LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE00225

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE00225

mardi 1 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE00225
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif d'Orléans, d'une part, d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2023 par lequel le préfet de la Nièvre l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de douze mois, d'autre part, d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2023 par lequel le préfet du Cher l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours.

Par un jugement nos 2300034, 2300035 du 13 janvier 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté ses demandes.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 27 janvier 2023, M. B, représenté par Me Calvo Pardo, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les arrêtés contestés ;

3°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation dans le délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;

- le refus d'accorder un délai de départ volontaire ne répond à aucune des conditions permettant de prendre cette décision ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant un an est insuffisamment motivée ;

- elle a été prise en méconnaissance du droit d'être entendu ;

- elle est entachée d'une erreur d'appréciation et est disproportionnée ;

- l'assignation à résidence est entachée d'une erreur d'appréciation en l'absence de perspective raisonnable d'éloignement ;

- elle porte une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles, a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant tunisien né le 6 mars 1987, qui déclare être entré en France le 27 septembre 2021, a été interpellé le 4 janvier 2023 à Cosne-Cours-sur-Loire (58). Par un arrêté du même jour, le préfet de la Nièvre l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Par un second arrêté du même jour, le préfet du Cher l'a assigné à résidence pour une durée de quarante-cinq jours. M. B relève appel du jugement du 13 janvier 2023 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif d'Orléans a rejeté ses demandes d'annulation de ces deux arrêtés.

Sur la légalité de l'arrêté du préfet de la Nièvre :

En ce qui concerne l'obligation de quitter le territoire français :

3. Aux termes de l'article aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

4. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis le mois de septembre 2021, que sa présence en France ne constitue pas une menace à l'ordre public et qu'il dispose d'un passeport en cours de validité ainsi qu'un domicile fixe, gage de la stabilité de sa vie privée. Toutefois, présent en France depuis seize mois et célibataire sans charge de famille en France, M. B n'est pas dépourvu d'attaches dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-quatre ans. Dans ces conditions, la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

En ce qui concerne le refus d'accorder un délai de départ volontaire :

5. Aux termes de l'article L. 612-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger faisant l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français dispose d'un délai de départ volontaire de trente jours à compter de la notification de cette décision. () ". Aux termes de l'article L. 612-2 du même code : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il fait l'objet. " Aux termes de l'article L. 612-3 de ce code : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / 1° L'étranger, qui ne peut justifier être entré régulièrement sur le territoire français, n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour ; (). ".

6. Il ressort des pièces du dossier que, si M. B est entré sur le territoire espagnol le 27 septembre 2021 sous couvert d'un visa de court séjour valable jusqu'au 25 octobre 2021, il ne démontre pas être arrivé en France pendant la période de validité de ce visa. Dans ces conditions, M. B ne justifie pas être entré régulièrement sur le territoire français. Il est constant qu'il n'a pas sollicité la délivrance d'un titre de séjour à l'expiration de la durée de validité de ce visa. Dès lors, M. B se trouvait dans le cas où le risque que l'intéressé se soustraie à la décision d'éloignement prononcée son encontre est présumé. Par suite, en refusant à M. B un délai de départ volontaire, le préfet n'a pas fait une inexacte application des dispositions combinées des articles L. 612-2 et L. 612-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile cités au point précédent.

En ce qui concerne l'interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an :

7. Aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / () ". Aux termes de l'article L. 612-10 du même code : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".

8. En premier lieu, il ressort des termes de la décision contestée que le préfet, après avoir constaté la situation irrégulière en France de l'intéressé, la durée de son séjour dans ce pays, son absence de lien personnel sur place et le fait qu'il n'établissait pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, a considéré que M. B ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, et que la durée de cette interdiction devait être fixée à douze mois. Dès lors que le préfet estimait que la présence de M. B ne constituait pas une menace à l'ordre public, il n'était pas tenu de le préciser expressément dans la décision en litige. De même, M. B n'ayant pas fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement, le préfet n'était pas davantage tenu de le mentionner. La motivation de la décision en litige atteste que le préfet a tenu compte de l'ensemble des critères prévus par la loi. Par suite, le préfet de la Nièvre a suffisamment motivé sa décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de douze mois.

9. En deuxième lieu, il résulte de la jurisprudence de la Cour de justice de l'Union européenne que le droit d'être entendu fait partie intégrante du respect des droits de la défense, principe général du droit de l'Union. Il appartient aux États membres, dans le cadre de leur autonomie procédurale, de déterminer les conditions dans lesquelles le respect de ce droit est assuré. Une atteinte au droit d'être entendu n'est toutefois susceptible d'affecter la régularité de la procédure à l'issue de laquelle une décision faisant grief est prise que si la personne concernée a été privée de la possibilité de présenter des éléments pertinents qui auraient pu influer sur le contenu de la décision, ce qu'il lui revient, le cas échéant, d'établir devant la juridiction saisie.

10. M. B soutient ne pas avoir été mis à même de présenter ses observations de façon spécifique sur la décision d'interdiction de retour sur le territoire français prise à son encontre. Il ressort toutefois des pièces du dossier, notamment du procès-verbal d'audition de M. B par les services de police sur sa situation administrative, que celui-ci a pu présenter les éléments pertinents relatifs à sa situation personnelle. S'il n'a pas fait valoir qu'il est important pour lui de pouvoir revenir en Europe même temporairement, il n'assortit cette allégation d'aucune précision. Par suite, cet élément n'étant pas susceptible d'avoir une incidence sur la décision d'interdiction de retour dont il a fait l'objet, le moyen tiré de la méconnaissance du droit d'être entendu doit être écarté.

11. En dernier lieu, au soutien de son moyen tiré de ce que la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an est disproportionnée, M. B se borne à faire valoir qu'il n'a jamais fait l'objet d'une mesure d'éloignement, que sa présence en France ne constitue pas une menace pour l'ordre public, qu'il ne représente pas une charge pour l'État français. Toutefois, de telles circonstances ne sont pas de nature à faire obstacle à l'édiction d'une interdiction de retour sur le territoire français. En outre, eu égard aux circonstances prises en compte par le préfet de la Nièvre et rappelées aux points précédents, la durée de l'interdiction de retour, fixée à un an, n'est pas disproportionnée. Il suit de là qu'en faisant interdiction à M. B de retourner sur le territoire français durant douze mois, le préfet de la Nièvre n'a pas fait une inexacte appréciation des dispositions rappelées au point 7 de la présente ordonnance.

Sur la légalité de l'arrêté du préfet du Cher :

12. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".

13. En premier lieu, en se bornant à faire valoir que le préfet du Cher n'a pas apporté la preuve de diligences permettant de considérer que son éloignement pourra intervenir à bref délai, M. B ne démontre pas qu'il n'existerait pas de perspective raisonnable d'exécution de son éloignement. Ce moyen doit donc être écarté.

14. En second lieu, la décision contestée assigne M. B à résidence dans le département du Cher pour une durée de quarante-cinq jours et l'oblige à se présenter à la brigade de gendarmerie de Sancerre les lundis et jeudis entre 9 heures et 10 heures. En se bornant à soutenir que ces mesures sont contraignantes et disproportionnées, M. B n'apporte pas de précisions suffisantes à son moyen tiré de ce que ces modalités de contrôle portent une atteinte excessive à sa liberté d'aller et venir.

15. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au préfet de la Nièvre et au préfet du Cher.

Fait à Versailles, le 1er octobre 2024.

La magistrate désignée

O. DORION

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions