mardi 17 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00316 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 8 août 2022 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de délivrance d'une autorisation provisoire de séjour, l'a obligée à quitter le territoire dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi.
Par un jugement n° 2206849 du 27 janvier 2023, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 16 février 2023, Mme A, représentée par Me Fellous, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 8 août 2022 du préfet de l'Essonne en tant qu'il a rejeté sa demande de titre de séjour ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à titre subsidiaire, la mention " salarié ", dans un délai d'un mois, sous astreinte, ou à défaut, de procéder à un nouvel examen de sa demande et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 900 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions portant refus de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;
- elles méconnaissent les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaissent les dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elles violent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Bruno-Salel, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme A, ressortissante malgache née le 18 mars 1990, est entrée en France le 2 décembre 2019 sous couvert d'un visa de court séjour et a obtenu des autorisations provisoires de séjour valables du 10 juin au 9 décembre 2020, du 18 mars au 17 juin 2021, du 20 décembre 2021 au 19 mars 2022 et du 5 juillet au 4 octobre 2022. Elle a fait l'objet d'un arrêté du 17 septembre 2021 refusant de lui délivrer un titre de séjour et lui faisant obligation de quitter le territoire français, confirmé par jugement du tribunal administratif de Versailles du 24 janvier 2022, qu'elle n'a pas exécuté. Elle a sollicité le 20 décembre 2021 une autorisation provisoire de séjour en qualité de parent d'un enfant malade, sur le fondement des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 8 août 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme A relève appel du jugement du 27 janvier 2023 du tribunal administratif de Versailles.
3. En premier lieu, la décision contestée portant refus de titre de séjour vise notamment l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, et relate dans le respect du secret médical, en citant l'avis du collège de médecins de l'Office français de l'immigration et de l'intégration (OFII) en date du 5 février 2022, qu'il reprend à son compte, les éléments de fait relatifs à l'état de santé de l'enfant malade et à sa prise en charge, ainsi que des éléments de situation concernant Mme A. Elle comporte ainsi les éléments de droit et de fait qui en constituent le fondement. La décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui est adossée est par conséquent elle-même suffisamment motivée dès lors qu'elle mentionne son propre fondement juridique. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'insuffisante motivation de ces décisions manque en fait. Par ailleurs, il ne ressort pas de cette motivation, ni d'aucun autre élément du dossier, que le préfet de l'Essonne n'aurait pas procédé à un examen particulier du dossier de Mme A, ni, à supposer le moyen invoqué, qu'il se serait cru en situation de compétence liée par rapport à l'avis du collège de médecins.
4. En deuxième lieu, Mme A ne soutient pas utilement que l'arrêté contesté méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, codifié depuis le 1er mai 2021 à l'article L. 423-23 de ce code, dès lors que sa demande de titre de séjour n'a pas été présentée sur ce fondement et que le préfet ne s'en est pas spontanément emparé pour répondre à ce titre.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, () ". Aux termes de l'article L. 425-10 du même code : " Les parents étrangers de l'étranger mineur qui remplit les conditions prévues à l'article L. 425-9, ou l'étranger titulaire d'un jugement lui ayant conféré l'exercice de l'autorité parentale sur ce mineur, se voient délivrer, sous réserve qu'ils justifient résider habituellement en France avec lui et subvenir à son entretien et à son éducation, une autorisation provisoire de séjour d'une durée maximale de six mois. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / () Elle est délivrée par l'autorité administrative, après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans les conditions prévues à l'article L. 425-9. "
6. Il ressort des pièces du dossier que le fils de Mme A, né le 15 juillet 2014, souffre d'une malformation d'Arnold Chiari et d'un trouble du spectre autistique. Pour rejeter la demande de renouvellement au séjour de la requérante, le préfet de l'Essonne s'est notamment fondé sur l'avis du collège de médecins de l'OFII en date du 5 février 2022, qu'il a repris à son compte, selon lequel si l'état de santé de cet enfant nécessite une prise en charge médicale, le défaut d'une telle prise en charge ne devrait pas entrainer des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qu'au vu des éléments du dossier, son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers son pays d'origine. La requérante conteste cette analyse et produit de nombreuses pièces et certificats médicaux dont il ressort que l'enfant a été reconnu handicapé avec un taux d'incapacité égal ou supérieur à 80 % par la commission des droits et de l'autonomie le 31 août 2020 et bénéficie d'un suivi neurologique ainsi que d'une prise en charge paramédicale, notamment en pédopsychiatrie, psychologie, orthophonie et psychomotricité, ainsi que d'un accompagnement scolaire. Le courrier du 30 novembre 2022 de la Maison départementale des personnes handicapées de l'Essonne qu'elle produit en appel orientant l'enfant vers un institut médicoéducatif est postérieur à la date d'édiction de la décision attaquée, à laquelle s'apprécie sa légalité. Toutefois et en tout état de cause, il ressort de l'ensemble de ces éléments que la situation de santé de l'enfant a été améliorée par l'opération de section extradurale du filum et les soins qui lui ont déjà été prodigués en France et que la situation qu'ils relatent, même si elle reste très difficile et réservée sur les possibilités futures d'amélioration, ne suffit pas à remettre en cause les termes de l'avis du collège des médecins de l'OFII, qui a évolué sur ce point depuis leur premier avis émis le 2 février 2021, selon lequel l'absence de prise en charge ne devrait plus entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, la circonstance que l'enfant n'aurait pas effectivement accès aux soins que nécessite son handicap à Madagascar, au demeurant non établie, est sans incidence. La circonstance qu'il serait mieux pris en charge en France que dans son pays d'origine n'est par ailleurs pas de nature, quand bien même elle serait établie, à remettre en cause l'avis du collège de médecins de l'OFII. Dans ces conditions, Mme A n'est pas fondée à soutenir que la décision lui refusant un titre de séjour est entachée d'une erreur d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 425-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il en va de même, en tout état de cause, pour la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
7. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
8. Il ressort des pièces du dossier que Mme A, entrée régulièrement en France en décembre 2019, y a séjourné tantôt sous couvert d'une autorisation provisoire de séjour, tantôt irrégulièrement et elle n'a pas déféré à une première obligation de quitter le territoire français malgré le rejet du recours formé contre cette décision par un jugement du tribunal administratif de Versailles du 24 janvier 2022 devenu définitif. Elle est par ailleurs célibataire et n'établit autre attache familiale sur le territoire français autre que son fils mineur, également de nationalité malgache, alors qu'elle ne justifie pas être dépourvue d'attaches dans son pays d'origine où elle a vécu jusqu'à l'âge de 29 ans et où elle n'établit pas, eu égard notamment à ce qui a été dit au point 6 de la présente ordonnance, qu'elle ne pourrait reconstituer sa cellule familiale. Si elle produit, pour justifier de son insertion dans la société française d'un contrat à durée indéterminée conclu le 30 septembre 2022, celui-ci est postérieur aux décisions contestées et par suite sans incidence sur leur légalité, qui s'apprécie à la date de leur édiction. Dans ces conditions, et quand bien même elle parlerait parfaitement le français, les décisions de refus de séjour et portant obligation de quitter le territoire français contestées n'ont pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale par rapport aux buts qu'elles poursuivent. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme A est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, sa requête doit être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et ses conclusions tendant à l'application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 17 septembre 2024.
La magistrate désignée,
C. BRUNO-SALEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026