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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY00705

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY00705

lundi 9 décembre 2024

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY00705
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantHUARD

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A B a demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du préfet de l'Isère du 22 novembre 2022, lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, désignant le pays à destination duquel il serait reconduit d'office et lui interdisant le retour sur le territoire français durant un an et la décision du 1er décembre 2022 l'assignant à résidence pour une durée quarante-cinq jours.

Par un jugement n° 2208568 du 4 janvier 2023, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 23 février 2023, M. B, représenté par Me Huard, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble du 4 janvier 2023 ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Isère de lui délivrer un titre de séjour et, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois et, dans l'attente, de lui délivrer sous huitaine, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, au profit de son conseil, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

S'agissant du jugement attaqué :

- le tribunal administratif aurait dû constater la méconnaissance des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le préfet de l'Isère, en s'abstenant d'examiner sa demande d'admission exceptionnelle au séjour au titre du travail, a méconnu les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle impacte immédiatement et directement l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français :

- elle est illégale, du fait de l'illégalité de la décision portant refus de délivrance de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle impacte immédiatement et directement l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire :

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle méconnaît les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

- elle impacte immédiatement et directement l'intérêt supérieur de l'enfant ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

S'agissant de la décision portant assignation à résidence :

- elle doit être annulée du fait de l'illégalité des décisions ordonnant son éloignement, lui refusant un délai de départ et lui faisant interdiction de retour en France.

M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 15 février 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la convention relative aux droits de l'enfant, signée à New York le 26 janvier 1990 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant congolais né le 16 mai 1990, déclare être entré en France le 17 septembre 2013. Il a formulé une demande d'asile rejetée en dernier lieu par la Cour nationale du droit d'asile le 19 mai 2015. Le 26 juin 2015, il a sollicité son admission au séjour en raison de son état de santé. Par un arrêté du 12 février 2018, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus de titre et lui a fait obligation de quitter le territoire. Le 7 juin 2018, la légalité de ces décisions a été confirmée par le tribunal administratif de Grenoble. Enfin, il a sollicité un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " le 24 juin 2021 sur le fondement des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et, à titre subsidiaire, sur le fondement des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par arrêté du 22 novembre 2022, le préfet de l'Isère lui a opposé un refus, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a désigné le pays de renvoi et lui interdit le retour sur le territoire français durant un an. Puis, par arrêté du 1er décembre 2022, le préfet de l'Isère l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. B fait appel du jugement par lequel le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur le jugement attaqué :

3. Si le requérant fait valoir que le tribunal administratif de Grenoble aurait dû constater la violation des stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant, de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ces moyens se rattachent au bien-fondé du jugement et non à sa régularité. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

Sur la décision de refus de délivrance de titre de séjour, l'obligation de quitter le territoire français et l'interdiction de retour sur le territoire français :

4. En premier lieu, si M. B fait valoir sa contribution à l'entretien et l'éducation de sa fille en produisant en appel plusieurs attestations, ces dernières, postérieures aux décisions contestées, sont sans incidence sur leur légalité. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le requérant rend essentiellement visite à son enfant le week-end sur le lieu d'accueil dans lequel réside la mère. Toutefois, ce dernier n'établit pas qu'il ne pourrait plus maintenir des liens avec son enfant s'il venait à retourner en République démocratique du Congo, pays dont le couple a la nationalité et où vivent les deux autres enfants mineurs du requérant. Dès lors, le préfet de l'Isère, en lui refusant la délivrance d'un titre de séjour, en l'obligeant à quitter le territoire français et en lui interdisant le retour sur le territoire français durant un an, n'a pas méconnu les stipulations du paragraphe 1 de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

5. En deuxième lieu, si M. B se prévaut des attaches sur le territoire français par la présence de sa fille et de la contribution à l'éduction de cette dernière, pour les mêmes motifs exposés au point 4 ainsi que pour ceux mentionnés au point 5 du jugement de première instance, le préfet de l'Isère n'a pas davantage méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ainsi que les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

6. En dernier lieu et pour le reste, la requête de M. B se borne à reprendre l'énoncé des moyens invoqués devant les premiers juges. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le jugement du tribunal administratif de Grenoble. En conséquence, il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs du jugement de première instance, à l'encontre desquels le requérant ne formule d'ailleurs aucune critique utile ou pertinente.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée à la préfère de l'Isère.

Fait à Lyon, le 9 décembre 2024.

Le président,

Gilles Hermitte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier,

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