mercredi 4 décembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Douai |
| Section | Cour administrative d'appel de Douai |
| N° Dossier | CAA59-24DA02099 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | EDEN AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A D a demandé au tribunal administratif de Rouen d'annuler l'arrêté du préfet de la Seine-Maritime du 5 octobre 2023 portant refus de titre de séjour, obligation de quitter le territoire français dans les trente jours et fixation du pays de renvoi, ensemble la décision implicite ayant rejeté son recours gracieux.
Par un jugement n° 2400728 du 14 juin 2024, le tribunal administratif de Rouen a rejeté cette demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 octobre 2024, Mme C, représentée par Me Cécile Madeline, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir ces décisions ;
3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour ou réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
Par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Douai du 19 septembre 2024, l'aide juridictionnelle totale a été accordée à la requérante.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridique ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. L'article R. 222-1 du code de justice administrative dispose que les présidents de formation de jugement des cours peuvent, par ordonnance, rejeter " les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. Mme C a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français le 5 octobre 2023. Par une lettre reçue le 21 novembre 2023, elle a demandé au préfet d'abroger cette mesure et de lui délivrer un titre de séjour " étranger malade ". Le silence gardé sur cette demande a fait naître une décision implicite de rejet. La requérante conteste ces décisions.
3. Conformément aux articles L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration et L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, l'arrêté a énoncé dans ses visas, ses considérants ou son dispositif les motifs de droit et de fait qui ont fondé ses différentes décisions.
4. Il ressort de la motivation de l'arrêté que le préfet a procédé à un examen sérieux des éléments relatifs à la situation de l'intéressée alors portés à sa connaissance.
5. Si Mme C est entrée en France avec un visa long séjour " étudiant " en septembre 2016 et a obtenu des titres de séjour " étudiant " jusqu'en juin 2020, ce visa et ces titres ne lui donnaient pas vocation à résider durablement en France.
6. Mme C a demandé un titre de séjour " vie privée et familiale " en septembre 2021. Elle n'a pas produit les pièces demandées par la préfecture en juillet 2022. Cette demande a donc été classée sans suite en septembre 2022. Elle a été réitérée en juin 2023.
7. Mme C n'a alors pas demandé un titre de séjour " étranger malade ". Le collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration ne devait donc pas être consulté avant l'arrêté.
8. Si Mme C a été hospitalisée plusieurs fois jusqu'en août 2022, le recours gracieux a seulement justifié d'une hospitalisation du 23 au 27 octobre 2023 et joint des certificats médicaux évoquant " un trouble psychiatrique chronique nécessitant des soins " et un " programme d'éducation thérapeutique ", de septembre 2023 à janvier 2024, pour les personnes souffrant d'un trouble de la personnalité borderline. Aucun autre élément n'a été communiqué au préfet. Eu égard à l'imprécision de ces éléments sur la gravité de la pathologie, la consultation du collège de médecins n'était pas requise lorsque la décision implicite est née.
9. Il ne ressort ni de ces éléments, ni des ordonnances de mars, juin et août 2024, à la date de l'arrêté ou de la décision implicite, qu'un défaut de prise en charge médicale aurait entraîné des conséquences d'une exceptionnelle gravité ou que Mme C n'aurait pas pu bénéficier effectivement d'un traitement approprié en Colombie.
10. Mme C, née en 1994, a vécu la majeure partie de sa vie en Colombie où résidait sa mère. Si celle-ci a attesté qu'elle quitterait ce pays pour l'Espagne " en fin d'année 2023 ", ce départ n'a en tout état de cause pas été établi.
11. Si Mme C a débuté une relation avec un ressortissant français en novembre 2021, la production d'attestations et de la preuve de déplacements entre Paris et Rouen ne suffit pas à établir l'existence d'une vie commune. En tout état de cause, celle-ci était récente à la date des décisions.
12. Si Mme C a été formatrice de langue espagnole, cet emploi, à temps partiel et dans le cadre de contrats à durée déterminée, était sans lien avec le diplôme en développement commercial et marketing que l'intéressée a obtenu en 2020 et qui facilitera son insertion professionnelle en Colombie.
13. Dans ces conditions, les décisions n'étaient pas entachées d'un vice de procédure, d'une erreur de droit ou d'une erreur manifeste d'appréciation, n'ont pas violé les articles L. 423-23, L. 425-9 et L. 611-3, 9° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et n'ont pas porté une atteinte disproportionnée à la vie privée et familiale garantie par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
14. Il résulte de ce qui précède que tous les moyens ci-dessus invoqués, par voie d'action ou d'exception, doivent être écartés.
15. Il résulte de tout ce qui précède que la requérante n'est pas fondée à soutenir que c'est à tort que le tribunal administratif a rejeté sa demande.
Sur l'application des articles L. 911-1 et suivants du code de justice administrative :
16. La présente décision n'implique aucune mesure d'exécution.
Sur l'application des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 :
17. La demande présentée par la requérante et son conseil, partie perdante, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens doit être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A D, au ministre de l'intérieur et à Me Cécile Madeline.
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Maritime.
Fait à Douai, le 4 décembre 2024.
Le président de la 4ème chambre,
Signé : Marc Heinis
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
Pour la greffière en chef,
Par délégation,
La greffière,
Elisabeth Héléniak
N°24DA02099
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026