lundi 9 septembre 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY00270 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. C B et Mme D A, épouse B, ont demandé au tribunal administratif de Grenoble d'annuler les décisions du 23 novembre 2023 par lesquelles le préfet de la Haute-Savoie leur a ordonné de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a désigné le pays à destination duquel ils pourront être reconduits d'office, à l'expiration de ce délai, et a prononcé une interdiction de retour sur le territoire français d'un an.
Par un jugement nos 2307993-23LY07994 du 5 janvier 2024, le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 31 janvier 2024, M. et Mme B, représentés par Me Blanc, demandent à la cour :
1°) d'annuler le jugement du président du tribunal administratif de Grenoble du 5 janvier 2024 ;
2°) d'annuler pour excès de pouvoir les décisions par lesquelles le préfet de la Haute-Savoie a refusé de les admettre au séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, avec interdiction de retour sur le territoire français pendant une durée d'une année ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sans délai leurs dossiers ;
4°) d'enjoindre au préfet de leur délivrer des cartes de séjour et, dans l'attente, de leur remettre des récépissés de demande de titre de séjour ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des dispositions combinées de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991.
Ils soutiennent que :
S'agissant des décisions leur refusant l'admission au séjour :
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant des décisions portant obligation de quitter le territoire français et désignation du pays de destination :
- elles ont été prises en violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
S'agissant des décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elles sont insuffisamment motivées au regard des critères prévus à l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation.
La caducité de la demande d'aide juridictionnelle des époux B a été constatée par une décision du 29 mai 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. et Mme B, ressortissants albanais nés respectivement le 16 juin 1974 et le 22 août 1981, sont entrés irrégulièrement en France le 24 juillet 2023, selon leurs déclarations, accompagnés de leurs enfants mineurs et de la mère de l'épouse. La protection internationale, qu'ils ont sollicitée le 1er août 2023 pour eux et leurs enfants, leur a été refusée par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 23 octobre 2023, décisions notifiées le 8 novembre suivant, qu'ils ont contestées le 19 décembre 2023. Par des arrêtés du 23 novembre 2023, le préfet de la Haute-Savoie leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a désigné le pays de renvoi et leur a interdit de revenir sur le territoire français pendant un an. Les requérants font appel du jugement par lequel le président du tribunal administratif de Grenoble a rejeté leurs demandes tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur les décisions refusant l'admission au séjour :
3. En premier lieu, il ne ressort pas des arrêtés contestés que ceux-ci comporteraient des décisions refusant l'admission au séjour aux époux B, lesquels ne sollicitaient pas la délivrance de titres de séjour mais la reconnaissance, par les organismes compétents, du statut de réfugié ou l'octroi de la protection subsidiaire. Dès lors, les conclusions tendant à l'annulation de telles décisions sont dépourvues d'objet et donc irrecevables.
Sur les décisions portant obligation de quitter le territoire français :
4. L'obligation de quitter le territoire français n'emportant pas, par elle-même, désignation du pays de renvoi, le moyen tiré de la violation des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales est inopérant à l'encontre des décisions obligeant les requérants à quitter le sol français.
Sur les décisions portant interdiction de retour sur le territoire français :
5. Les époux B soutiennent que les décisions contestées sont entachées d'erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, ils ne justifient pas de circonstances imposant d'écarter la faculté laissée au préfet d'interdire à un étranger de revenir sur le territoire français en tenant compte, notamment, de l'ancienneté de son séjour et de ses liens avec la France, dès lors, en particulier, qu'ils ne séjournaient sur le sol national que depuis quatre mois à la date de ces décisions et qu'ils ne produisent aucun élément établissant qu'ils bénéficieraient d'attaches fortes et anciennes avec ce pays. Par suite, le moyen doit être écarté.
6. Enfin, M. et Mme B reprennent, pour le reste, les autres moyens exposés plus haut, qui ont déjà été soulevés devant le tribunal administratif de Grenoble. Ces moyens ont été écartés à bon droit par le jugement du président de cette juridiction. Dès lors, il y a lieu de les écarter par adoption des motifs de ce jugement, à l'encontre desquels les requérants ne formulent d'ailleurs aucune critique utile.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. et Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B, à Mme D A, épouse B, et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera adressée au préfet de la Haute-Savoie.
Fait à Lyon, le 9 septembre 2024.
Le président,
Gilles Hermitte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026