vendredi 14 mars 2025
| Juridiction | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| Section | COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON |
| N° Dossier | CAA69-24LY02819 |
| Type | Ordonnance |
| Publication | C |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | GUIEN LUGNANI & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure
La société Lifteam a demandé au tribunal administratif de Grenoble de condamner la commune de Donzère à lui verser la somme de 299 054,34 euros TTC, outre intérêts moratoires capitalisés, en rémunération des prestations ayant excédé le forfait de rémunération du marché du lot n° 3 Structure bois des travaux de construction de la salle des sports municipale.
Par jugement n° 2105737 du 5 août 2024, le tribunal a condamné la commune de Donzère à verser à la société Lifteam une indemnité de 208 821,18 euros TTC, outre intérêts moratoires à compter du 15 mars 2021 et capitalisation au 15 mars 2022 et à chaque échéance annuelle.
Procédure devant la cour
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 3 octobre 2024 et le 7 février 2025, la commune de Donzère, représentée par Me Raimbault (Selarl Lex Publica), demande à la Cour d'ordonner le sursis à l'exécution de ce jugement jusqu'à ce qu'il soit statué sur la requête n° 24LY02218 tendant à son annulation.
La commune de Roissard soutient que :
- l'exécution du jugement l'expose à des risques de perte définitive de la condamnation, au sens de l'article R. 811-16 du code de justice administrative, en raison de la faiblesse des résultats comptables de la société Lifteam ;
- les moyens tirés de l'exception de forclusion reposant sur l'article 3.8.2 du CCAG, de l'absence de faute imputable au maître d'ouvrage à l'origine des surcoûts indemnisés et, subsidiairement, de l'existence d'une faute de l'entreprise ayant concouru de manière prépondérante aux surcoûts dont elle demande le paiement établissent le bien-fondé de la requête d'appel présentée dans l'instance n° 24LY02818.
Par mémoires enregistrés le 5 décembre 2024 et 5 mars 2025 (celui n'ayant pas été communiqué), la société Lifteam, représentée par Me Guien (Scp Guien, Lugnani et Associés) conclut au rejet de la requête et demande à la cour de mettre à la charge de la commune de Donzère une somme de 10 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'article R. 811-16 du code de justice administrative subordonne le sursis à exécution à la seule condition du risque de perte pécuniaire définitive, sans égard au bien-fondé des moyens invoqués en appel ;
- en l'espèce, il est établi qu'un tel risque n'existe pas ;
- subsidiairement, les moyens invoqués à l'appui de la requête d'appel ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
- le code des marchés publics ;
- le code de la commande publique ;
- le décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience ;
Après avoir entendu au cours de l'audience publique du 13 mars 2025 :
- le rapport de M. A,
- les observations de Me Raimbault pour la commune de Donzère, et celles de Me Guien pour la société Lifteam ;
Considérant ce qui suit :
Sur les conclusions de la requête :
1. Aux termes de l'article R. 811-16 du code de justice administrative : " Lorsqu'il est fait appel par une personne autre que le demandeur en première instance, la juridiction peut, à la demande de l'appelant, ordonner () qu'il soit sursis à l'exécution du jugement déféré si cette exécution risque d'exposer l'appelant à la perte définitive d'une somme qui ne devrait pas rester à sa charge dans le cas où ses conclusions d'appel seraient accueillies ".
2. Eu égard tant aux résultats d'exploitation qu'elle a dégagés sur les exercices comptables 2019 à 2024 qu'à ses actifs disponibles, la société Lifteam présente les garanties de solvabilité lui permettant de rembourser tout ou partie de la condamnation prononcée en première instance dans le cas où les conclusions présentées dans l'instance n° 24LY02818 seraient accueillies.
3. Il s'ensuit que la commune de Donzère n'est pas fondée à soutenir que la poursuite de l'exécution du jugement attaqué, l'exposerait à la perte définitive de tout ou partie de la somme de 299 054,34 euros. Le bien-fondé des moyens invoqués par l'appelante n'étant pas au nombre des conditions énoncées par l'article R. 811-16 précité du code de justice administrative, la requête doit être rejetée.
Sur les conclusions présentées par la société Lifteam au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative :
4. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge de la commune de Donzère une somme de 1 500 euros au titre des frais de l'instance exposés par la société Lifteam.
ORDONNE :
Article 1er : La requête présentée par la commune de Donzère est rejetée.
Article 2 : La commune de Donzère versera à la société Lifteam une somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à la commune de Donzère et à la société Lifteam.
Fait à Lyon, le 14 mars 2025.
Le président de la 4ème chambre
Ph. A
La République mande et ordonne au préfet de la Drôme, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026