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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-24DA01310

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-24DA01310

mercredi 18 septembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-24DA01310
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B A a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du préfet du Nord du 22 novembre 2023 portant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant un an.

Par un jugement n° 2310309 du 23 février 2024, le magistrat désigné du tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 8 juillet et 28 août 2024, ce dernier mémoire n'ayant pas été communiqué, M. B A, représenté par Me Raphaël Cabral, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 21 mai 2024, l'aide juridictionnelle n'a pas été accordée au requérant.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention du 19 juin 1990 d'application de l'accord de Schengen du 14 juin 1985 relatif à la suppression graduelle des contrôles aux frontières communes ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

Sur la régularité du jugement :

2. Il ressort des pièces du dossier que le pli recommandé contenant l'avis d'audience a été envoyé à l'adresse de M. B A le 11 janvier 2024 et que c'est en raison d'un " défaut d'accès ou d'adressage " qu'il n'a pas pu être distribué. Le moyen tiré de la violation de l'article R. 711-2 du code de justice administrative doit donc être écarté.

Sur la légalité de l'arrêté :

3. M. B A a déclaré être entré en France en décembre 2018 alors qu'il était titulaire d'un visa court séjour italien. Il n'a pas déclaré son entrée en France. Sa demande d'asile, déposée en octobre 2019, a été rejetée en novembre 2020 et sa demande de réexamen en janvier 2023. Il n'a pas exécuté des obligations de quitter le territoire français de décembre 2018, février 2021 et mai 2021. Il s'est maintenu en France jusqu'à son interpellation lors d'un contrôle d'identité le 21 novembre 2023. Il a alors déclaré avoir " perdu " son passeport.

4. M. B A, né en 1999, a vécu la majeure partie de sa vie en République Démocratique du Congo. Il a déclaré que sa famille réside en Zambie et en Afrique du Sud même si un oncle réside en France. Il est célibataire sans enfant. Il est sans profession. Il est connu de la police pour utilisation de document d'identité d'un tiers en décembre 2018 et pour détention et usage de faux document administratif en mai 2021.

5. Si M. B A a obtenu le diplôme d'accès aux études universitaires en novembre 2022 et validé sa 2ème année de licence en économie avec la mention " passable " en 2022/2023, il n'a pas de visa long séjour, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il ne pourra pas poursuivre ses études au Congo et il pourra aussi après y être retourné demander la levée de l'interdiction de retour en France et la délivrance d'un visa " étudiant ".

6. Dans ces conditions, même si M. B A a justifié de moyens d'existence suffisants, l'arrêté n'a pas violé L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Si M. B A a produit des copies d'un " mandat de perquisition " et d'un " mandat d'amener " pour participation au mouvement M23 présentés comme établis par la justice congolaise en juillet 2022, il a déclaré avoir quitté son pays en 2016 et il n'a pas critiqué les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile qui ont écarté ces documents. La réalité des risques encourus au Congo n'est ainsi pas démontrée et l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales n'a donc pas été violé.

8. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.

9. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le magistrat désigné du tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :

10. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

11. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet du Nord et à Me Raphaël Cabral.

Fait à Douai, le 18 septembre 2024.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Elisabeth Héléniak

N°24DA01310

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