mercredi 13 novembre 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY01101 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SELARL D'AVOCATS TOURNAIRE & MEUNIER |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand, sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, d'ordonner, au contradictoire de la commune de Riom Es Montagnes et de la société Somival Ingénierie, une expertise aux fins, d'une part, d'examiner les malfaçons recensées par la commune de Riom Es Montagnes lors des opérations préalables à la réception du réseau séparatif d'évacuation des eaux pluviales et des eaux usées dont elle a exécuté les travaux de pose, d'autre part, de déterminer si l'ouvrage devait être réceptionné, le cas échéant avec réserves, et à quelle date.
Par ordonnance n° 2400242 du 3 avril 2023, la présidente du tribunal a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 18 avril 2024, la société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes, représentée par la société Pôle Avocats Fribourg Forgette, demande à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) d'ordonner une expertise au contradictoire de la commune de Riom Es Montagnes et de la société Somival Ingénierie et de désigner un expert qui aura pour mission, après s'être procuré les pièces du marché, de rechercher les malfaçons au regard des normes techniques en vigueur, d'en décrire l'ampleur et d'en rechercher les causes, de déterminer si l'ouvrage devait être réceptionné, le cas échéant avec réserves, et à quelle date.
Elle soutient que :
- l'ordonnance attaquée, prise au visa du mémoire en défense de la commune de Riom Es Montagnes qui n'a pas été communiqué, est entaché de défaut de contradictoire et d'omission à statuer sur la demande d'expertise du bien-fondé du refus de réceptionner l'ouvrage ;
- l'expertise demandée présente une utilité dès lors que les tests réalisés à la demande du maître d'ouvrage ne sont pas fiables et que la réalité des désordres qui feraient obstacle à la réception n'est pas établie.
Par mémoire enregistré le 17 juin 2024, la société Somival Ingénierie, représentée par la société d'avocats Tournaire Meunier, acquiesce aux conclusions et moyens de la requête, et demande, en outre, que l'expertise se déroule au contradictoire de la société LRA Contrôle, de la société Alter IA, auteurs des essais de conformité, et de la société CIT, assistant du maître d'ouvrage.
Par mémoires enregistrés le 27 juin 2024, la commune de Riom Es Montagnes, représentée par Me Maisonneuve (société d'avocats Teillot et Associés), conclut au rejet de la requête et demande qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de la société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que les moyens de la requête ne sont pas fondés et que l'expertise demandée est dépourvue d'utilité.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
Sur la régularité de l'ordonnance attaquée :
Sans qu'il soit besoin de statuer sur l'autre moyen de la requête ;
1. Il résulte du dossier de première instance que le mémoire de la commune de Riom Es Montagnes, enregistré le 12 mars 2024, dont les conclusions et les moyens ont été visés et analysés par la juge des référés du tribunal, n'a pas été communiqué aux parties adverses. La société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes est, dès lors, fondée à soutenir que l'ordonnance attaquée a été rendue en méconnaissance du principe du contradictoire de l'article L. 5 du code de justice administrative, et à en demander l'annulation.
2. Il y a lieu pour le juge des référés de la cour d'évoquer et de statuer immédiatement sur la demande d'expertise présentée au tribunal par la société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes.
Sur le fond du litige :
3. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " le juge des référés peut sur simple requête () prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction () ".
4. Il résulte de l'instruction, d'une part, que les tests préparatoires à la réception réalisés par la société LRA Contrôle ont révélé de nombreuses non-conformités affectant le compactage des matériaux de remblai des canalisations et l'étanchéité de l'ouvrage, d'autre part, que ces malfaçons ont été, pour la plupart, confirmées à l'occasion de tests de contre-visite réalisés conformément au protocole du fascicule 70 du CCTG auquel se référaient les pièces du marché, enfin que les demandes d'investigations supplémentaires telles que les a formulées l'entreprise de travaux, relayées par le maître d'œuvre, tendant à obtenir des résultats de résistance à la compression plus favorables, n'auraient pas été conformes aux normes techniques s'imposant à la société LRA Contrôle. Il s'ensuit que la nature et la localisation des malfaçons sont suffisamment établies et ne nécessitent pas l'intervention d'un homme de l'art extérieur aux parties. En admettant même, ainsi que le soutient la requérante, que quelques malfaçons qu'elle a d'ailleurs identifiées, aient été maintenues par le maître d'ouvrage en violation du protocole du CCTG, il appartiendrait au juge du contrat saisi d'un litige s'y rapportant, de tirer les conséquences juridiques de cette violation sans qu'il soit nécessaire de recourir à un expert.
5. Enfin, les malfaçons étant connues et leur incidence sur le fonctionnement de l'ouvrage pouvant être appréhendée, il ne relève que du juge du contrat d'apprécier si elles faisaient ou non obstacle à la réception.
6. Il résulte de ce qui précède que la mesure d'expertise demandée ne peut être regardée comme utile au sens des dispositions citées au point 3 et que la demande présentée par la société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes doit être rejetée ainsi que, par voie de conséquence, la demande présentée par la société Somival Ingénierie.
Sur les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
7. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions présentées par la commune de Riom Es Montagnes.
ORDONNE :
Article 1er : L'ordonnance n° 2400242 du 3 avril 2023 de la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand est annulée.
Article 2 : La demande d'expertise présentée par la société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes est rejetée.
Article 3 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 4 : La présente ordonnance sera notifiée à la société Roger Martin Auvergne Rhône Alpes, à la commune de Riom Es Montagnes et à la société Somival Ingénierie.
Fait à Lyon, le 13 novembre 2024.
Le président de la 4ème chambre,
Ph. Arbarétaz
La République mande et ordonne au préfet du Cantal, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
La greffière,
1
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Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026