mercredi 6 novembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA00778 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | BIVILLE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler la procédure de recouvrement de la somme de 16 907 euros engagée à son encontre et les actes qui s'y rattachent (titre exécutoire, mises en demeure etc.), d'annuler la décision de la direction régionale des finances publiques de Normandie du 12 juin 2023 ayant refusé d'annuler cette procédure et de le décharger de l'obligation de payer cette somme, les pénalités et les intérêts de retard.
Par une ordonnance n° 2303333 du 19 février 2024, la présidente de la 4ème chambre du tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 22 avril 2024, M. A, représenté par Me Emmanuel Biville, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) d'annuler cette procédure de recouvrement, les actes qui s'y rattachent (titre exécutoire, mises en demeure etc.) et cette décision du 12 juin 2023 ;
3°) de prononcer la décharge de cette obligation de payer ;
4°) d'ordonner la restitution des sommes perçues ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
La requête a été communiquée à la direction régionale des finances publiques de la région Normandie, à l'administratrice de l'Etat chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord et à la direction régionale des finances publiques des Hauts-de-France et du Nord qui n'ont pas produit de mémoire.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts ;
- le livre des procédures fiscales ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le décret n° 2012-1246 du 7 novembre 2012 relatif à la gestion budgétaire et comptable publique ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance () annuler une ordonnance prise en application des 1° à 5° et 7° du présent article à condition de régler l'affaire au fond par application des 1° à 7° ".
Sur la régularité de l'ordonnance :
2. L'ordonnance a rejeté la demande de M. A, sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, au motif qu'elle ne comportait que des moyens qui n'étaient manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
3. Toutefois, cette demande avait annoncé un mémoire complémentaire. Or l'ordonnance a été prise, en violation de ce 7°, alors que ce mémoire n'avait pas encore été produit. M. A est donc fondé à demander l'annulation de cette ordonnance.
Sur la récupération de la somme perçue au titre du fonds de solidarité :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu d'évoquer et de statuer immédiatement sur les conclusions de M. A.
5. M. A a bénéficié, en qualité d'entrepreneur individuel, d'une aide de 16 907 euros au titre du fonds de solidarité créé par l'ordonnance du 25 mars 2020.
6. Par lettre du 29 juillet 2021, la direction générale des finances publiques (DGFIP) a indiqué à M. A qu'il n'était pas éligible au fonds, aux motifs que sa réponse à une demande de justificatifs avait été incomplète et que les sommes déclarées dans ses demandes d'aide étaient incohérentes, et que " des titres de perception seront donc émis à votre encontre. A défaut de paiement des titres, le comptable public procédera à leur recouvrement forcé ".
7. Le II de l'article 3-1 de l'ordonnance du 25 mars 2020 dispose que les sommes indûment perçues au titre du fonds de solidarité " font l'objet d'une récupération selon les règles et procédures applicables en matière de créances étrangères à l'impôt et au domaine ".
En ce qui concerne les titres de perception :
8. L'article 118 du décret du 7 novembre 2012 dispose que la décision de l'administration rejetant le recours formé par le redevable contre un titre de perception " peut faire l'objet d'un recours devant la juridiction compétente dans un délai de deux mois à compter de la date de notification de cette décision ".
9. La lettre de M. A du 4 août 2022 a non seulement demandé la mainlevée d'une saisie administrative à tiers détenteur mais a aussi contesté les motifs de la lettre du 29 juillet 2021. L'intéressé doit ainsi être regardé comme ayant contesté les titres de perception annoncés par cette lettre et émis le 28 septembre 2021.
10. La réponse de la DGPIP du 10 août 2022 a rejeté cette contestation, aux motifs qu'elle n'indiquait pas les numéros des factures concernées, que les chiffres d'affaires invoqués n'étaient pas justifiés et que les investissements ne devaient pas être pris en compte, et a mentionné la voie de recours et le délai de recours ouverts contre cette décision.
11. M. A, qui a joint cette décision du 10 août 2022 à son appel, ne soutient ni qu'elle ne lui a pas été notifiée, ni qu'elle lui a été notifiée à partir du 13 juin 2023. Les conclusions dirigées contre les titres exécutoires ont donc été présentées au tribunal, le 14 août 2023, après l'expiration du délai imparti par l'article 118 du décret du 7 novembre 2012.
12. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions dirigées contre les titres de perception sur le fondement du 4° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
En ce qui concerne les actes de poursuite :
13. L'article 119 du décret du 7 novembre 2012 dispose que les actes de poursuites délivrés pour le recouvrement des titres de perception peuvent être contestés conformément à l'article L. 281 du livre des procédures fiscales, lequel dispose que " Les contestations relatives au recouvrement ne peuvent pas remettre en cause le bien-fondé de la créance ".
14. Dans sa lettre du 19 avril 2023, M. A a contesté " la procédure tendant à recouvrer la somme de 16 907 euros " annoncée par la lettre du 29 juillet 2021 et a exposé que ses déclarations avaient été modifiées par l'URSSAF et qu'il était donc éligible au fonds de solidarité.
15. M. A a ainsi remis en cause le bien-fondé de la créance du Trésor public. Or il résulte de ce qui précède qu'un tel moyen est irrecevable dans une contestation relative au recouvrement.
16. Dans ces conditions, il y a lieu de rejeter les conclusions dirigées contre les actes de poursuite sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
17. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions de M. A à fin d'annulation et de décharge de l'obligation de payer doivent être rejetées.
Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :
18. La présente ordonnance n'appelle aucune mesure d'exécution.
Sur l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
19. La demande présentée par le requérant, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : L'ordonnance du 19 février 2024 est annulée.
Article 2 : Les conclusions de M. A à fin d'annulation des titres de perception et des actes de poursuite, de décharge et d'injonction et au titre des frais exposés et non compris dans les dépens sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'économie et des finances.
Copie de l'ordonnance sera transmise, pour information, à Me Emmanuel Biville, à la direction régionale des finances publiques de la région Normandie, à la direction régionale des finances publiques des Hauts-de-France et du Nord et à l'administratrice de l'Etat chargée de la direction spécialisée de contrôle fiscal Nord.
Fait à Douai, le 6 novembre 2024.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Marc Heinis
La République mande et ordonne au ministre de l'économie et des finances, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Elisabeth Héléniak
N°24DA00778
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026