mercredi 11 décembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-24PA03824 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A a demandé au Tribunal administratif de Melun de prononcer la décharge, en droits, intérêts de retard et majorations, des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux auxquelles son foyer fiscal a été assujetti au titre des années 2017 et 2018.
Par un jugement n° 2111678/3 du 4 juillet 2024, le Tribunal administratif de Melun a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 27 août 2024, M. A, représenté par Me Sultan, demande à la Cour :
1°) d'annuler ce jugement du 4 juillet 2024 ;
2°) de prononcer la décharge des impositions en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat le versement d'une somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les impositions, assises sur les dispositions des articles 109-1 et 111 du code général des impôts, sont mal fondées au motif, d'une part, que les sommes ainsi taxées résultent de la vérification de la comptabilité de la SARL BHB Bâtiment, laquelle n'est pas probante, cette société ne disposant d'ailleurs pas d'un compte bancaire professionnel à son nom séparé de celui ouvert au nom personnel de son gérant, M. D C, d'autre part, que les sommes ainsi taxées correspondent, en réalité, au produit de la vente d'un terrain par le requérant au profit de M. C pour 80 000 euros, à quoi se sont ajoutés des intérêts portant le montant à 84 685 euros qui est celui taxé à tort par le fisc.
La présente requête n'a pas été communiquée au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A l'occasion de la vérification de comptabilité de la SARL BHB Bâtiment, le service a constaté l'existence de versements effectués au bénéfice de M. A, sans contreparties pour la société, d'un montant global de 42 800 euros au cours de l'année 2017 et d'un montant global de 41 885 euros au cours de l'année suivante. Le vérificateur a déduit de ce constat que les sommes en cause étaient constitutives d'avantages occultes. Par une proposition de rectification du 28 juillet 2020, l'administration a alors notifié au foyer fiscal de M. A des cotisations supplémentaires d'impôt sur le revenu, dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers, ainsi que des suppléments de prélèvements sociaux, au titre des années 2017 et 2018. Par la présente requête, M. A, au nom du foyer fiscal, relève appel du jugement du 4 juillet 2024 par lequel le Tribunal administratif de Melun a rejeté ses conclusions tendant à la décharge de ces suppléments d'imposition.
2. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des formations de jugement des cours () peuvent () par ordonnance, () 7° Rejeter (), après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire, les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".
Sur le bien-fondé des impositions :
3. Aux termes de l'article 111 du code général des impôts : " Sont notamment considérés comme des revenus distribués : () c) Les rémunérations et avantages occultes ".
4. Pour contester la qualification d'avantages occultes que l'administration a attribuée aux sommes litigieuses, d'un montant de 42 800 euros au titre de l'année 2017 et d'un montant de 41 885 euros au titre de l'année 2018, M. A soutient, d'une part, que la comptabilité de la société BHB Bâtiment est dénuée de toute valeur probante, la société ne disposant en outre pas d'un compte professionnel à son nom mais utilisant le compte bancaire personnel de son gérant, M. C, d'autre part, que les sommes en cause ont pour origine la cession à M. C, par ses soins, d'un terrain situé en Algérie.
5. Toutefois, d'une part, ainsi que l'ont relevé à bon droit les premiers juges, la circonstance que la comptabilité d'une société soit regardée comme dénuée de valeur probante ne fait pas obstacle, par elle-même, à ce que l'administration utilise des éléments tirés de cette comptabilité pour opérer des rectifications, étant précisé que, contrairement à ce que soutient M. A, les mouvements à son profit figurant au compte 457 ouvert dans les écritures de la société BHB Bâtiment et qui ont servi à asseoir les impositions litigieuses, ne se retrouvent pas tous dans les sommes qui, créditées sur son compte personnel ouvert auprès de la Banque postale, résultent de virements ou de chèques émis à son profit par M. C, d'autre part, pour les motifs retenus à bon droit par les premiers juges et qu'il convient dès lors d'adopter, les documents produits par M. A pour établir que les sommes en cause auraient pour origine la vente par ses soins, à M. C, d'un terrain situé en Algérie au prix, stipulé en euros dans le document versé aux débats, de 80 000 euros, ne sont pas de nature à établir que la somme globale de 84 685 euros, réintégrée dans la base imposable du requérant à raison de 42 800 euros au titre de 2017 et de 41 885 euros au titre de 2018, proviendrait de cette cession alors même qu'en appel, M. A allègue que la différence entre 80 000 euros et 84 685 euros s'expliquerait par les intérêts que M. C lui a versés du fait du paiement échelonné du prix du terrain dès lors que, ainsi qu'il vient d'être dit, les documents produits ne sont pas de nature à établir la réalité même de cette cession, le service algérien du cadastre et de la conservation ayant au demeurant répondu qu'il n'était pas en mesure de répondre à la demande du requérant, faute pour le terrain dont s'agit de se situer dans une zone cadastrée.
6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. et Mme A est manifestement dépourvue de fondement au sens des dispositions de l'article R. 222-1 du code de justice administrative citées au point 2. Dès lors, elle ne peut qu'être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l'instance.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme B A.
Copie en sera adressée à la direction départementale des finances publiques de Seine-et-Marne.
Fait à Paris, le 11 décembre 2024.
Le président de la 7ème chambre,
B. AUVRAY
La République mande et ordonne au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics, en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026