mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA01572 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | CABARET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Lille d'annuler l'arrêté du préfet du Pas-de-Calais du 6 octobre 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant un an.
Par un jugement n° 2309636 du 23 mai 2024, le tribunal administratif de Lille a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 1er août 2024, M. B, représenté par Me Oriane Cabaret, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
La requête a été communiquée au préfet du Pas-de-Calais qui n'a pas produit de mémoire.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 9 juillet 2024, l'aide juridictionnelle totale a été accordée au requérant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'artisanat ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Il y a lieu d'écarter par adoption des motifs retenus par le tribunal les moyens tirés de l'insuffisance de la motivation de l'arrêté et du défaut d'examen de la situation.
3. M. B est entré en France avec un visa court séjour " tourisme ", accompagné de son épouse, en janvier 2016. Sa demande d'asile, déposée en mars 2016, a été rejetée en février 2017. Aucune demande de réexamen n'a été présentée.
4. Si M. B a obtenu un certificat de résidence " étranger malade " de juin 2017 à janvier 2023, ce titre de séjour ne lui donnait pas vocation à résider durablement en France. Le renouvellement de ce titre a été refusé en mars 2023 et le juge des référés a refusé de suspendre l'exécution de cette décision en juillet 2023 au motif que les moyens invoqués n'étaient pas de nature à faire naître un doute sérieux sur la légalité de la décision.
5. Si M. B souffre d'une forme d'arthrite associée à une maladie de la peau, le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration a estimé en février 2023 que l'intéressé pourrait voyager sans risque vers l'Algérie et y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. Il ne ressort ni des certificats médicaux sommaires invoqués par l'intéressé ni d'aucune autre pièce du dossier que la substance active du médicament humira qui lui est prescrit en France serait indisponible en Algérie.
6. Si M. B a demandé un certificat de résidence " salarié " en avril 2023, la plateforme de la main d'œuvre étrangère a refusé en juillet 2023, sur le fondement du 3° de l'article R. 5221-20 du code du travail, l'autorisation de travail demandée par son entreprise pour l'employer comme plombier chauffagiste, au motif que les qualifications requises par les articles L. 121-1 et R. 121-1 et suivants du code de l'artisanat n'étaient pas justifiées. Ce refus, qui mentionnait les voies et délais de recours et a été notifié à l'intéressé, ainsi qu'il ressort d'un échange de mails d'août 2023, est devenu définitif.
7. L'article 7 de l'accord franco-algérien subordonne la délivrance du certificat de résidence " salarié " au visa préalable du contrat de travail par les services du ministre chargé de l'emploi. Le préfet s'est borné à relever que M. B ne remplissait pas cette condition et qu'il y avait donc lieu de refuser le titre de séjour demandé. Il n'a ainsi pas exclu la possibilité d'une régularisation de la situation de l'intéressé et ne peut donc pas être regardé comme s'étant cru lié par la décision de la plateforme de la main d'œuvre étrangère.
8. Le préfet n'est jamais dans l'obligation d'examiner d'office si la situation dont il est saisi justifie, au-delà de la demande présentée devant lui, qu'il fasse usage d'un régime de faveur que lui ouvre un principe ou un texte. Il n'était donc pas tenu de vérifier si une admission exceptionnelle au séjour de M. B pouvait être décidée.
9. Si M. B a produit une carte professionnelle et des certificats de qualification ou d'aptitude professionnelle comme plombier ou chauffagiste obtenus en Algérie en 2007 et un certificat de travail comme enseignant en plomberie sanitaire en Algérie de 2014 à janvier 2017, ce dernier document est contradictoire avec le récit de l'intéressé d'une résidence en France depuis janvier 2016, M. B a déclaré à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides qu'il travaillait en Algérie depuis 2009 comme agent de sécurité dans une discothèque, les qualifications acquises dans ce pays étaient anciennes à la date de l'arrêté et leur équivalence avec celles requises en France n'a pas été démontrée.
10. Si M. B a travaillé comme plombier chauffagiste en France à partir de juillet 2020, ce dont attestent les 34 bulletins de salaire produits en appel, c'était sur un emploi sans qualification particulière de niveau I avant novembre 2021 et la durée de l'expérience ensuite acquise sur un poste de niveau III restait limitée à la date de l'arrêté.
11. M. B, né en 1979, a vécu la majeure partie de sa vie en Algérie. Son épouse fait aussi l'objet d'une mesure d'éloignement. Leurs enfants nés en 2018, 2019 et 2022 peuvent accompagner leurs parents dans le pays dont ils ont la nationalité.
12. Dans ces conditions, même si M. B a fait du bénévolat, alors qu'il ne peut utilement invoquer les articles 6-5 et 6-7 de l'accord franco-algérien puisqu'il n'a pas demandé un titre de séjour " vie privée et familiale " ou " étranger malade " et alors que l'exécution de l'éloignement entraînera l'abrogation de l'interdiction de retour en France en application de l'article L. 613-8 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'arrêté n'était pas entaché d'erreur manifeste d'appréciation, n'a pas violé les articles 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, 7 de cet accord et L. 612-10 de ce code et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
13. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.
14. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :
15. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
16. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B, au ministre de l'intérieur et à Me Oriane Cabaret.
Copie en sera adressée au préfet du Pas-de-Calais.
Fait à Douai, le 25 septembre 2024.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Marc Heinis
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Elisabeth Héléniak
N°24DA0157
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026