vendredi 9 août 2024
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY02212 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Publication | D |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
M. B A, représenté par Me Salas, a demandé au tribunal administratif de Clermont-Ferrand d'annuler des saisies administratives à tiers détenteur émises à son encontre, les 12 septembre 2023 et 9 février 2024, pour des montants respectifs de 8 471,75 euros et 6 490,62 euros, par un comptable de la direction régionale des finances publiques Auvergne-Rhône-Alpes, d'enjoindre à l'administration de lui restituer les sommes indument prélevées pour un montant total de 21 897 euros et de condamner la direction régionale des finances publiques Auvergne-Rhône-Alpes à lui verser la somme de 5 000 euros à titre de dommages-intérêts.
Par une ordonnance n° 2400578 du 28 mai 2024 la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Procédure devant la cour
Par une requête, enregistrée le 29 juillet 2024, M. B A, représenté par Me Salas, demande à la cour :
1°) d'annuler l'ordonnance n° 2400578 du 28 mai 2024 de la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand ;
2°) d'annuler les saisies administratives à tiers détenteur émises à son encontre le 12 septembre 2023 sur le fondement d'une décision de retrait en date du 11 juin 2021 ;
3°) d'enjoindre à l'administration de lui restituer les sommes indument prélevées pour un montant total de 21 897 euros ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 5 000 euros à lui verser à titre de dommages et intérêts en réparation de son préjudice.
Il soutient que :
- installé à Villeurbanne en qualité d'auto-entrepreneur depuis 2007, il a transféré son domicile et son activité à Domerat en 2018 et en a informé l'administration comme en atteste l'avis d'impôt sur les revenus perçus en 2019 ;
- il n'a pas pu contester la lettre du 11 juin 2021 par laquelle l'administration lui a réclamé le remboursement de 19 906 euros, correspondant à des sommes qu'il aurait indûment perçues au titre du fonds de solidarité créé par l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020, n'ayant pas reçu ce courrier, qui lui a été adressé à Villeurbanne ;
- il a obtenu le 14 novembre 2022, ce courrier du 11 juin 2021 ainsi qu'un courrier du 25 mars 2022 portant rejet de sa réclamation, alors qu'une mise en demeure adressée le 25 juin 2022 à Domerat prouve que l'administration connaissait bien sa nouvelle adresse ;
- il a formé le 26 décembre 2022 une demande de référé suspension et un recours pour excès de pouvoir contre la décision du 11 juin 2021, lui réclamant le remboursement de 19 906 euros, mais sa demande en référé a été rejetée par une ordonnance du 3 janvier 2023 et sa demande au fond a fait l'objet d'un désistement d'office, constaté par une ordonnance du 17 mars 2023, ce qui l'a conduit à former une nouvelle demande, rejetée comme tardive et irrecevable par une ordonnance du 30 mai 2023 frappée d'appel ;
- il a déposé le 11 mars 2024 une nouvelle demande excipant de l'illégalité de la décision du 11 juin 2021, afin de contester les saisies administratives à tiers détenteur émises à son encontre le 12 septembre 2023, et cette demande a été rejetée par une ordonnance du 28 mai 2024 fondée sur le caractère définitif de cette décision du 11 juin 2021 ;
- la décision du 11 juin 2021 n'est pas définitive dès lors que la requête contestant l'ordonnance du 30 mai 2023 était toujours pendante ;
- le courriel du 14 novembre 2022 ne saurait constituer le point de départ du délai de recours contre cette décision, dès lors qu'il ne précise pas les voies et délais de recours et n'est pas un pli fermé et recommandé avec avis de réception en méconnaissance des articles L. 103 et R. 103-1 du livre des procédures fiscales et R. 611-3 du code de justice administrative ;
- l'irrégularité de la décision de rejet d'une réclamation a pour effet de ne pas faire courir le délai imparti au contribuable pour contester cette décision ;
- un accusé de réception du 29 septembre 2021 ne mentionne pas la date à laquelle la demande sera considérée comme rejetée, ni la juridiction susceptible de recevoir le recours ;
- la décision de rejet de la réclamation, en date du 25 mars 2022, n'a jamais été reçue, en dehors du courriel du 14 novembre 2022 qui ne mentionne pas les voies et délais de recours ;
- la décision du 11 juin 2021 est entachée d'une absence de respect du principe du contradictoire, d'une méconnaissance du délai de prescription concernant le retrait des décisions illégales créatrices de droit, d'une erreur de fait concernant le montant des sommes qu'il a perçues, d'une erreur de droit sur le calcul de ces aides ;
- il est par suite fondé à demander la main levée des saisies administratives à tiers détenteur du 12 septembre 2023 et la restitution des fonds saisis ;
- il est également fondé à demander l'indemnisation du préjudice causé par la décision de retrait de l'octroi de l'aide Covid et les procédures résultant de ce retrait qui l'ont plongé dans une dépression dont il peine à sortir.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le livre des procédures fiscales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;
- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;
- le code de justice administrative ;
Considérant ce qui suit :
1. D'une part, aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Par une lettre du 11 juin 2021 le directeur général des finances publiques a informé M. B A qu'un titre de perception d'un montant total de 19 906 euros sera émis à son encontre pour la récupération de sommes indûment perçues, pour la période de mars à août 2020, au titre du fonds de solidarité institué pour faire face à l'épidémie de covid-19 par l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020. Le titre de perception correspondant a effectivement été émis le 6 juillet 2021 à l'encontre de M. A, qui a formé une réclamation préalable, dont il a été accusé réception le 28 septembre 2021, et cette réclamation a été rejetée par une décision du 25 mars 2022. Un comptable public de la direction régionale des finances publiques d'Auvergne-Rhône-Alpes ayant procédé les 12 septembre 2023 et 9 février 2024 à des saisies administratives à tiers détenteurs (SATD), M. A a présenté au tribunal administratif de Clermont-Ferrand une demande enregistrée le 11 mars 2024 sous le n° 2400578 tendant à l'annulation de ces décisions, à la restitution des sommes indûment prélevées et à l'indemnisation des préjudices résultant de la lettre du 11 juin 2021 et de la procédure de mise en recouvrement consécutive, en excipant de l'illégalité de la lettre du 11 juin 2021 qu'il qualifie de décision de retrait de décisions créatrices de droit. La présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté sa demande, sur le fondement du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, par l'ordonnance n° 2400578 du 28 mai 2024 dont il interjette appel, au motif que M. A n'était pas recevable à exciper de l'illégalité de cette lettre du 11 juin 2021 devenue définitive.
3. Si M. A soutient que la décision du 11 juin 2021 n'était pas définitive aux motifs qu'elle ne lui aurait pas été régulièrement notifiée et qu'un appel était encore pendant contre l'ordonnance n° 2301042 du 30 mai 2023, par laquelle la présidente du tribunal administratif de Clermont-Ferrand a rejeté l'une de ses demandes dirigées contre cette décision, les courriers par lesquelles l'administration se borne à informer un administré de ce que des titres de perception seront ultérieurement émis pour la récupération de montants versés à tort au titre du fonds de solidarité créé par l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ne constituent pas des décisions de retrait d'actes créateurs de droit susceptibles de faire l'objet d'un recours pour excès de pouvoir, ces courriers ayant seulement, ainsi que l'a jugé la cour par un arrêt n° 23LY02841 du 4 juillet 2024, le caractère de mesures préparatoires à l'émission de titres de perception susceptibles d'être contestés par des recours de plein contentieux. Dès lors, la requête présentée par M. A au tribunal administratif de Clermont-Ferrand ne contenant qu'un moyen inopérant, tiré de l'illégalité d'une lettre d'information du 11 juin 2021 ne faisant pas grief, M. A n'est pas fondé à se plaindre de son rejet sur le fondement des dispositions du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
4. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A doit être regardée comme étant manifestement infondée. L'ordonnance attaquée ayant été notifiée au requérant le 31 mai 2024, le délai d'appel est expiré. Dès lors, cette requête peut être rejetée par ordonnance en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie pour information en sera adressée au directeur régional des finances publiques Auvergne-Rhône-Alpes.
Fait à Lyon, le 9 août 2024.
Le président de la 6ème chambre,
François Pourny
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026