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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY00598

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY00598

mercredi 11 décembre 2024

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY00598
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés
Avocat requérantANDUJAR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du 21 septembre 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de renouveler son certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination.

Par un jugement n° 2309033 du 30 janvier 2024, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 1er mars 2023, Mme A B, représentée par Me Andujar, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler les décisions de la préfète du Rhône du 21 septembre 2023 ;

3°) d'enjoindre à l'autorité préfectorale de lui délivrer un certificat de résidence ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros à verser à son conseil au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- la décision de rejet de sa demande méconnaît l'article 6-7 de l'accord franco-algérien ;

- elle méconnaît l'article 6-7 b) de l'accord franco-algérien ;

- l'obligation de quitter le territoire français n'est pas motivée ;

- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

Mme A B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour des ressortissants algériens et de leurs familles ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel, les premiers vice-présidents des cours et les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement ".

2. Mme A B, ressortissante algérienne née en 1992, entrée en France le 16 mars 2017 sous couvert d'un visa de court séjour, a été munie, sur sa demande, d'un certificat de résidence valable du 22 juillet 2021 au 21 juillet 2022 délivré au titre de son état de santé. Le 8 novembre 2022, elle a demandé le renouvellement de ce certificat de résidence ou, à défaut, la délivrance du certificat de résidence prévu à l'article 7 b) de l'accord franco-algérien. Elle relève appel du jugement du 30 janvier 2024 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande d'annulation des décisions de la préfète du Rhône du 21 septembre 2023 refusant de faire droit à sa demande, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de destination.

3. En premier lieu, aux termes de l'article 6 de l'accord franco-algérien : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention "vie privée et familiale" est délivré de plein droit : / () / 7. Au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays () ".

4. Il ressort de l'avis du collège des médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration du 7 juin 2023 que l'état de santé de l'intéressée nécessitait une prise en charge dont le défaut pouvait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité mais qu'eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont elle était originaire, elle pouvait y bénéficier effectivement de traitements appropriés. Le collège des médecins a également estimé que son état de santé pouvait lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. Si Mme B prétend qu'elle ne pourra pas avoir effectivement accès en Algérie aux soins que nécessite son état de santé et à un traitement approprié, elle ne fournit aucune précision sur sa situation et ne verse à l'instance aucun élément de nature à justifier son allégation. Par suite, le moyen tiré de ce que la préfète a méconnu les stipulations précitées en refusant de faire à sa demande de renouvellement de titre de séjour ne peut qu'être écarté.

5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié : " Les dispositions du présent article et celles de l'article 7 bis fixent les conditions de délivrance du certificat de résidence aux ressortissants algériens autres que ceux visés à l'article 6 nouveau, ainsi qu'à ceux qui s'établissent en France après la signature du premier avenant à l'accord () b) Les ressortissants algériens désireux d'exercer une activité professionnelle salariée reçoivent après le contrôle médical d'usage et sur présentation d'un contrat de travail visé par les services du ministre chargé de l'emploi, un certificat de résidence valable un an pour toutes professions et toutes régions, renouvelable et portant la mention "salarié", cette mention constitue l'autorisation de travail exigée par la législation française () ". Aux termes de l'article L. 5221-2 du code du travail : " Pour entrer en France en vue d'y exercer une profession salariée, l'étranger présente : / 1° Les documents et visas exigés par les conventions internationales et les règlements en vigueur ; / 2° Un contrat de travail visé par l'autorité administrative ou une autorisation de travail. ".

6. Pour refuser à Mme B la délivrance du certificat de résidence portant la mention " salarié " prévu à l'article 7, b) de l'accord franco-algérien, la préfète du Rhône a relevé que l'intéressée, qui avait déclaré être titulaire de contrats à durée indéterminée, n'avait produit aucune autorisation de travail délivrée par les services compétents, ce qu'elle ne conteste pas. En se bornant à faire état de son expérience professionnelle, Mme B ne conteste pas utilement le motif de refus opposé par la préfète du Rhône.

7. En troisième lieu, si Mme B soutient que la mesure d'éloignement prise par la préfète méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes en l'absence de toute indication sur sa situation personnelle et familiale.

8. En quatrième lieu, enfin, Mme B reprend en appel le moyen qu'elle avait invoqué en première instance à l'encontre de l'obligation de quitter le territoire français tiré du défaut de motivation de cette décision. Il y a lieu de l'écarter par adoption des motifs retenus par le jugement attaqué.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions relatives aux frais liés à l'instance et aux fins d'injonction.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et à la préfète du Rhône.

Fait à Lyon, le 11 décembre 2024.

Le président de la 2ème chambre,

Dominique Pruvost

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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