jeudi 5 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA01204 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SCP CHERRIER BODINEAU |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E C a demandé au juge des référés du tribunal administratif de Rouen d'ordonner une expertise, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, portant sur les conditions de sa prise en charge médicale, à compter du 25 mai 2021, par le centre hospitalier universitaire (CHU) de Rouen.
Par une ordonnance n° 2400230 du 6 juin 2024, la juge des référés du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 20 juin 2024, M. C, représenté par la SCP Cherrier Bodineau, demande à la juge des référés de la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) statuant en référé, de faire droit à sa demande de première instance ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Rouen l'avance des frais d'expertise, les dépens ainsi qu'une somme de 2 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que l'expertise ordonnée le 10 juin 2022 a méconnu le principe du contradictoire dès lors qu'il n'a pu faire valoir ses observations dans des conditions satisfaisantes, compte tenu de sa situation de handicap.
Vu l'arrêté du vice-président du Conseil d'Etat du 3 mai 2024 désignant Mme F A, première vice-présidente, présidente de la cour administrative d'appel de Douai par intérim.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. C s'est présenté, le 25 mai 2021, au service des urgences du CHU de Rouen à la suite d'un accident domestique. Le 25 juin suivant, il a été pris en charge pour une bradycardie asymptomatique. Le 12 juillet 2021, il a subi une ablation d'extrasystoles ventriculaires. Le 20 juillet suivant, il s'est de nouveau présenté au service des urgences pour une douleur invalidante au genou droit avec une impotence fonctionnelle et la présence d'un œdème. Le 8 février 2022, un examen par IRM a révélé l'existence d'une méniscopathie avec anse de seau médiale complète luxée associée à une chondropathie bilatérale. Par une ordonnance n° 2200821 du 10 juin 2022, la juge des référés, saisie par M. C sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, a ordonné une expertise portant sur les conditions de la prise en charge médicale de l'intéressé par le CHU de Rouen à compter du 25 mai 2021. Le Dr B D, l'expert désigné par l'ordonnance, a déposé son rapport le 22 septembre 2022. M. C fait appel de l'ordonnance n° 2400230 du 6 juin 2024 par laquelle la juge des référés du tribunal administratif de Rouen a rejeté sa demande tendant à ce qu'il soit ordonné une nouvelle expertise.
2. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, () peuvent, en outre, par ordonnance : /()/ 7° Rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
3. Aux termes de l'article R. 532-1 du même code : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () ".
4. M. C soutient que l'expertise ordonnée le 10 juin 2022 et réalisée par le Dr D a méconnu le principe du contradictoire dès lors que, sourd et muet, il n'a pas pu bénéficier, lors de l'accedit du 2 septembre 2022, du concours d'un interprète en langue des signes par visio-conférence dans des conditions techniques satisfaisantes permettant la compréhension mutuelle des échanges. Toutefois, de tels griefs n'ont pas été portés à la connaissance de l'expert ou tribunal avant la remise du rapport d'expertise le 22 septembre 2022 et ne sont explicités que dans un courrier de M. C daté du 21 octobre 2023, soit plus d'un an après cette réunion. En outre, si ledit courrier précise que nombre des déclarations de l'intéressé ont été mal comprises et que les conclusions du Dr D seraient en conséquence erronées, M. C ne l'établit pas et ne produit en particulier aucun élément de nature à démontrer que le rapport d'expertise comporterait des inexactitudes. Il est d'ailleurs observé que M C ne fait état d'aucun obstacle qui l'aurait empêché de se rendre accompagné par son conseil ou un interprète dans la salle où s'est déroulé l'accedit. Dans ces conditions, les manquements au principe du contradictoire au cours des opérations d'expertise ne peuvent être regardés comme établis. Par suite, une nouvelle expertise ne présente pas de caractère utile.
5. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. C est manifestement dépourvue de fondement et doit dès lors être rejetée en toutes ses conclusions en application des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 2.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E C.
Fait à Douai le 5 septembre 2024.
La première vice-présidente de la cour,
Présidente de la cour par intérim,
signé
M.-P. A
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière en chef,
Bénédicte Gozé
N°24DA01204
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026