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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA01708

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA01708

vendredi 6 septembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA01708
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
PublicationD
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans.

Par un jugement n° 2328670/2-1 du 6 mars 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête enregistrée le 14 avril 2024, M. A, représenté par Me Ahmad, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement du 6 mars 2024 du tribunal administratif de Paris ;

2°) d'annuler l'arrêté du 13 décembre 2023 du préfet des Hauts-de-Seine ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation.

Il soutient que :

- l'arrêté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- il fait obstacle à ce qu'il sollicite l'asile dans le cadre d'une demande de réexamen auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides ;

- l'interdiction de retour sur le territoire français n'est pas suffisamment motivée.

M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 10 avril 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. Par un arrêté du 13 décembre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine a obligé M. A, ressortissant bangladais, à quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné d'office et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. M. A relève appel du jugement du 6 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, en se bornant à faire état de l'arrivée au pouvoir dans son pays d'origine de la " Ligue Awami ", des persécutions auxquelles ses membres se seraient livrées et de ses craintes d'être recherché par ces derniers, M. A, dont la demande d'asile a, au demeurant, été rejetée par une décision du 28 juin 2022 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, confirmée le 4 avril 2023 par la Cour nationale du droit d'asile, n'apporte aucun élément sérieux et convaincant permettant de conclure au bien-fondé de ses craintes en cas de retour dans ce pays. Par suite, en décidant que l'intéressé pourra être éloigné d'office à destination du Bangladesh, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas méconnu les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

4. En deuxième lieu, si M. A fait valoir qu'il serait, selon ses dires, sur le point de solliciter le réexamen de sa demande d'asile auprès de l'OFPRA, il ne verse aucune pièce au dossier permettant d'établir avoir effectivement introduit une demande de réexamen auprès du préfet ni avoir manifesté auprès de ce dernier son intention de solliciter un tel réexamen. En tout état de cause, à supposer même qu'il aurait procédé à une telle demande, celle-ci est sans incidence sur la légalité de la décision d'éloignement mais fait seulement obstacle à son exécution tant que l'étranger bénéficie du droit de se maintenir sur le territoire. Par suite, M. A n'est pas fondé à soutenir que le préfet ne pouvait pas édicter à son encontre une mesure d'éloignement sur le fondement du 4° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

5. En troisième lieu, M. A reprend en appel le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français serait insuffisamment motivée. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le Tribunal au point 5 de son jugement. Par suite, le moyen tiré d'une insuffisance de motivation doit être écarté.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. A est rejetée

Article 2 : La présente décision sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Paris, le 6 septembre 2024.

La présidente de la 6ème chambre,

J. BONIFACJ

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

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