lundi 5 août 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA00309 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Rouen, d'une part, d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Eure l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an, d'autre part, d'enjoindre au préfet de l'Eure de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement.
Par un jugement n° 2304480 du 17 janvier 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 16 février 2024, M. A, représenté par Me Matrand, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) à titre principal, de constater l'inexistence de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an et d'annuler pour excès de pouvoir les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixant son pays de destination ;
3°) à titre subsidiaire, d'annuler la décision portant interdiction de retour ;
4°) d'enjoindre au préfet de l'Eure d'examiner sa demande d'admission au séjour dans un délai d'un mois à compter de l'arrêt à intervenir ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
Sur la régularité du jugement :
- le jugement est entaché d'une insuffisance de motivation en méconnaissance des dispositions des articles L. 9 et R. 741-2 du code de justice administrative dès lors notamment qu'il ne contient pas l'analyse du moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article 78-7 du code de procédure pénale ;
- le tribunal, en estimant que le préfet avait pris une décision portant interdiction de retour sur le territoire français alors même que cette décision n'est pas mentionnée dans le dispositif de l'arrêté, s'est prononcé au-delà de ce qui lui était demandé ; l'appréciation ainsi retenue ressort d'une dénaturation de la portée de l'arrêté contesté ;
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contenues dans l'arrêté du 10 novembre 2023 :
- l'arrêté en litige a été pris à la suite d'un contrôle irrégulier, en méconnaissance des dispositions de l'article 78-7 du code de procédure pénale, et est par voie de conséquence entaché d'illégalité ;
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire :
- cette décision est entachée d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision refusant d'accorder un délai de départ volontaire :
- le refus de délai de départ volontaire méconnaît les articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il n'est pas dépourvu de garanties de représentation ;
- cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;
En qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français :
- cette décision est illégale en ce qu'elle n'a pas été reprise dans le dispositif de l'arrêté contesté ;
- elle est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les premiers vice-présidents des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
2. M. B A, né le 3 juin 1984 à Dondou (Sénégal), de nationalité sénégalaise, déclare être entré régulièrement sur le territoire français le 3 mai 2018, muni d'un visa de court séjour, pour y solliciter l'asile. A la suite d'un contrôle d'identité au cours duquel il a été constaté que l'intéressé était en situation irrégulière au regard du droit au séjour, le préfet de l'Eure, par un arrêté du 10 novembre 2023, l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A relève appel du jugement du 17 janvier 2024 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. Contrairement à ce que soutient M. A, il ressort des termes du jugement attaqué que le tribunal, qui n'est pas tenu de répondre à tous les arguments soulevés devant lui, s'est prononcé sur tous les moyens présentés dans la requête. Il a notamment répondu au point 6 du jugement au moyen tiré de ce que le contrôle d'identité dont il a fait l'objet aurait été réalisé dans des conditions contraires aux dispositions de l'article 78-7 du code de procédure pénale. Si M. A conteste le raisonnement développé par les premiers juges sur ce point, une telle contestation, qui relève du bien-fondé du jugement, est sans incidence sur sa régularité. Par suite, et alors que le moyen en cause était en tout état de cause inopérant, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement attaqué doit être écarté.
4. En invoquant la circonstance que le premier juge aurait statué ultra petita en considérant que le préfet avait pris à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français non mentionnée dans le dispositif de l'arrêté, l'appelant doit être regardé comme soulevant le moyen tiré de la dénaturation des pièces du dossier par le tribunal. Or, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative attaquée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. M. A, qui a d'ailleurs soulevé en première instance un moyen tiré de l'illégalité de cette décision auquel le premier juge a répondu aux points 10 et 11 de son jugement, ne peut donc utilement soutenir, pour contester la régularité du jugement entrepris, que le premier juge aurait entaché sa décision d'une dénaturation des pièces du dossier en mentionnant l'existence d'une telle décision.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
En ce qui concerne le moyen commun aux décisions contenues dans l'arrêté du 10 novembre 2023 :
5. Il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur la régularité des conditions du contrôle d'identité et de la vérification du droit au séjour qui ont, le cas échéant, précédé l'édiction d'une obligation de quitter le territoire français à l'encontre d'un étranger en situation irrégulière. Il en résulte que les conditions de l'interpellation, du contrôle et de l'audition de M. A sont sans influence sur la légalité de l'arrêté du 10 novembre 2023 ainsi que l'a indiqué à bon droit la magistrate désignée du tribunal administratif de Rouen. Dans ces conditions, le moyen tiré des conditions irrégulières du contrôle d'identité dont le requérant a fait l'objet ne peut qu'être écarté comme inopérant.
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
6. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : 1° L'étranger, ne pouvant justifier être entré régulièrement sur le territoire français, s'y est maintenu sans être titulaire d'un titre de séjour en cours de validité ; () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ".
7. Il est constant que M. A ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français et qu'il n'était pas davantage titulaire, à la date de l'arrêté contesté, d'un titre de séjour en cours de validité. Le préfet de l'Eure pouvait donc obliger M. A à quitter le territoire français, sur le seul fondement du 1° des dispositions précitées. La circonstance que le préfet aurait entendu fonder cette décision également sur le fondement du 3° est, par suite, sans incidence sur sa légalité.
8. M. A soutient que la décision par laquelle le préfet de l'Eure lui a fait obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Le requérant fait valoir, à cet effet, qu'il réside sur le territoire français depuis 2018, qu'il est hébergé par un ami et qu'il n'a plus de liens avec sa famille demeurée au Sénégal. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que le requérant, qui est célibataire et sans charge de famille, ne justifie d'aucun lien d'une particulière intensité sur le territoire français. Il n'établit pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu au moins jusque l'âge de trente-quatre ans. S'il soutient être rejeté par sa famille du fait de son orientation sexuelle et avoir dû fuir son pays pour ce motif, il n'apporte aucun élément permettant de corroborer les faits qu'il allègue alors d'ailleurs que sa demande d'asile a été rejetée par une décision du 28 décembre 2018 de l'Office de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), confirmée par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 4 novembre 2019, et que sa demande de réexamen de sa demande d'asile a été déclarée irrecevable le 20 février 2020. Il est également constant que M. A a fait l'objet de deux précédentes mesures d'éloignement auxquelles il n'a pas déféré. Par suite, ce moyen doit être écarté.
En ce qui concerne la décision portant refus de délai de départ volontaire :
9. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : / () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () 5° L'étranger s'est soustrait à l'exécution d'une précédente mesure d'éloignement ; / () / 8° L'étranger ne présente pas de garanties de représentation suffisantes, notamment parce qu'il ne peut présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité, (), qu'il ne justifie pas d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale () ".
10. Il ressort des pièces du dossier que M. A a fait l'objet d'une première mesure d'éloignement le 15 novembre 2019 et d'une seconde le 20 août 2020, dont la légalité a été confirmée par jugement du tribunal administratif de Rouen du 29 janvier 2021 qui est devenu définitif, qu'il n'a pas exécutées. Par ailleurs, l'intéressé n'est pas en mesure de présenter des documents d'identité ou de voyage en cours de validité et ne justifie pas, en se bornant à se prévaloir d'une attestation d'hébergement datée du 10 novembre 2023, soit le même jour que la décision litigieuse, d'une résidence effective et permanente dans un local affecté à son habitation principale. Par suite, c'est sans entacher sa décision d'une erreur d'appréciation dans l'application des dispositions précitées des article L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet de l'Eure a refusé d'accorder à M. A un délai de départ volontaire. Pour les mêmes motifs, il ne peut être regardé comme ayant entaché sa décision d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle.
En ce qui concerne la décision fixant le pays de renvoi :
11. Aux termes de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ".
12. M. A, dont la demande d'asile a été rejetée par l'OFPRA puis par la CNDA, se borne à soutenir qu'il risque des persécutions en raison de son orientation sexuelle en cas de retour au Sénégal. Toutefois, il n'apporte pas, comme il lui appartient de le faire, d'éléments de nature à justifier la réalité et l'actualité des risques de traitements inhumains et dégradants auxquels il serait personnellement exposé en cas de retour dans son pays d'origine, au sens des stipulations précitées. Dans ces conditions, la décision fixant le pays de renvoi n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et n'est pas entachée d'une erreur d'appréciation.
En ce qui concerne la décision d'interdiction de retour sur le territoire français :
13. Il ressort des motifs de l'arrêté contesté que le préfet de l'Eure, après avoir examiné la situation de M. A, a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. Alors au demeurant que l'article 2 de cet arrêté informe l'intéressé de ce qu'il fait l'objet d'un signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen pour la durée de cette interdiction, la circonstance que cette décision n'ait pas été reprise dans le dispositif de l'arrêté du 10 novembre 2023 constitue une simple erreur matérielle, qui est sans incidence sur sa légalité. M. A n'est donc pas fondé à soutenir que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait inexistante au motif qu'elle ne figurerait pas dans le dispositif de l'arrêté querellé.
14. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français () ".
15. En premier lieu, la décision d'interdiction de retour doit comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, de sorte que son destinataire puisse à sa seule lecture en connaître les motifs. Si cette motivation doit attester de la prise en compte par l'autorité compétente, au vu de la situation de l'intéressé, de l'ensemble des critères prévus par la loi, aucune règle n'impose que le principe et la durée de l'interdiction de retour fassent l'objet de motivations distinctes, ni que soit indiquée l'importance accordée à chaque critère.
16. L'arrêté contesté vise notamment les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et mentionne notamment que compte tenu des conditions de son séjour en France, de la prise en compte de sa situation personnelle, de la circonstance qu'il s'est soustrait à deux précédentes mesures d'éloignement prises à son encontre, il y a lieu de fixer la durée de l'interdiction de retour en France à une durée d'un an. Cette motivation, qui atteste de la prise en compte par le préfet de l'Eure de l'ensemble des critères prévus par la loi, est suffisante quand bien même elle ne rappelle pas l'ensemble des circonstances de fait se rapportant à la situation personnelle de l'intéressé. Par suite, le moyen tiré d'un défaut de motivation doit être écarté.
17. En deuxième et dernier lieu, M. A ne démontre aucune circonstance humanitaire de nature à faire obstacle au prononcé d'une interdiction de retour qui doit assortir en principe, en application des dispositions de l'article L. 612-6 précité, l'obligation faite à un ressortissant étranger de quitter le territoire français sans délai. A cet égard, alors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier, ainsi qu'il a été dit au point 12, qu'il encourrait des risques en cas de retour dans son pays d'origine, notamment de la part des membres de sa famille, le requérant se borne à faire état de la durée de son séjour en France depuis le mois de mai 2018, sans démontrer pour autant une insertion sociale et professionnelle stable et ancienne sur le territoire. Par suite, en se fondant sur l'existence de précédentes mesures d'éloignement dont il a fait l'objet et sur l'absence de liens privés ou familiaux d'une particulière intensité sur le territoire français, le préfet de l'Eure a pu, sans commettre d'erreur d'appréciation ou d'erreur de droit, prononcer à l'encontre de l'intéressé une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
18. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en toutes ses conclusions en application des dispositions citées au point 1 de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise, pour information, au préfet de l'Eure.
Fait à Douai le 5 août 2024.
La présidente de la 3ème chambre,
Signé : M.-P. Viard
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme
Pour la greffière en chef,
par délégation,
La greffière,
C. Huls-Carlier
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026