jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Paris |
| Section | Cour administrative d'appel de Paris |
| N° Dossier | CAA75-25PA00598 |
| Type | Décision |
| Recours | plein contentieux |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | ELBAZ |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
La société par actions simplifiée (SAS) Kermina a demandé au tribunal administratif de Paris de prononcer la décharge des cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés auxquelles elle a été assujettie au titre des exercices clos en 2016, 2017 et 2018, des rappels de taxe sur la valeur ajoutée mis à sa charge au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 et de l'amende qui lui a été infligée sur le fondement de l'article 1759 du code général des impôts.
Par jugement n° 2213695 du 1er octobre 2024, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
I - Par une requête, enregistrée le 28 novembre 2024 sous le numéro 24PA04889, la SAS Kermina, représentée par Me Elbaz, avocat, demande à la Cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2213695 du 1er octobre 2024 du tribunal administratif de Paris ;
2°) de prononcer la décharge des impositions en litige ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 5 000 euros au titre de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
II - Par la présente requête, enregistrée le 10 février 2025, intitulée " référé suspension ", la SAS Kermina, représentée par Me Elbaz, avocat, demande à la Cour de prononcer le sursis à exécution du jugement du tribunal administratif de Paris n° 2213695 du 1er octobre 2024.
Elle soutient que la saisie administrative à tiers détenteur exercée le 1er octobre 2024 l'expose à de graves difficultés financières et l'empêche de régler son loyer et les salaires de ses salariés, et que la reconstitution des chiffres d'affaires et bénéfices taxables est radicalement viciée, la proposition de rectification étant en outre insuffisamment motivée.
Par une décision en date du 2 janvier 2025, la conseillère d'Etat, présidente de la Cour, a désigné M. Carrère, président de la 9ème chambre, pour statuer en qualité de juge des référés de la Cour.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général des impôts et le livre des procédures fiscales ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. A l'issue d'une procédure de vérification de comptabilité portant sur les années 2016 à 2018, la SAS Kermina a fait l'objet de cotisations supplémentaires d'impôt sur les sociétés au titre des trois exercices vérifiés, d'un montant de 27 597 euros dont 1 421 euros d'intérêt de retard et 7 479 euros de majoration de 40 % pour l'année 2016, 20 404 euros dont 539 euros d'intérêt de retard et 5 675 euros de majoration de 40 % pour l'année 2017 et 18 012 euros dont 178 euros d'intérêt de retard et 5 095 euros de majoration de 40 % pour l'année 2018. Elle a également fait l'objet de rappels de taxe sur la valeur ajoutée au titre de la période du 1er janvier 2016 au 31 décembre 2018 à hauteur de 28 081 euros dont 1 184 euros d'intérêt de retard et 7 685 euros de majoration de 40 % ainsi qu'une amende au titre de l'article 1759 du code général des impôts d'un montant de 198 521 euros. Ces compléments d'imposition, d'un montant total de 292 611 euros, en droits et pénalités, ont été mis en recouvrement le 30 avril 2021. La SAS Kermina a saisi le tribunal administratif de Paris d'une requête aux fins de décharge de ces impositions et amendes, rejetée en tout point par jugement du 1er octobre 2024. La société relève régulièrement appel de ce jugement par requête n° 24PA04889 visée ci-dessus et demande au juge des référés de la Cour, par la présente requête, d'en prononcer le sursis à exécution.
2. Aux termes du premier alinéa de l'article L. 521-1 du code de justice administrative : " Quand une décision administrative, même de rejet, fait l'objet d'une requête en annulation ou en réformation, le juge des référés, saisi d'une demande en ce sens, peut ordonner la suspension de l'exécution de cette décision, ou de certains de ses effets, lorsque l'urgence le justifie et qu'il est fait état d'un moyen propre à créer, en l'état de l'instruction, un doute sérieux quant à la légalité de la décision ". Aux termes de l'article L. 522-3 du même code : " Lorsque () il apparaît manifeste, au vu de la demande, que celle-ci () est recevable, le juge des référés peut la rejeter par une ordonnance motivée sans qu'il y ait lieu d'appliquer les deux premiers alinéas de l'article L. 522-1 ".
3. En premier lieu, en présentant dans la même requête, sans les hiérarchiser, et au demeurant sans citer les dispositions légales sur le fondement desquelles elles sont présentées, des conclusions aux fins de suspension et des conclusions aux fins de sursis à exécution du jugement, alors que de telles conclusions sont présentées, instruites et jugées selon des règles distinctes, la SAS Kermina entache la requête d'irrecevabilité.
4. En second lieu, et en tout état de cause, il ressort des dispositions de l'article L. 262 du livre des procédures fiscales que les créances dont les comptables publics sont chargés du recouvrement peuvent faire l'objet d'une saisie administrative à tiers détenteur notifiée aux dépositaires, détenteurs ou débiteurs de sommes appartenant ou devant revenir aux redevables. La saisie administrative à tiers détenteur emporte l'effet d'attribution immédiate prévu à l'article L. 211-2 du code des procédures civiles d'exécution. Elle a pour effet d'affecter, dès sa réception, les fonds dont le versement est ainsi demandé au paiement des sommes dues par le redevable, quelle que soit la date à laquelle les créances même conditionnelles ou à terme que le redevable possède à l'encontre du tiers saisi deviennent effectivement exigibles.
5. Il résulte des dispositions mentionnées, relatives à la saisie administrative à tiers détenteur, que l'effet de cette saisie, qui est le transfert à l'Etat de la propriété de la créance sur le contribuable, s'exerce et s'épuise dès notification au tiers détenteur, quelles que soient les conditions dans lesquelles les sommes détenues par le tiers sont ensuite effectivement versées. Par suite, eu égard à cet effet, la saisie à tiers détenteur en litige a produit tous ses effets à la date de l'enregistrement de la présente requête tendant à la suspension de cet acte.
6. Il résulte de ce qui a été dit aux points 4 et 5 de la présente ordonnance que les conclusions de la requête, quelle que soit leur qualification, sont irrecevables et doivent être rejetées selon la procédure prévue à l'article L. 522-3 précité du code de justice administrative, sans qu'il soit besoin d'examiner les moyens tirés du doute sérieux quant à la légalité des impositions en litige. Par suite, les conclusions de la requête présentées au titre des frais d'instance doivent également être rejetées.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de la SAS Kermina ne peut qu'être rejetée.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de la SAS Kermina est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à la société par actions simplifiée Kermina.
Copie en sera adressée à l'administrateur des finances publiques chargé de la direction régionale des finances publiques d'Île-de-France et de Paris (service du contentieux d'appel déconcentré - SCAD).
Fait à Paris, le 13 février 2025.
Le juge des référés,
S. CARRERE
La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
7
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026