vendredi 20 décembre 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY00482 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SENET |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
Mme D G, Mme H A, M. C B, M. I F et Mme J K ont demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler la délibération du 28 janvier 2021 par laquelle le conseil municipal de la commune de Montluçon a accordé le bénéfice de la protection fonctionnelle à M. E Sistou.
Par un jugement n° 2100678 du 22 décembre 2023, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand a annulé cette délibération.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 22 février 2024, sous le n° 24LY00482, et un mémoire complémentaire enregistré le 5 mars 2024, M. Sistou, représenté par Me Perrouty (SELARL BCV Avocats), demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) de rejeter les demandes de Mme G, Mme A, M. B, M. F et Mme K présentées devant le tribunal administratif de Clermont-Ferrand ;
3°) de mettre à la charge de Mme G, Mme A, M. B, M. F et Mme K une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa demande de protection fonctionnelle entrait dans le champ d'application des dispositions de l'article L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales ;
- par jugement du 21 mars 2023, le tribunal correctionnel de Montluçon l'a relaxé des fins de la poursuite dont il était l'objet.
Par un mémoire enregistré le 3 mai 2024, Mme G, Mme A, M. B, M. F et Mme K, représentés par Me Senet, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. Sistou au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu le jugement attaqué et les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1-7° du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".
2. Par une lettre en date du 14 octobre 2020, M. E Sistou, élu au conseil municipal de Montluçon entre mars 2008 et mars 2014, et mis en examen pour des faits de prise illégale d'intérêts, a sollicité le bénéfice de la protection fonctionnelle de la commune. Par une délibération du 28 janvier 2021, le conseil municipal de la commune de Montluçon a accordé à l'intéressé le bénéfice de la protection fonctionnelle dans la limite d'un montant maximal d'honoraires de 4 000 euros toutes taxes comprises. A la demande de plusieurs conseillers municipaux, le tribunal administratif de Clermont-Ferrand, par un jugement n° 2100678 du 22 décembre 2023 dont M. Sistou relève appel, a annulé cette délibération.
3. Aux termes de l'article L. 2123-34 du code général des collectivités territoriales : " Sous réserve des dispositions du quatrième alinéa de l'article 121-3 du code pénal, le maire ou un élu municipal le suppléant ou ayant reçu une délégation ne peut être condamné sur le fondement du troisième alinéa de ce même article pour des faits non intentionnels commis dans l'exercice de ses fonctions que s'il est établi qu'il n'a pas accompli les diligences normales compte tenu de ses compétences, du pouvoir et des moyens dont il disposait ainsi que des difficultés propres aux missions que la loi lui confie. / La commune est tenue d'accorder sa protection au maire, à l'élu municipal le suppléant ou ayant reçu une délégation ou à l'un de ces élus ayant cessé ses fonctions lorsque celui-ci fait l'objet de poursuites pénales à l'occasion de faits qui n'ont pas le caractère de faute détachable de l'exercice de ses fonctions. /() "
4. Les dispositions citées au point précédent ne permettent à une commune d'accorder sa protection qu'au maire ou aux seuls élus municipaux suppléant le maire ou ayant reçu une délégation de la part de ce dernier. Or, il est constant que lors de la mandature 2008-2014, M. Sistou, conseiller municipal, n'avait pas la qualité de suppléant du maire de Montluçon et n'avait reçu aucune délégation de la part de ce dernier. Par suite, c'est à bon droit que les premiers juges ont prononcé l'annulation de la délibération du 28 janvier 2021 lui accordant le bénéfice de la protection fonctionnelle, prise sur le fondement de ces dispositions.
5. Il résulte de ce qui précède qu'en application des dispositions du code de justice administrative citées au point 1, et sans que le requérant puisse utilement se prévaloir du jugement de relaxe dont il a bénéficié, les conclusions à fin d'annulation présentées par M. Sistou, manifestement dépourvues de fondement, doivent être rejetées.
6. Aux termes de l'article L. 761-1 du code de justice administrative : " Dans toutes les instances, le juge condamne la partie tenue aux dépens ou, à défaut, la partie perdante, à payer à l'autre partie la somme qu'il détermine, au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Le juge tient compte de l'équité ou de la situation économique de la partie condamnée. Il peut, même d'office, pour des raisons tirées des mêmes considérations, dire qu'il n'y a pas lieu à cette condamnation ".
7. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de Mme G, Mme A, M. B, M. F et Mme K, qui n'ont pas la qualité de partie perdante dans la présente instance, une somme au titre des frais exposés par M. Sistou à l'occasion de celle-ci. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme G, Mme A, M. B, M. F et Mme K présentées sur le même fondement.
ORDONNE :
Article 1er :La requête de M. Sistou et les conclusions présentées par Mme G, Mme A, M. B, M. F et Mme K au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 2 :La présente ordonnance sera notifiée à M. E Sistou, à la commune de Montluçon et à Mme D G.
Fait à Lyon, le 20 décembre 2024.
Le premier vice-président de la cour,
Président de la 3ème chambre
Jean-Yves Tallec
La République mande et ordonne au préfet de l'Allier en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026