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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-24PA03391

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-24PA03391

mercredi 26 février 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-24PA03391
TypeOrdonnance
Recoursplein contentieux
FormationJuge des référés
Avocat requérantBIDAULT

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

La société par actions simplifiée (SAS) Just Innovation a demandé au tribunal administratif de Paris d'annuler la décision du 8 juin 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de mars, avril, juillet, août et septembre 2020 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19.

Par un jugement n° 2216703 du 28 mai 2024, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :

Par une requête et un mémoire en réplique qui n'a pas été communiqué, enregistrés les 29 juillet 2024 et 12 février 2025, la SAS Just Innovation, représentée par Me Bidault, demande à la Cour :

1°) d'annuler le jugement n° 2216703 du 28 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l'annulation de la décision du 8 juin 2022 ;

2°) d'annuler la décision du 8 juin 2022 par laquelle le directeur général des finances publiques a rejeté ses demandes d'aide exceptionnelle pour les mois de mars, avril, juillet, août et septembre 2020 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le jugement attaqué est entaché d'irrégularité dès lors que son ampliation n'est pas revêtue de la signature du rapporteur, du président et du greffier, en méconnaissance des dispositions de l'article R. 741-1 du code de justice administrative ;

- elle est éligible aux aides sollicitées ;

- la tardiveté de sa demande est justifiée par l'état de santé de son gérant ;

- elle a régularisé sa situation dès que son gérant en a eu la possibilité ;

- il existe des incohérences dans le traitement des demandes d'aide par la direction générale des finances publiques dès lors qu'elle a pu bénéficier d'une aide au titre des mois de janvier et février 2021 alors même que ses demandes étaient tardives.

Par un mémoire en défense, enregistré le 7 novembre 2024, le ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir que les moyens de la requête ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 2020-290 du 23 mars 2020 ;

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 modifié ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Par une décision du 8 juin 2022, la direction générale des finances publiques a rejeté la demande d'aide exceptionnelle de la SAS Just Innovation pour les mois de mars, avril, juillet, août et septembre 2020 au titre du fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19. La SAS Just Innovation relève régulièrement appel du jugement du 28 mai 2024 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa requête.

2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents de formation de jugement () des cours () peuvent, par ordonnance : () / 7° () après l'expiration des délais de recours () rejeter les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). ".

Sur la régularité du jugement :

3. Il ressort de l'examen de la copie de la minute du jugement attaqué transmise à la Cour qu'elle comporte les signatures requises par les dispositions de l'article R. 741-7 du code de justice administrative. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit être écarté.

Sur le bien-fondé du jugement :

4. Ainsi que l'ont rappelé les premiers juges, en vertu des articles 3 et 3-1 du décret du 30 mars 2020 relatif au fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de Covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation, les demandes d'aide au titre des mois de mars et avril 2020 devaient être réalisées par voie dématérialisée, au plus tard le 31 juillet 2020. L'article 3-8 du même décret prévoit en outre que les demandes présentées pour les mois de juillet, août et septembre 2020 doivent être déposées au plus tard deux mois après la fin de la période mensuelle au titre de laquelle l'aide financière est demandée.

5. Il est constant que la SAS Just Innovation a déposé une demande d'aide pour les mois de mars, avril, juillet, août et septembre 2020 au plus tôt le 21 mars 2022, soit postérieurement à l'expiration des délais rappelés au point précédent. Le service, par courriel du 22 mars suivant, lui a indiqué que ces demandes ne pouvaient être prises en considération en raison de la tardiveté. La société a, le même jour, accusé réception de cette réponse et a persisté dans sa démarche, par courrier du 30 mai 2022, cette demande ayant été formellement rejetée le 8 juin suivant. Si la requérante soutient que l'état de santé de son gérant ainsi qu'un accident de la vie ne lui ont pas permis de formuler sa demande dans les temps, et se prévaut de ce qu'elle a bénéficié d'une aide pour les mois de janvier et février 2021 alors même que ses demandes étaient tardives, ces éléments sont sans incidence sur l'appréciation portée par la direction générale des finances publiques sur la tardiveté de sa demande. Ainsi, à supposer même qu'elle remplît les autres conditions pour pouvoir obtenir une aide au titre du fonds de solidarité Covid-19 pour les mois de mars, avril, juillet, août et septembre 2020, sa demande ne pouvait qu'être rejetée.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la SAS Just Innovation qui se borne à reprendre, sur l'ensemble des points mentionnés ci-dessus, son argumentation de première instance sans au demeurant apporter de pièces nouvelles, ne remet pas en cause l'appréciation en droit et en fait des moyens de première instance à laquelle se sont livrés à bon droit les premiers juges. Il suit de là que la requête de la SAS Just Innovation est manifestement dépourvue de fondement et doit être rejetée, en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, dans l'ensemble de ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l'instance.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de la SAS Just Innovation est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la SAS Just Innovation et au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.

Copie en sera adressée au service de la fonction financière et comptable de l'Etat de la direction générale des finances publiques.

Fait à Paris, le 26 février 2025.

Le président de la 9ème chambre,

S. CARRERE

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.0

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