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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA69-24LY02984

COUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON — Décision N° CAA69-24LY02984

mercredi 4 décembre 2024

JuridictionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
SectionCOUR ADMINISTRATIVE D'APPEL DE LYON
N° DossierCAA69-24LY02984
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure

M. A B a demandé au tribunal administratif de Lyon, d'une part, d'annuler l'arrêté du 23 février 2024 par lequel la préfète du Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire dans le délai de trente jours, a désigné l'Arménie, Etat dont il a la nationalité, comme pays de renvoi et l'a interdit de retour sur le territoire pendant douze mois, d'autre part, d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement, de réexaminer sa situation.

Par jugement n° 2403174 du 23 juillet 2024, le tribunal a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour

Par une requête enregistrée le 20 octobre 2024, M. B, représenté par Me Bouhalassa, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement, ainsi que l'arrêté du 23 février 2024 le concernant ;

2°) d'enjoindre à la préfète du Rhône de lui délivrer un titre de séjour, subsidiairement, de réexaminer sa situation ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

M. B soutient que :

- le jugement est entaché d'omissions à statuer sur les moyens tirés du défaut d'examen particulier de sa situation et du défaut d'accès à des soins adaptés en Arménie ;

- le refus de titre repose sur un avis du collège médical de l'OFII entaché de caducité ;

- il est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation dès lors qu'un nouvel avis du collège médical n'a pas été sollicité ;

- il méconnaît l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile quant à l'accès à des soins adaptés en Arménie ;

- il méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle ;

- l'obligation de quitter le territoire repose sur un refus de titre entaché d'illégalité et méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'interdiction de retour repose sur un refus de titre et une obligation de quitter le territoire entachés d'illégalité, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.

M. B a été admis à l'aide juridictionnelle totale par décision du 18 septembre 2024 de la section administrative d'appel du bureau d'aide juridictionnelle.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la convention internationale des droits de l'enfant ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement () des cours () peuvent () par ordonnance () : 7° Rejeter () les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants ou des moyens qui ne sont assortis que de faits manifestement insusceptibles de venir à leur soutien ou ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien- fondé () ".

Sur la régularité du jugement attaqué :

2. D'une part, en jugeant au point 5 que M. B ne se prévalait d'aucune évolution de son état de santé justifiant une nouvelle consultation du collège médical de l'OFII, le tribunal a statué pour l'écarter comme non fondé, sur le moyen tiré du défaut d'examen particulier reposant sur la nécessité d'une seconde consultation. D'autre part, après avoir rappelé, au point 4, qu'il appartient à l'étranger dont les soins adaptés ont été reconnus comme accessibles au pays d'origine par le collège médical d'apporter la preuve contraire, le tribunal relève, au point 7 que les allégations de l'intéressé sur les pathologies dont il souffrirait ne sont appuyées d'aucun élément. Ce faisant, le tribunal a écarté comme non fondé le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que M. B qualifie, d'ailleurs à tort, d'erreur manifeste d'appréciation. Il s'ensuit que le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait entaché d'omissions à statuer doit être écarté comme manquant en fait.

Sur le fond du litige :

En ce qui concerne le refus de titre de séjour :

3. En premier lieu, ni le délai de trois mois ouvert au collège médical de l'OFII à compter de la transmission du certificat médial par l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile pour émettre son avis, ni la transmission sans délai de cet avis au préfet, prévue par l'article 8 de l'arrêté ministériel du 27 décembre 2016 relatif aux conditions d'établissement et de transmission des certificats médicaux, ne sont prescrits à peine d'irrégularité de la procédure d'instruction de la demande de titre de séjour. Il s'ensuit que le moyen tiré du vice de procédure caractérisé par le dépassement des délais d'émission de l'avis du collège médical puis de transmission de l'avis à la préfète du Rhône doivent être écartés comme inopérants.

4. En deuxième lieu, si le dépassement des délais qui viennent d'être évoqués peut rendre l'avis caduc et vicier la légalité interne de l'acte sur lequel il repose, c'est à la condition que l'état de santé du demandeur de carte de séjour temporaire d'étranger malade ou bien les conditions d'accès aux soins dans le pays d'origine aient évolué depuis l'émission de cet avis. Or, M. B n'établit pas que sa situation personnelle relèverait de l'une de ces deux circonstances, alors en outre que le collège médical a lui-même demandé un examen médical complémentaire avant d'émettre son avis, le 19 juin 2023. Dès lors, M. B n'est pas fondé à soutenir que la préfète du Rhône n'aurait pas fait reposer le refus de titre litigieux sur un examen particulier de sa situation en ne prenant pas l'initiative de reconsulter le collège médical de l'OFII.

5. En troisième lieu, M. B qui se borne à énumérer les pathologies dont il souffre, n'apporte aucun élément tendant à établir qu'il n'aurait pas accès à des soins adaptés en Arménie. Le moyen tiré de la méconnaissance de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est, en conséquence, appuyé d'aucun commencement de démonstration.

6. En cinquième lieu, M. B, qui a vécu jusqu'à l'âge de 54 ans en Arménie, y a nécessairement conservé des liens tandis que son épouse, également en situation irrégulière, n'a pas vocation à se maintenir en France et que lui-même ne se prévaut pas davantage qu'en première instance d'une intégration particulière. Il suit de là que les moyens tirés de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste d'appréciation, invoqués contre le refus de régularisation, doivent être écartés.

En ce qui concerne le surplus des conclusions :

7. L'exception d'illégalité du refus de séjour et le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, invoqués contre l'obligation de quitter le territoire, doivent être écartés par les motifs des points 3 à 6.

8. L'exception d'illégalité du refus de titre et de l'obligation de quitter le territoire et le moyen tiré de l'erreur manifeste d'appréciation, invoqués contre l'interdiction de retour sur le territoire de douze mois, doivent être écartés par les motifs des points 3 à 7.

9. Il résulte de ce qui précède que les moyens invoqués avant l'expiration du délai d'appel sont manifestement dépourvus de fondement et que les conclusions à fin d'annulation de la requête doivent être rejetées en application des dispositions précitées du 7° de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, celles présentées au titre des articles L. 911-1 et L. 911-2 du code de justice administrative, de l'article L. 761-1 du même code et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Lyon, le 4 décembre 2024.

Le président de la 4ème chambre

Ph. Arbarétaz

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis, en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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