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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA75-25PA04031

Cour administrative d'appel de Paris — Décision N° CAA75-25PA04031

lundi 24 novembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Paris
SectionCour administrative d'appel de Paris
N° DossierCAA75-25PA04031
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantCARLES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B... A... a demandé au tribunal administratif de Montreuil d’annuler les arrêtés du 17 janvier 2025 par lesquels le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Par un jugement n° 2502398 du 15 juillet 2025, le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande.

Procédure devant la Cour :


Par une requête, enregistrée le 4 août 2025, M. A..., représenté par Me Carles, demande à la Cour :

1°) d’annuler le jugement n° 2502398 du 15 juillet 2025 du tribunal administratif de Montreuil ;

2°) d’annuler les arrêtés du 17 janvier 2024 par lesquels le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans ;

3°) d’enjoindre au préfet de la Seine-Saint-Denis de lui délivrer un titre de séjour dans un délai d’un mois, ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans le même délai, et de lui délivrer, dans cette attente, une attestation provisoire de séjour l’autorisant à travailler ;





4°) de mettre à la charge de l’Etat la somme de 1 800 euros H.T au titre des dispositions de l’article L. 761-1 du code de justice administrative et de l’article 37 de la loi du 10 juillet 1991, sous réserve que son conseil renonce à percevoir la part contributive de l’Etat.

Il soutient que :

Sur la décision portant refus de titre de séjour :
- la décision est entachée d’un défaut de motivation et d’examen sérieux de sa situation ;
- elle est entachée d’un vice de procédure au regard des dispositions de l’article R. 40-29 du code de procédure pénale dès lors que le préfet a irrégulièrement consulté le fichier du traitement des antécédents judiciaires (TAJ) ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 432-1 et L. 412-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que son comportement ne constitue pas une menace pour l’ordre public ;
- elle méconnaît la circulaire du 28 novembre 2012 ;
- elle méconnaît les dispositions de l’article L. 435-1 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors que le préfet n’a pas fait usage de son pouvoir de régularisation ;
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile dès lors qu’il peut prétendre à la délivrance d’un titre de séjour au titre de sa vie privée et familiale ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;

Sur la décision portant obligation de quitter le territoire français :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation ;

Sur la décision fixant le pays de renvoi :
- elle est illégale du fait de l’illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

Sur la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
- elle méconnaît les dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d’une erreur manifeste d’appréciation.

Par une décision du 12 novembre 2025, le bureau d’aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Paris, a admis M. A... au bénéfice de l’aide juridictionnelle totale.




Vu les autres pièces du dossier.

Vu :
la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales ;
l’accord entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement du Royaume du Maroc en matière de séjour et d’emploi du 9 octobre 1987 modifié ;
le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
le code de procédure pénale ;
le code des relations entre le public et l’administration ;
la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. M. B... A..., ressortissant marocain né le 2 décembre 1970, est entré en France le 3 novembre 2002, selon ses déclarations. Le 26 avril 2021, M. A... a sollicité la délivrance d’un titre de séjour au titre de séjour portant la mention « salarié » au titre de l’admission exceptionnelle au séjour. Par deux arrêtés du 17 janvier 2025, le préfet de la Seine-Saint-Denis a refusé de lui délivrer le titre de séjour sollicité, l’a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination et l’a interdit de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. A... interjette appel du jugement du 15 juillet 2025 par lequel le tribunal administratif de Montreuil a rejeté sa demande tendant à l’annulation de ces arrêtés.


2. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « (…) les présidents des formations de jugement des cours (…) peuvent, en outre, par ordonnance, rejeter (…) après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement (…) ».


3. Le requérant reprend en appel les moyens tirés de l’insuffisance de motivation, du défaut d’examen sérieux, de la consultation irrégulière du fichier du traitement des antécédents judiciaire, de la méconnaissance des articles L. 432-1 et L. 412-5 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de la méconnaissance de l’article L. 435-1 du même code dès lors que le préfet de la Seine-Saint-Denis n’a pas fait usage de son pouvoir de régularisation, de la méconnaissance de la circulaire du 28 novembre 2012, de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation soulevés à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Le requérant reprend également en appel les moyens tirés de l’exception d’illégalité de la décision portant refus de titre de séjour et de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales soulevés à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Enfin, le requérant reprend en appel les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions des articles L. 612-8 et L. 612-10 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, de la méconnaissance des stipulations de l’article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l’Homme et des libertés fondamentales et de l’erreur manifeste d’appréciation soulevés à l’encontre la décision portant interdiction de retour sur le territoire français. Toutefois, il ne développe, au soutien de ces moyens, aucun argument de droit ou de fait pertinent ni aucune pièce nouvelle de nature à remettre en cause l’analyse retenues par le tribunal administratif. Par suite, il y a lieu d’écarter ces moyens par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges aux points 3, 4, 6, 7, 9, 11, 12, 13, 14, 15, 16 et 18 du jugement attaqué.


4. En deuxième lieu, aux termes de l’article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : « L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « salarié », « travailleur temporaire » ou « vie privée et familiale », sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 (…) ». Aux termes de l’article L. 423-23 du même code : « L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention « vie privée et familiale » d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine (…) ».


5. Il résulte de ce qui a été dit au point 3 de la présente décision, ainsi que des motifs retenus par les premiers juges au point 12 de leur jugement que le préfet n’a pas méconnu les dispositions des articles L. 435-1 et L. 423-23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile, notamment, dès lors que, contrairement à ce que soutient M. A..., il ne justifie pas résider en France de manière habituelle et continue depuis 2018, ni de liens personnels et familiaux suffisamment intense, et que son insertion professionnelle n’est pas suffisamment stable en raison de son caractère récent et temporaire. Par suite, il y a lieu d’écarter le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions.


6. En troisième lieu, il résulte de ce qui a été dit au point 3 de la présente décision, ainsi qu’aux points 12, 14 et 18 du jugement attaqué, que le préfet de la Seine-Saint-Denis n’a pas commis d’erreur manifeste d’appréciation en obligeant M. A... à quitter le territoire français, ce dernier ne justifiant pas de liens personnels et professionnels suffisamment intenses. Dès lors, il y a lieu d’écarter le moyen tiré de l’erreur manifeste d’appréciation soulevé à l’encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français.


7. En dernier lieu, la décision portant obligation de quitter le territoire français n’étant pas illégale, l’exception d’illégalité de cette décision invoquée à l’appui des conclusions dirigées contre la décision refusant un délai de départ volontaire doit être écartée.


8. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel de M. A... est manifestement dépourvue de fondement. Il y a lieu de la rejeter en application des dispositions du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d’injonction, ainsi que celles portant sur les frais liés à l’instance.


O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. A... est rejetée.



Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B... A....
Copie en sera adressée au préfet de la Seine-Saint-Denis


Fait à Paris, le 24 novembre 2025.





Le président de la 1ère chambre,
I. LUBEN


La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.






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01/06/2026

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