mercredi 25 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-24PA03098 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | KA |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler l'arrêté du 23 décembre 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
Par un jugement n° 2329485 du 28 février 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête sommaire, enregistrée le 12 juillet 2024, M. A, représenté par Me Ka, demande à la Cour :
1°) d'enjoindre au préfet de police de communiquer toutes les pièces préalables aux décisions prises à son encontre ;
2°) d'annuler le jugement n° 2329485 du 28 février 2024 de la magistrate désignée par le président du tribunal du tribunal administratif de Paris ;
3°) d'annuler l'arrêté 23 décembre 2023 par lequel le préfet de police lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.
4°) à titre principal, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir sous astreinte de 100 euros par jour de retard ; à titre subsidiaire, de réexaminer sa situation administrative dans un délai de dix jours à compter de cette notification ;
5°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 200 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
S'agissant de la régularité du jugement attaqué :
- le tribunal a dénaturé le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il n'a pas statué sur les conclusions tendant à la production de son entier dossier ;
- il a omis d'examiner le moyen tiré du manquement au principe de loyauté dans l'administration de la preuve.
S'agissant des décisions contestées dans leur ensemble :
- elles sont insuffisamment motivées ;
- elles sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elles méconnaissent son droit d'être entendu et le principe du contradictoire ;
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de destination :
- elles méconnaissent les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
S'agissant de la décision portant refus de délai de départ volontaire :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
S'agissant de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation.
Par une décision du 31 mai 2024, M. A a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par le bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 23 décembre 2023, le préfet de police a fait obligation à M. A, ressortissant ivoirien né le 18 novembre 1997, de quitter le territoire français sans délai de départ volontaire, a fixé le pays de destination de cette mesure d'éloignement et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. A interjette appel du jugement du 28 février 2024 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours () peuvent, par ordonnance : () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes ne comportant que () des moyens inopérants ou des moyens qui () ne sont manifestement pas assortis des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Les présidents de formation de jugement des cours () peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ()".
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. En premier lieu, les premiers juges, qui en tout état de cause n'ont pas " dénaturé " le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 542-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ont écarté ce moyen par une motivation suffisante au point 5 de leur jugement. Par ailleurs, si le tribunal n'a pas répondu au moyen tiré du manquement au principe de loyauté dans l'administration de la preuve, un tel moyen, se rapportant aux conditions d'interrogation du requérant durant la phase administrative, était inopérant à l'encontre de la décision contestée. Par suite, le jugement attaqué n'est pas entaché d'omissions à statuer.
4. En second lieu, si M. A fait valoir que les premiers juges n'ont pas statué sur les conclusions tendant à la production de son entier dossier, de telles conclusions dont dépourvues d'objet eu égard à la procédure contradictoire suivie. Le moyen doit ainsi, en tout état de cause, être écarté, sans qu'il soit besoin d'ordonner au préfet de communiquer l'entier dossier détenu par ses services.
Sur le bien-fondé du jugement attaqué :
5. M. A soutient que les décisions contestées sont insuffisamment motivées, sont entachées d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, méconnaissent son droit d'être entendu et le principe du contradictoire, méconnaissent les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation. Toutefois, il n'assortit ces moyens, dans l'état où il les soulève, d'aucune précision permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, ces moyens doivent être écartés. Enfin, aucune production complémentaire n'a été enregistrée à la Cour à l'expiration du délai de quinze jours, prévu à l'article R. 776-12 du code de justice administrative, suivant l'enregistrement de la requête.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A, en ce qu'elle tend à l'annulation du jugement du 28 février 2024 et de l'arrêté du 23 décembre 2023 doit être rejetée dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles aux fins d'injonction sous astreinte et celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Fait à Paris, le 25 septembre 2024.
Le président de la 9ème chambre,
S. CARRERE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0
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