Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Paris d’annuler l’arrêté du
20 janvier 2025 par lequel le préfet de police a refusé de lui délivrer un titre de séjour mention « salarié », l’a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours, et a fixé le pays de destination.
Par un jugement n° 2504684/1-3 du 10 juillet 2025, le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 29 juillet 2025, M. A..., représenté par Me Diallo, demande à la cour :
1°) d’annuler ce jugement ;
2°) d’annuler l’arrêté du 20 janvier 2025 du préfet de police ;
3°) de mettre à la charge de l’Etat le versement d’une somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l’arrêté est entaché d’un défaut de motivation et d’un défaut d’examen particulier de sa situation ;
- il méconnait les dispositions de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile imposant la motivation des décisions portant obligation de quitter le territoire français et est en conséquence entaché d’erreur de droit ;
- la décision de refus est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation car il justifiait pouvoir bénéficier d’une admission exceptionnelle au séjour ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français, non motivée, méconnait son droit d’être entendu ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale car elle est fondée sur une décision d’obligation de quitter le territoire elle-même illégale ;
- la décision refusant un délai de départ volontaire est illégale car elle est fondée sur une décision d’obligation de quitter le territoire elle-même illégale.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code des relations entre le public et l’administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. A..., ressortissant bissau-guinéen né le 10 novembre 1979 à Pelundo (Guinée-Bissau), entré en France le 5 janvier 2016 selon ses déclarations, a déposé le 5 avril 2024 une demande d’admission exceptionnelle au séjour par le travail auprès de la préfecture de police sur le fondement de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile. Cette demande a été rejetée par une décision du préfet de police du 20 janvier 2025 assortie d’une obligation de quitter le territoire et d’une décision fixant le pays de destination de son éloignement. M. A... relève appel du jugement du 10 juillet 2025 par lequel le tribunal administratif de Paris a rejeté sa demande tendant à l’annulation de l’arrêté du préfet de police contenant ces décisions.
2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les présidents des cours administratives d’appel, (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
3. En premier lieu, l’arrêté conteste vise les textes dont il est fait application et expose les circonstances de fait propres à la situation personnelle de M. A... qui le fonde. Dès lors, cet arrêté comporte l’énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de chacune des décisions attaquées, et permet ainsi au requérant d’en contester utilement le bien-fondé. Par suite, le moyen tiré de l’insuffisante motivation de l’arrêté doit être écarté. En outre il ressort de cette motivation que la situation de l’intéressé a fait l’objet d’un examen particulier.
4. En deuxième lieu, en vertu des dispositions de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, lorsque l’obligation de quitter le territoire français est fondée, comme c’est le cas en l’espèce, sur les dispositions du 3° de l’article L. 611-1 de ce même code, elle n’a pas à faire l’objet d'une motivation distincte de celle du refus de séjour, laquelle était, ainsi qu’il a été dit au point 3, suffisante. Par suite, les moyens tirés du défaut de motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français, de la méconnaissance de l’article L. 613-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile et de l’erreur de droit ne peuvent qu’être écartés.
5. En troisième lieu, le requérant reprend en appel les moyens, soulevés en première instance, tirés de ce que la décision lui refusant la délivrance d’un titre de séjour serait entachée d’erreur manifeste d’appréciation et de ce que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaîtrait son droit d’être entendu. Cependant, il ne développe au soutien de ces moyens aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause l’analyse et la motivation retenues par le tribunal administratif. Il y a lieu, dès lors, d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 4 à 6 du jugement attaqué.
6. En quatrième lieu, il résulte de ce qui a été dit ci-dessus que la décision portant obligation de quitter le territoire n’est pas entachée d’illégalité. Par suite, M. A... ne saurait se prévaloir, par la voie de l’exception, de l’illégalité de cette décision, pour demander l’annulation des décisions lui refusant un délai de départ volontaire et fixant le pays de destination de son éloignement.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d’appel présentée par M. A... est manifestement dépourvue de fondement et peut dès lors être rejetée en application des dispositions précitées de l’article R. 222-1 du code de justice administrative y compris, par voie de conséquence, ses conclusions présentées sur le fondement de l’article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera adressée au préfet de police.
Fait à Paris, le 25 novembre 2025.
Le président de la 3ème chambre,
Ph. DELAGE
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.