mardi 23 juillet 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA01191 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | DEWAELE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 21 mars 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant un an.
Par un jugement n° 2302613 du 14 mars 2024, le tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 18 juin 2024, M. A, représenté par Me Emilie Dewaele, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 21 mai 2024, l'aide juridictionnelle a été accordée au requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Conformément aux articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 et L. 613-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'arrêté a énoncé dans ses visas, ses considérants ou son dispositif les motifs de droit et de fait qui ont fondé ses différentes décisions.
3. Il ressort de la motivation de l'arrêté, qui a visé l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, que le préfet a procédé à un examen sérieux des éléments relatifs à la situation de l'intéressé alors portés à sa connaissance.
4. M. A a déclaré être entré en France sans visa en février 2018. S'il a été confié à l'aide sociale à l'enfance en juillet 2018, la note de situation de la structure d'accueil de mai 2020 a relevé que l'intéressé " accepte mal les remarques des éducateurs, il n'apprécie pas le rappel du cadre et peut s'énerver et être menaçant dans ces situations. Une main courante a d'ailleurs été déposée par un éducateur lors de menaces verbales ".
5. M. A a fait l'objet d'un refus de titre de séjour et d'une obligation de quitter le territoire français en avril 2021. Nonobstant la validation de cette décision par le tribunal administratif en avril 2022, l'intéressé s'est maintenu en France et a déclaré, lors de son audition le 21 mars 2023, qu'en cas de décision d'éloignement il souhaitait " rester en France ".
6. M. A, né en septembre 2002, est célibataire sans enfant et a vécu la majeure partie de sa vie en Guinée. S'il prétend que ses parents sont décédés et qu'il n'a plus de lien avec son pays, c'est son père qui a demandé en janvier 2018 le jugement supplétif d'acte de naissance par lequel l'intéressé justifie son état civil, c'est son oncle, selon le rapport d'évaluation de 2018, qui a envoyé ce jugement à l'intéressé et celui-ci a déclaré, lors de son audition le 21 mars 2023, que les membres de sa famille se trouvent " au pays ".
7. Si M. A s'est inscrit en CAP " maçon ", ses bulletins de 2019-2020 et du 1er trimestre de 2020-2021 ont relevé des absences répétées et un comportement préoccupant, le bulletin du 2ème trimestre n'a pas été versé au dossier, il a été mis fin au contrat d'apprentissage et le diplôme n'a pas été obtenu. Si l'intéressé s'est inscrit en CAP " électricien " en 2021-2022, il n'a produit aucun bulletin ni contrat d'apprentissage et n'a pas obtenu ce diplôme.
8. Si M. A a sollicité un titre de séjour " salarié " en décembre 2022, si la préfecture lui a demandé le 24 février 2023 de compléter sa demande dans le mois et si ce délai n'était pas expiré lorsque l'intéressé a été interpellé lors d'un contrôle d'identité le 20 mars 2023 puis à la date de l'arrêté, le seul dépôt d'une demande de titre de séjour ne saurait faire obstacle à ce que le préfet décide de l'éloignement d'un étranger qui se trouve dans l'un des cas mentionnés à l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
9. Si M. A prétend avoir obtenu un CDI, il ne l'a pas produit et a déclaré ne pas exercer d'activité professionnelle lors de son audition le 21 mars 2023. En tout état de cause, il ne remplit pas la condition de production d'un visa long séjour posée à l'article L. 412-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour l'attribution de plein droit d'un titre de séjour " salarié ".
10. Dans ces conditions, alors que l'obligation de quitter le territoire français d'avril 2021 a été validée par la cour en septembre 2023, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation, n'a pas violé les articles L. 611-1, 3° L. 612-2, L. 612-3, L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
11. Si l'arrêt est entaché d'erreur de fait en ce qu'il a estimé que " la préfecture n'a pas reçu " de demande de titre de séjour de M. A, il résulte de l'instruction que le préfet aurait pris la même décision sans commettre cette erreur.
12. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.
13. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :
14. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
15. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A, au ministre de l'intérieur et des outre-mer et à Me Emilie Dewaele.
Copie en sera adressée au préfet du Nord.
Fait à Douai, le 23 juillet 2024.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Marc Heinis
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Elisabeth Héléniak
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026