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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE00073

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE00073

mardi 3 septembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE00073
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. C B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 4 octobre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination de sa reconduite et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an.

Par un jugement n° 2214449 du 19 décembre 2022, le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 11 janvier 2023, M. B, représenté par Me Savignat, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer, pour la durée de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- l'arrêté contesté a été pris par une autorité incompétente ;

- il est entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;

- la décision de rejet de sa demande d'asile, qui aurait été prise par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 18 juillet 2022 selon le préfet, ne lui a jamais été notifiée ;

- l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ;

- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant arménien né le 12 juin 1996 à Erevan, entré en France le 23 février 2022 selon ses déclarations, a présenté une demande d'asile enregistrée en guichet unique le 18 mars 2022 et placée en procédure accélérée. Sa demande d'asile a été rejetée par le directeur général de l'OFPRA par une décision du 18 juillet 2022 notifiée le 10 août 2022. Par un arrêté du 4 octobre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée d'un an. M. B relève appel du jugement du 19 décembre 2022 par lequel le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté et du défaut d'examen de la situation personnelle du requérant doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par le premier juge et exposés aux points 3 et 4 du jugement attaqué. Il ne ressort pas des pièces du dossier que Mme A n'était pas absente ou empêchée. Si le requérant fait valoir que le préfet devait examiner sa situation à la date de sa décision et non à la date de sa demande, il ne fait état d'aucune circonstance nouvelle depuis le 18 mars 2022 qui n'aurait été prise en compte par le préfet.

4. En deuxième lieu, M. B soutient, comme en première instance, que la décision de rejet de sa demande d'asile prise par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides le 18 juillet 2022 ne lui a jamais été notifiée. Toutefois, il ressort du relevé des informations de la base de données " TelemOfpra " édité le 4 octobre 2022, produit par le préfet des Hauts-de-Seine, dont les mentions font foi jusqu'à preuve du contraire, que cette décision lui a été notifiée le 10 août 2022, soit antérieurement à la date de l'arrêté attaqué du 4 octobre 2022. Si le requérant produit au soutien de ses allégations un relevé de " passage courrier " de l'association Coallia, auprès de laquelle il était domicilié, ne faisant pas apparaître de remise de courrier en juillet 2024, ce seul document n'est pas de nature à remettre en cause les mentions précises du relevé d'informations susmentionné. Par suite, le moyen doit être écarté.

5. En troisième lieu, le requérant soutient, comme en première instance, que l'arrêté contesté méconnaît les stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. S'il fait à cet égard valoir qu'un retour en Arménie l'exposerait à des traitements contraires à ces stipulations, il n'assortit pas ce moyen des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé. Par suite, le moyen, qui n'est d'ailleurs opérant qu'à l'encontre de la seule décision fixant le pays de renvoi, doit être écarté.

6. En quatrième lieu, les moyens soulevés contre la décision faisant obligation au requérant de quitter le territoire français étant écartés, le moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an serait illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français ne peut qu'être écarté.

7. En dernier lieu, pour les motifs exposés aux points 8 et 9 du jugement attaqué, qu'il y a lieu d'adopter, en assortissant la mesure d'éloignement d'une interdiction de retour durant un an, alors même que M. B n'a pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et que sa présence en France ne représenterait pas une menace pour l'ordre public, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas fait une inexacte application des critères prévus par les dispositions de l'article L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C B.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Versailles, le 3 septembre 2024.

La magistrate désignée,

O. DORION

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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