jeudi 28 novembre 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY01116 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. A A B a demandé au tribunal administratif de Lyon d'annuler les décisions du 17 mai 2023 par lesquelles la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a ordonné de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a désigné le pays à destination duquel il serait reconduit d'office, à l'expiration de ce délai.
Par un jugement n° 2308969 du 6 février 2024, le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour
Par une requête enregistrée le 18 avril 2024, M. A B, représenté par la SCP Robin-Vernet, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement du 6 février 2024 ;
2°) d'annuler les décisions préfectorales susmentionnées pour excès de pouvoir ;
3°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", dans le délai de quinze jours à compter de la décision à intervenir ou, à défaut, de lui remettre un récépissé, dans le même délai, dans le cadre du réexamen de sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la décision refusant la délivrance du titre de séjour sollicité :
- elle a été prise en violation des dispositions de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et est entachée d'erreur de fait, dès lors qu'il est à la charge de son père, de nationalité française, et qu'il était en séjour régulier ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, dès lors qu'il pouvait bénéficier des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours :
- elle est dépourvue de base légale, du fait de l'illégalité de la décision lui refusant la délivrance d'un titre de séjour ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation au regard de sa situation familiale et de ses projets professionnels ;
S'agissant de la décision fixant le pays de destination :
- elle doit être annulée, en conséquence de l'annulation des décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français.
La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A B a été rejetée par une décision du 13 mars 2024.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent, () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A B, ressortissant de la République de Djibouti né le 11 septembre 1992, est entré en France le 5 novembre 2021, muni d'un visa valable entre le 29 septembre et le 28 décembre 2021, où il a rejoint ses parents. Le 20 décembre 2022, il a sollicité la délivrance d'un titre de séjour sur le fondement des articles L. 423-12 et L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté contesté du 17 mai 2023, la préfète du Rhône lui a opposé un refus, assorti de l'obligation de quitter le territoire français, et a désigné le pays de renvoi. M. A B fait appel du jugement du 6 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Lyon a rejeté sa demande tendant à l'annulation de ces décisions.
Sur le refus de délivrance d'un titre de séjour :
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " S'il est âgé de dix-huit à vingt et un ans, ou qu'il entre dans les prévisions de l'article L. 421-35, ou qu'il est à la charge de ses parents, l'enfant étranger d'un ressortissant français se voit délivrer une carte de résident d'une durée de dix ans sous réserve de la production du visa de long séjour prévu au 1° de l'article L. 411-1 et de la régularité du séjour. () ".
4. Le requérant soutient que la décision de refus contestée méconnaît ces dispositions et qu'elle est entachée d'erreur de fait, s'agissant de la régularité de son séjour. Il fait valoir en particulier que son père, qui réside en France avec son épouse depuis 2013, a été réintégré dans la nationalité française en mars 2022 et qu'il le prend en charge et l'héberge. Toutefois, par la seule production d'un justificatif de transfert de 110 euros, le 13 mars 2021, provenant de son père, et d'un virement de 2 042 euros reçu en Chine en juillet 2019 dont l'émetteur " BGEDF " n'est pas identifiable, il n'établit pas qu'il était à la charge de son père avant son entrée sur le sol français et qu'il l'est depuis qu'il y est entré. Il ressort également des pièces du dossier qu'il n'a pas produit, à l'appui de sa demande de carte de résident, le visa de long séjour délivré par les autorités consulaires françaises exigé par ces dispositions, mais seulement un visa de court séjour autorisant des entrées multiples, pour une durée de séjour cumulée de quatre-vingt-dix jours au plus, entre le 29 septembre et le 28 décembre 2021. Ainsi, l'intéressé, qui s'est maintenu dans ce pays après l'expiration de ce visa, ne justifiait pas d'un séjour régulier à la date de sa demande. Par suite, il n'est pas fondé à soutenir qu'en lui refusant la délivrance de la carte sollicitée, la préfète du Rhône aurait entaché sa décision d'erreurs de droit et de fait.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des éléments versés au dossier que l'autorité préfectorale aurait commis une erreur manifeste d'appréciation dans l'exercice de son pouvoir général de régularisation en lui refusant le titre de séjour sollicité.
6. En troisième lieu, ni la demande de M. A B ni la décision contestée n'ont été fondées sur les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Dès lors, le moyen tiré de ce que la préfète du Rhône aurait commis une erreur manifeste d'appréciation en refusant de l'admettre au séjour à titre exceptionnel est inopérant à l'encontre de la décision contestée.
7. En quatrième lieu, le requérant soutient que cette décision porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Toutefois, il ressort des pièces qu'il produit que M. A B a quitté Djibouti en janvier 2015 pour étudier en Chine, où il a séjourné jusqu'en janvier 2020 sous couvert de quatre permis de résidence. Il n'établit pas avoir entretenu des relations étroites avec son père, installé en France depuis 2013, avant son entrée sur le territoire français, le 5 novembre 2021. Il ressort aussi du formulaire de demande daté du 19 décembre 2022 qu'il a déclaré avoir deux frères, dont un jumeau, à Djibouti, où son père a effectué de nombreux voyages depuis la France, tandis que l'intéressé résidait en Chine. Ainsi, contrairement à ce qu'il soutient, il n'apparaît pas qu'il serait dépourvu de toute attache, notamment familiale, dans son pays d'origine. Il n'apparaît pas davantage que M. A B, dont l'installation en France demeure récente, bénéficierait d'une intégration ancienne, intense et stable au sein de la société française ni d'une insertion socioprofessionnelle particulière, de nature à lui conférer un droit au séjour. Enfin, il ne fait état d'aucune circonstance faisant obstacle à ce qu'il se réinsère à Djibouti, où il pourra mettre à profit les acquis de sa formation professionnelle. Dès lors, les moyens tirés de la violation des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
Sur l'obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, le requérant n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de la décision lui refusant un titre de séjour à l'appui de ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français.
9. En second lieu, en l'absence d'argument spécifique à l'encontre de cette décision d'éloignement, M. A B n'est pas fondé à soutenir qu'elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation, pour les mêmes motifs de fait que ceux exposés au point 7 ci-dessus.
Sur la décision fixant le pays de destination :
10. Les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français n'étant pas annulées, M. A B n'est pas fondé à demander l'annulation, par voie de conséquence, de la décision par laquelle la préfète du Rhône a désigné le pays de retour.
11. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, elle doit être rejetée, y compris en ses conclusions aux fins d'injonction et de mise à la charge de l'État des frais exposés et non compris dans les dépens.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A A B et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée à la préfète du Rhône.
Fait à Lyon, le 28 novembre 2024.
Le président,
signé
Gilles Hermitte
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition,
Le greffier,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026