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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA59-24DA01972

Cour administrative d'appel de Douai — Décision N° CAA59-24DA01972

jeudi 14 novembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Douai
SectionCour administrative d'appel de Douai
N° DossierCAA59-24DA01972
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B C a demandé au tribunal administratif d'Amiens d'annuler les arrêtés de la préfète de l'Oise du 6 juin 2024 portant d'une part refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français sans délai, fixation du pays de renvoi et interdiction de retour en France pendant cinq ans et d'autre part assignation à résidence.

Par un jugement n° 2403544 du 13 septembre 2024, la magistrate désignée du tribunal administratif d'Amiens a renvoyé à une formation collégiale du tribunal les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour et a rejeté le surplus de la demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 25 septembre 2024, M. C, représenté par Me Cemile Dogan, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 000 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.

La requête a été communiquée à la préfète de l'Oise qui n'a pas produit de mémoire.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

Sur la régularité du jugement :

2. Le jugement a statué aux points 4 à 6 sur le moyen de la demande tiré de l'exception d'illégalité du refus de titre de séjour. Il n'est donc pas entaché d'omission à statuer.

Sur l'arrêté portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français :

3. M. C ayant été assigné à résidence le 6 juin 2024, il résulte des articles L. 614-1 et suivants du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile alors applicables que c'est à bon droit que la magistrate désignée a renvoyé à une formation collégiale du tribunal les conclusions dirigées contre le refus de titre de séjour.

4. M. C a déclaré être entré en France en juin 2015. La date et la régularité de cette entrée en France ne sont pas établies. Deux documents de circulation étranger mineur lui ont été délivrés avant sa majorité. Il a demandé une carte de résident, sans préciser le fondement de sa demande, en novembre 2023.

5. M. C, né en décembre 2005, a longtemps vécu au A. Il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il y soit dépourvu de toute attache familiale. En particulier, le décès de son père né en 1968 n'est pas établi. Si sa mère réside en France avec les sœurs de l'intéressé, elle peut rendre visite à son fils au A dont elle est ressortissante.

6. M. C est célibataire sans enfant. Il est déscolarisé depuis 2021 et n'a pas d'activité professionnelle.

7. Si les faits constatés par le juge pénal s'imposent au préfet et au juge administratif, la même autorité ne s'attache pas aux motifs d'un jugement de relaxe tirés de ce que les faits ne sont pas établis ou de ce qu'un doute subsiste sur leur réalité. Le préfet doit alors apprécier, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si ces faits sont suffisamment établis et s'ils justifient que la présence de l'intéressé en France soit regardée comme une menace pour l'ordre public.

8. M. C est connu au fichier du traitement des antécédents judiciaires pour des faits d'usage illicite de stupéfiants les 4 avril 2023, 3 octobre 2023, 21 janvier 2024, 20 février 2024 et 28 mai 2014, de violence aggravée par deux circonstances le 5 mai 2023 et de violence aggravée sur un fonctionnaire de police et de conduite d'un véhicule à moteur compromettant la sécurité ou la tranquillité publique le 3 octobre 2023.

9. Le juge des enfants, le 9 novembre 2023, a reconnu M. C coupable des faits d'usage illicite de stupéfiants et de conduite d'un véhicule à moteur compromettant la sécurité ou la tranquillité publique du 3 octobre 2023. S'il a relaxé l'intéressé, les 8 juin et 9 novembre 2023, de la poursuite des autres faits des 5 mai et 3 octobre 2023, les motifs de ces relaxes ont été tirés de ce que les faits n'étaient pas établis.

10. Alors que M. C s'est borné à invoquer la présomption d'innocence et l'absence d'engagement d'une procédure judiciaire devant le tribunal puis la relaxe mentionnée ci-dessus devant la cour, les faits, pour lesquels l'intéressé a été interpellé par la police puis convoqué par le procureur de la République devant le juge des enfants, de violences avec usage ou menace d'un couteau ayant entraîné une incapacité de travail de deux jours dans ou aux abords d'un lycée à Chantilly le 5 mai 2023 puis de violences sur un fonctionnaire de police en le percutant avec une motocyclette à Creil le 3 octobre 2023 apparaissent suffisamment établis.

11. Dans ces conditions, la présence de M. C en France constituait une menace pour l'ordre public sans qu'il y ait lieu de tenir compte des faits, postérieurs à l'arrêté, de recel de bien provenant d'un vol et de conduite d'un véhicule sans permis le 22 août 2024.

12. Il résulte de ce qui précède que l'arrêté n'était pas entaché d'erreur de droit ou d'erreur manifeste d'appréciation, n'a pas violé les articles L. 423-21, L. 432-1, L. 611-1, 3°, L. 612-2 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'a pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Sur l'assignation à résidence :

13. Si l'article L. 732-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile prévoit la remise d'une information lorsque l'assignation à résidence est notifiée à l'étranger, l'omission ou l'irrégularité de cette information est sans influence sur la légalité de l'assignation.

14. Une assignation à résidence doit préciser, en vertu de l'article R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, si l'obligation de présentation s'applique les jours fériés ou chômés. Toutefois, la violation de cette règle ne peut utilement être invoquée lorsque, comme en l'espèce, aucun des jours auxquels l'arrêté s'est référé n'est férié ou chômé.

15. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.

16. Il résulte de tout ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que c'est à tort que la magistrate désignée du tribunal administratif a rejeté sa demande.

Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :

17. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.

Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :

18. La demande présentée par le requérant et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B C et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Oise et à Me Cemile Dogan.

Fait à Douai, le 14 novembre 2024.

Le président de la 4ème chambre,

Signé : Marc Heinis

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

Pour la greffière en chef,

Par délégation,

La greffière,

Elisabeth Héléniak

N°24DA0197

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