elle a été admise à séjourner provisoirement en France le 8 mars 2022 en vue d'une demande d'asile auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), laquelle a été rejetée par décision du 15 décembre 2022. Le recours formé contre la décision de rejet de l'OFPRA a été confirmé par une décision de la Cour nationale du droit d'asile le 6 juin 2023. Par un arrêté du 21 août 2023, le préfet du Nord a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, a fixé le pays de renvoi et a assorti sa décision d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Mme C relève appel du jugement du 19 octobre 2023, par lequel le tribunal administratif de Lille a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

Sur le moyen commun à l'ensemble de l'arrêté :

3. Mme C réitère devant la cour, le moyen déjà soulevé devant les premiers juges, tiré de la méconnaissance de l'exigence de motivation résultant des dispositions des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Plus précisément, elle reproche à l'arrêté contesté de ne pas faire mention de sa situation de santé, de la nécessité de sa prise en charge, ainsi que de l'absence de traitement dans son pays d'origine. Toutefois, s'il ressort des pièces du dossier, notamment de l'attestation émise par le Docteur A, en date du 8 août 2022, que Mme C est suivie pour une symptomatologie psycho-traumatique depuis mai 2022, l'intéressée a déclaré par écrit à plusieurs reprises, soit les 1er février 2022 et 8 mars 2023, n'avoir pas de problème de santé. En outre, tel que l'ont relevé les premiers juges au point 11 du jugement, il ressort des pièces du dossier, et sans que cela ne soit contesté par l'intéressée, que le préfet du Nord, à la date d'édiction de son arrêté, n'était pas informé des problèmes de santé dont fait état Mme C. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté contesté est insuffisamment motivé. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur l'obligation de quitter le territoire :

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

4. Aux termes de l'article aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat. / () ". Il résulte de ces dispositions, que lorsqu'un étranger justifie, à l'appui de sa demande de titre de séjour, d'éléments suffisamment précis sur la nature et la gravité des troubles dont il souffre, le préfet est tenu, préalablement à sa décision, de recueillir l'avis prévu par ces mêmes dispositions.

5. Il ressort des pièces du dossier que Mme C n'a pas demandé de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par conséquent, un tel moyen est inopérant dès lors que le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office si l'intéressée pouvait être admise au séjour en application de ces dispositions. Le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :

6. Aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié ".

7. En premier lieu, si Mme C indique précisément la pathologie dont elle souffre et le traitement médicamenteux qu'elle suit et allègue de l'indisponibilité de ce traitement au Cameroun, la " liste nationale de médicaments et autres produits pharmaceutiques essentiels des hôpitaux régionaux " à laquelle elle renvoie est relative aux médicaments essentiels disponibles dans les hôpitaux et non ceux disponibles dans les pharmacies présentes sur l'ensemble du territoire camerounais. Cette liste, qui n'est pas exhaustive, n'est donc de nature à établir ni l'indisponibilité du traitement de Mme C, ni que d'autres produits équivalents appartenant aux mêmes classes thérapeutiques, accessibles dans son pays d'origine, ne seraient pas substituables au traitement suivi en France. En outre, si la requérante fait état de faiblesses dans la prise en charge des troubles mentaux, elle n'établit pas pour autant que le système de santé et l'offre de soins du Cameroun ne permettraient pas d'assurer une prise en charge satisfaisante de la pathologie dont elle souffre.

8. En second lieu, Mme C soutient que l'affection dont elle souffre trouve son origine au Cameroun, et produit dans ce sens des attestations médicales. Toutefois, outre la circonstance que le récit de Mme C sur les menaces et violences subies au Cameroun n'a pas convaincu les juges de la Cour nationale du droit d'asile, les attestations au demeurant peu circonstanciées et fondées sur les seules déclarations de l'intéressée, ne sont pas à elles seules de nature à justifier la réalité des risques encourus en cas de retour au Cameroun. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

En ce qui concerne la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales :

9. Aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".

10. Mme C se prévaut de la présence de sa famille sur le territoire français, notamment ses cinq enfants tous mineurs, ainsi qu'un frère et une sœur. Elle déclare également ne plus avoir de contact avec les membres de sa famille restés au Cameroun. Cependant, si trois des enfants de Mme C sont scolarisés en France, elle ne démontre pas l'existence d'obstacle à ce que ses enfants poursuivent leur scolarité au Cameroun. Par ailleurs, la requérante qui, à la date de l'arrêté, était présente sur le territoire français depuis moins de deux ans, n'établit pas l'intensité des liens qui l'uniraient à ses frère et sœur, et ne prouve pas non plus qu'elle serait isolée au Cameroun où résident ses deux autres enfants mineurs et ses parents. Au surplus, Mme C ne fait état d'aucune insertion professionnelle. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir que la décision l'obligeant à quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que le préfet du Nord aurait fait une appréciation manifestement erronée des conséquences de sa décision sur la situation personnelle de l'intéressée. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

En ce qui concerne la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant :

11. Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".

12. Mme C fait valoir la scolarisation de ses enfants et les efforts d'intégration par eux fournis. Toutefois, il résulte de ce qui a été dit au point 10 que le préfet du Nord n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Par suite, le moyen doit être écarté.

En ce qui concerne le défaut d'examen réel et sérieux de sa situation :

13. Il résulte à la fois des termes de l'arrêté et de ce qui a été dit aux points 3, 5, 7, 8, 10 et 12 que le préfet du Nord a procédé à un examen approfondi de la situation de Mme C avant de prendre sa décision. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen réel et sérieux de sa situation doit être écarté.

Sur la décision fixant le pays de renvoi :

14. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité doit, par suite, être écarté.

15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ". Aux termes de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " (). Un étranger ne peut être éloigné à destination d'un pays s'il établit que sa vie ou sa liberté y sont menacées ou qu'il y est exposé à des traitements contraires aux stipulations de l'article 3 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales du 4 novembre 1950 ".

16. Mme C fait valoir qu'il existe pour elle un risque d'être exposée à des traitements dégradants dans la mesure où l'affection dont elle souffre trouve son origine au Cameroun, et que ce pays n'est pas en mesure de lui assurer les soins et traitements dont elle a besoin. Il ressort cependant des points 7 et 8 que, le préfet du Nord, en prenant la décision fixant le pays de renvoi, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Par suite, le moyen ne peut être qu'écarté.

17. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 12 que le préfet du Nord, en fixant le pays de renvoi, n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Le moyen doit être écarté.

18. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 10 que le préfet du Nord, en fixant le pays de renvoi, n'a ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation de Mme C. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

19. En cinquième et dernier lieu, compte tenu de ce qui a été dit au point 13, le préfet du Nord n'a pas entaché la décision contestée d'un défaut d'examen sérieux et particulier de la situation de l'intéressée. Par suite, le moyen doit être écarté.

Sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :

20. En premier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire n'étant pas illégale, le moyen tiré de l'exception d'illégalité de la décision d'interdiction de retour sur le territoire français, doit, par suite, être écarté.

21. En second lieu, aux termes l'article L. 612-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable à l'espèce : " Lorsque l'étranger n'est pas dans une situation mentionnée aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative peut assortir la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder deux ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 de ce code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. / Il en est de même pour l'édiction et la durée de l'interdiction de retour mentionnée à l'article L. 612-8 () ".

22. Pour interdire à Mme C de revenir sur le territoire français pour une durée d'un an, le préfet du Nord, après avoir visé les articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, a bien pris en compte les conditions de l'entrée et du séjour de l'intéressée en France, notamment en mentionnant son entrée récente en France, la circonstance qu'elle ne justifie d'aucune autre attache d'une particulière intensité sur le territoire français en dehors de ses enfants mineurs, qu'elle ne justifie pas être isolée dans son pays d'origine, qu'elle n'a pas fait l'objet de précédentes mesures d'éloignement et qu'elle ne présente pas de menace pour l'ordre public. Le préfet, qui a suffisamment motivé en fait comme en droit sa décision, n'a pas méconnu les articles visés ni davantage commis une erreur dans l'appréciation de la situation de Mme C. Par suite, les moyens soulevés contre la décision d'interdiction de retour sur le territoire français doivent être rejetés.

23. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme. C est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu, par suite, de la rejeter en toutes ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C, à Me Vergnole et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera transmise, pour information, au préfet du Nord.

Fait à Douai, le 1er août 2024.

La présidente de la 3ème chambre,

Signé : M.-P. Viard

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Par délégation,

La greffière,

C. Huls-Carlier

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