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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE00289

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE00289

mardi 24 septembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE00289
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Melun d'annuler de l'arrêté du 9 novembre 2022 par lequel la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.

Par une ordonnance n° 2210910 du 18 novembre 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Melun a transmis la demande de M. B au tribunal administratif de Versailles.

Par un jugement n° 2208710 du 3 janvier 2023, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête et des pièces complémentaires enregistrées les 3 février et 2 novembre 2023, M. B, représenté par Me Mabanga, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté contesté ;

3°) d'enjoindre à la préfète du Val-de-Marne de lui délivrer un titre de séjour mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- eu égard à son état de santé, l'arrêté contesté méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant congolais né le 4 juillet 1990, qui déclare être entré irrégulièrement en France le 3 mars 2017, a présenté le 21 juillet 2017 une demande d'asile rejetée par une décision du 26 octobre 2017 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), à la suite de laquelle il a fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français par un arrêté du 18 janvier 2018 de la préfète de l'Essonne. Suite à son interpellation par les services de police le 8 novembre 2022 pour des faits de recel de vol, la préfète du Val-de-Marne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai et interdiction de retourner sur le territoire français durant trois ans, par l'arrêté contesté du 9 novembre 2022. M. B relève appel du jugement du 3 janvier 2023 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa version applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () / 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier d'un traitement approprié () ".

4. M. B soutient que son état de santé nécessite une prise en charge dont le défaut pourrait avoir des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et qu'il ne pourra bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. Toutefois, il n'apporte au soutien de ses allégations qu'un certificat médical datant d'octobre 2018, évoquant des troubles schizophréniques dont l'évolution est fluctuante, et des ordonnances médicales de 2018 et 2019. En appel, il produit une convocation de consultation médico-psychologique le 14 mars 2023 et un certificat médical, reprenant les termes du certificat médical de 2018, daté du 31 août 2023, postérieurs à l'arrêté contesté. Ces éléments ne permettent pas de tenir pour établi qu'un défaut de prise en charge médicale de l'état de santé de l'intéressé serait susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dès lors, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.

5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "

6. M. B allègue que l'arrêté contesté porte atteinte à son droit au respect de sa vie privée et familiale, dès lors qu'il lui ferait obligation de retourner dans son pays d'origine où il ne pourra être correctement pris en charge, et qu'il établit sa présence en France depuis 2017. Toutefois, ainsi qu'il a été dit, l'état de santé du requérant ne fait pas obstacle à son éloignement, il s'est maintenu irrégulièrement en France en dépit de l'arrêté du 18 janvier 2018 de la préfète de l'Essonne lui faisant obligation de quitter le territoire français et ne se prévaut d'aucunes attaches familiales en France, ni d'une insertion professionnelle. Dans ces conditions, eu égard aux conditions d'entrée et de séjour de l'intéressé en France, l'arrêté contesté n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la préfète du Val-de-Marne.

Fait à Versailles, le 24 septembre 2024.

La magistrate désignée,

O. DORION

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme

La greffière,

N°23VE00289

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