LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-23LY03945

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-23LY03945

lundi 9 septembre 2024

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-23LY03945
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. B A a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du 10 octobre 2023 par lesquelles le préfet de la Loire lui a ordonné de quitter sans délai territoire français, a désigné le pays à destination duquel il pourrait être reconduit d'office et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français de douze mois. Le même jour, le préfet l'a également assigné à résidence.

Par un jugement n° 2308630 du 18 octobre 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 22 décembre 2023, M. A, représenté par Me Paquet, demande à la cour :

1°) d'annuler le jugement de la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon du 18 octobre 2023 ;

2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions susmentionnées du préfet de la Loire, en date du 10 octobre 2023 ;

3°) d'enjoindre au préfet de lui délivrer un titre de séjour, dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui remettre, sous huit jours, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous la même condition d'astreinte ;

4°) subsidiairement, d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation et, dans cette attente, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

5°) d'enjoindre au préfet de faire procéder à l'effacement de son signalement aux fins de non-admission dans le système d'information Schengen, sous astreinte de 50 euros par jour de retard ;

6°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, à son profit, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français :

- elle est insuffisamment motivée ;

- elle n'a pas été précédée d'un examen particulier de sa situation personnelle, dès lors que le préfet aurait dû faire usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation ;

- elle est contraire aux stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, compte tenu notamment de l'ancienneté de son séjour et de la présence de ses parents, de sa fratrie et d'attaches personnelles en France, ainsi que de son indépendance financière ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation quant à ses conséquences sur sa situation ;

S'agissant de la décision refusant un délai de départ volontaire :

- elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur une décision elle-même illégale ;

- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;

S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois :

- elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur une décision elle-même illégale ;

- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, du fait de l'existence de circonstances humanitaires que le préfet n'a pas appréciées et du caractère disproportionné de ses conséquences ;

S'agissant de la décision l'assignant à résidence :

- elle est illégale, dès lors qu'elle est fondée sur une décision elle-même illégale.

La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A a été rejetée par une décision du 29 novembre 2023.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. A, ressortissant albanais né le 5 février 2002, est entré irrégulièrement en France. Après avoir été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance à partir du 10 mai 2019, il a sollicité, le 17 juin 2020, la délivrance d'un titre de séjour. Il a fait l'objet d'une première décision d'éloignement, en date du 19 octobre 2021, qu'il n'aurait pas exécutée. À la suite d'un contrôle de police, le préfet de la Loire, par deux arrêtés du 10 octobre 2023, l'a obligé à quitter sans délai le territoire français, a désigné le pays de renvoi, lui a interdit de revenir en France pendant douze mois et l'a assigné à résidence. M. A fait appel du jugement par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.

Sur l'obligation de quitter le territoire français :

3. En premier lieu, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision d'éloignement prise à son égard, qui mentionne les considérations de droit et les circonstances de fait sur lesquelles le préfet de la Loire s'est fondé, serait insuffisamment motivée.

4. En deuxième lieu, il ne ressort pas du dossier que l'autorité préfectorale aurait pris sa décision sans procéder à un examen préalable de la situation de M. A, alors, au demeurant, qu'un étranger ne détient aucun droit à l'exercice par le préfet de son pouvoir de régularisation.

5. En troisième lieu, M. A soutient que la décision en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale, au regard des buts poursuivis, en violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il fait valoir, en particulier, qu'il est entré durant sa minorité en France, où il a été scolarisé, que ses parents et sa fratrie y résident aussi, qu'il est titulaire d'un contrat de travail à durée indéterminée en qualité d'agent polyvalent dans la restauration rapide et qu'il dispose de son propre logement. Toutefois, il ressort du dossier que, majeur depuis le 5 février 2020, il n'a jamais vécu en France sous couvert d'un titre de séjour et s'est maintenu sur le territoire français en violation de la décision d'éloignement du 19 octobre 2021 qu'il déclare ne pas avoir exécutée. En outre, il ne conteste pas les pièces versées par le préfet établissant qu'il a fait preuve d'un comportement inapproprié et d'un manque de sérieux au cours des deux ans de sa scolarité préparatoire au CAP, diplôme qu'il n'a pu obtenir, après avoir abandonné son poste d'apprenti. Le contrat de travail à mi-temps signé le 1er août 2021, qui est irrégulier, dès lors que l'intéressé y est présenté comme étant de nationalité française, ne démontre à lui seul aucune insertion professionnelle significative. Par ailleurs, M. A, célibataire et sans charge de famille en France, ne produit aucun élément de nature à établir la réalité de la présence, en situation régulière, des membres de sa famille proche et l'existence de liens particulièrement intenses rendant indispensable son maintien à leurs côtés. Au demeurant, il ne fait état d'aucun élément faisant obstacle à que ces personnes puissent lui rendre visite hors de France, et notamment en Albanie. Enfin, le requérant n'apparaît pas dépourvu d'attaches personnelles ou familiales dans son pays d'origine, où il a passé l'essentiel de son existence et où rien n'indique qu'il serait dans l'impossibilité de se réinsérer. Par suite, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.

6. En quatrième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 5, M. A n'est pas fondé à soutenir que la décision contestée est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Sur le refus d'un délai de départ volontaire :

7. En premier lieu, à supposer que le requérant ait entendu invoquer, par voie d'exception, l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision par laquelle le préfet a refusé de lui accorder un délai de départ volontaire, il résulte de ce qui précède qu'il n'est pas fondé à le faire ;

8. En second lieu, M. A n'ayant pas exécuté la précédente mesure d'éloignement décidée à son égard, il n'est pas fondé à soutenir que le préfet aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en lui refusant l'octroi d'un tel délai.

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois :

9. En premier lieu, les décisions dont la légalité a été examinée aux points précédents n'étant pas déclarées illégales, M. A n'est pas fondé à exciper de leur illégalité à l'encontre de la décision lui interdisant de revenir sur le territoire français pendant douze mois à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français.

10. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder trois ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. ( ) ".

11. Il ressort du dossier que M. A ne justifie d'aucune circonstance humanitaire justifiant que le préfet de la Loire écarte l'application des dispositions précitées de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par ailleurs, la durée de cette interdiction, limitée à douze mois, ne revêt pas le caractère d'une mesure disproportionnée au regard de la situation particulière du requérant.

Sur la décision portant assignation à résidence :

12. À supposer que le requérant ait entendu invoquer l'illégalité de l'obligation de quitter le territoire français, il ressort du dossier qu'il n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision à encontre de la mesure d'assignation à résidence prise en vue d'en garantir l'exécution.

13. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.

Copie en sera adressée au préfet de la Loire.

Fait à Lyon, le 9 septembre 2024.

Le président,

Gilles Hermitte

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition,

Le greffier,

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions