lundi 2 septembre 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-22LY03793 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme C A a demandé au tribunal administratif de Dijon d'annuler les décisions du préfet de la Côte-d'Or du 30 septembre 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2202706 du 6 décembre 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 22 décembre 2022, Mme A, représentée par Me Buvat, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon du 6 décembre 2022 ;
2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Elle soutient que :
S'agissant du jugement attaqué :
- il est entaché d'une erreur de droit ;
S'agissant de l'arrêté attaqué dans son ensemble :
- il a été pris par une autorité incompétente ;
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur de droit ;
- elle est illégale, dès lors que la Cour nationale du droit d'asile n'a pas encore rendu sa décision ;
- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er février 2023.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme A, ressortissante albanaise née le 5 novembre 1988, déclare être entrée en France le 5 août 2021. Elle a sollicité le bénéfice de l'asile le 23 mars 2022. L'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a rejeté sa demande le 30 août 2022. Par arrêté du 30 septembre 2022, le préfet de la Côte-d'Or l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Mme A fait appel du jugement par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Dijon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur le jugement attaqué :
3. Mme A soutient que les premiers juges ont commis une erreur de droit en confirmant la légalité de la décision en litige alors que la décision de l'OFPRA a été prise sur le fondement du 3° de l'article L. 531-27 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne figure pas dans les cas prévus par l'article L. 542-2 du même code. Cependant, une telle erreur, à la supposer établie, relève du bien-fondé du jugement et est, en tout état de cause, sans incidence sur sa régularité.
Sur la compétence de l'auteur de l'acte attaqué :
4. Il ressort des pièces du dossier de première instance que, par un courrier du greffe du 7 novembre 2022, lu le même jour à 11 h 10 par le conseil de Mme A comme en atteste l'accusé de lecture d'un courrier généré automatiquement par l'application Télérecours, le greffe du tribunal administratif a communiqué au conseil de la requérante les pièces produites par le préfet de la Côte-d'Or. Parmi ces pièces, figurait l'arrêté conférant à Mme B une délégation de signature du préfet de la Côte-d'Or en date du 19 juillet 2022, régulièrement publiée au recueil des actes administratifs spécial de la Côte-d'Or le 21 juillet 2022, à l'effet notamment de signer les décisions prises en application du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, Mme A n'est pas fondée à soutenir que l'arrêté en litige a été pris par une autorité incompétente comme l'a d'ailleurs retenu le magistrat désigné au point n° 4 de son jugement.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
5. En premier lieu, aux termes de l'article L. 531-24 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'Office français de protection des réfugiés et apatrides statue en procédure accélérée dans les cas suivants : 1° Le demandeur provient d'un pays considéré comme un pays d'origine sûr au sens de l'article L. 531-25 ; () ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin : 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes : () d) une décision de rejet dans les cas prévus à l'article L. 531-24 et au 5° de l'article L. 531-27 ; () ".
6. Il ressort des pièces du dossier que la demande d'asile présentée par Mme A a été placée en procédure accélérée à raison de sa nationalité albanaise conformément à l'article L. 531-4 visé ci-dessus. Il ressort de l'obligation de quitter le territoire français en litige et n'est pas contesté que la décision de l'OFPRA a été notifiée à l'intéressée le 6 septembre 2022. Ainsi, à la date de la décision contestée, le 30 septembre 2022, Mme A avait perdu son droit au maintien sur le territoire français et pouvait faire l'objet d'une obligation de quitter le territoire français en application du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans qu'y fasse obstacle la circonstance qu'elle avait introduit un recours devant la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Le moyen tiré de l'erreur de droit doit être écarté.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 531-31 du même code : " La décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides mentionnée à l'article L. 531-26, celle de l'autorité administrative mentionnée à l'article L. 531-27, ou le refus de l'office de faire application de l'article L. 531-28 ne peut pas faire l'objet, devant les juridictions administratives de droit commun, d'un recours distinct du recours qui peut être formé, en application de l'article L. 532-1, devant la Cour nationale du droit d'asile à l'encontre de la décision de l'office. ". Il résulte de ces dispositions que la CNDA est seule compétente pour juger du recours formé contre les décisions de l'OFPRA, tant sur le fond que sur la procédure suivie par l'Office. Par suite, Mme A ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L 531-27 à l'encontre de l'arrêté en litige.
8. En troisième lieu, si la requérante soutient que la décision contestée méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, il ne ressort d'aucune pièce du dossier qu'elle aurait informé les services de la préfecture de son état de santé alors qu'elle a été informée de ce qu'elle pouvait demander un titre de séjour dès le début de l'examen de sa demande d'asile comme en atteste la notice d'information prévue à l'article L. 431-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile qui lui a été remise en langue albanaise. En tout état de cause, l'intéressée, qui se borne à faire valoir qu'elle souffre de troubles psychiatriques et qu'elle est la mère d'un nourrisson de sept mois, n'établit pas que son état de santé nécessiterait des soins dont le défaut serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'elle ne pourrait bénéficier, si besoin, d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Dès lors, le moyen ne peut qu'être écarté.
9. En dernier lieu, l'intéressée ne peut utilement soutenir que la décision contestée méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors que l'obligation de quitter le territoire français n'implique pas, par elle-même, le retour dans son pays d'origine.
Sur la décision désignant le pays de destination :
10. En premier lieu, l'obligation de quitter le territoire français n'étant pas entachée d'illégalité, la décision fixant le pays de destination ne saurait faire l'objet d'une annulation par voie de conséquence.
11. En second lieu, la requérante n'établit pas, par les pièces versées au dossier, la réalité des faits allégués et l'existence de risques personnels et actuels en cas de retour en Albanie. Par suite, en désignant ce pays comme pays de renvoi, le préfet de la Côte-d'Or n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Côte-d'Or.
Fait à Lyon, le 2 septembre 2024.
Le président de la cour,
Gilles Hermitte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026