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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY01739

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY01739

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY01739
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantSELARL AD JUSTITIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions de la préfète de la Loire du 12 janvier 2023, l'obligeant à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et désignant le pays à destination duquel elle serait reconduite d'office à l'expiration de ce délai.

Par un jugement n° 2300725 du 25 avril 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 22 mai 2023, Mme A, représentée par Me Thinon de la SELARL Ad Justitiam, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement du 25 avril 2023 du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon ;

2°) d'annuler les décisions susmentionnées pour excès de pouvoir ;

Elle soutient que :

S'agissant de l'arrêté contesté :

- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi :

- elle méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Par décision du 23 août 2023, le bureau d'aide juridictionnelle a rejeté la demande d'aide juridictionnelle présentée par Mme A.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A, ressortissante albanaise née le 10 août 1960, est entrée en France le 21 mai 2022. Elle a présenté une demande d'asile qui a été rejetée par l'Office français pour les réfugiés et les apatrides le 28 septembre 2022. Le 30 novembre 2022, elle a déposé un recours contre cette décision devant la Cour national du droit d'asile. Par arrêté du 12 janvier 2023, la préfète de la Loire lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a désigné le pays de renvoi. Mme A fait appel du jugement par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

3. En premier lieu, Mme A fait valoir la présence de ses quatre enfants majeurs en France. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'aucun de ceux-ci n'est en situation régulière sur le territoire français. Par ailleurs, elle ne justifie pas avoir développé des liens anciens, intenses et stables en France alors qu'elle conserve nécessairement des attaches dans son pays d'origine, où elle a vécu jusqu'à l'âge de soixante-deux ans et dans lequel réside son mari. Enfin, si la requérante fait valoir le dépôt d'une demande de titre de séjour auprès de la préfecture de la Loire en date du 17 avril 2023, en raison de son état de santé, cette demande est postérieure à la décision attaquée et dès lors sans incidence sur la légalité de celle-ci. Ainsi, compte tenu de l'ensemble des circonstances de l'espèce, en particulier de la durée et des conditions de séjour de l'intéressée en France, l'arrêté contesté ne porte pas au droit de cette dernière au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux motifs du refus. Il ne méconnaît pas, dès lors, les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. En deuxième lieu, le moyen tiré de ce que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent.

5. En troisième lieu, si Mme A soutient qu'en raison d'un meurtre commis par le père de son gendre, ce dernier et sa fille encourent des risques de vendetta en cas de retour dans leur pays d'origine, elle n'établit pas, par son récit et les pièces produites, la réalité des faits allégués et l'existence de risques personnels et actuels en cas de retour dans leur pays d'origine. Par suite, en désignant l'Albanie comme pays de renvoi, la préfète de la Loire n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A et au ministre de l'intérieur.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire.

Fait à Lyon, le 28 novembre 2024.

Le président,

signé

Gilles Hermitte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

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