LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE00575

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE00575

mardi 15 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE00575
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A E épouse C a demandé l'annulation de l'arrêté du 19 août 2022 du préfet de l'Essonne en tant qu'il a rejeté sa demande d'admission au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

Par un jugement n° 2208507 du 16 février 2023, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa requête.

Procédure devant la cour :

Par une requête et des pièces enregistrées le 20 mars 2023 et le 21 août 2024, Mme E épouse C, représentée par Me Sadoun, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions contestées ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai de deux mois à compter de la décision juridictionnelle à intervenir ;

4°) de condamner l'État à lui verser la somme de 2 500 euros correspondant aux frais irrépétibles de première instance de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- les décisions contestées sont signées par une autorité incompétente ;

- elles sont entachées d'une insuffisance de motivation ;

- la décision refusant le titre de séjour méconnaît les stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié, et est entachée d'erreurs de fait et d'une erreur d'appréciation ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en ce qu'elle est fondée sur une décision de refus de titre de séjour elle-même illégale ;

- elle est entachée d'une erreur de fait ;

- elle méconnaît les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;

- le code des relations entre le public et l'administration ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Bruno-Salel, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A E épouse C, ressortissante algérienne née le 3 décembre 1963, est entrée en France le 29 novembre 2021 munie d'un visa de court séjour. Elle a obtenu une autorisation provisoire de séjour en raison de son état de santé valable du 15 février 2022 au 14 avril 2022, puis a demandé le 3 mai 2022 un titre de séjour pour la même raison sur le fondement des stipulations du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968. Par un arrêté du 19 août 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi. La requérante relève appel du jugement du 16 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il a rejeté sa demande d'admission au séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français.

3. En premier lieu, les décisions contestées ont été signées par M. D B, sous-préfet de Palaiseau, qui a reçu délégation à cet effet du préfet de l'Essonne par un arrêté du 19 juillet 2022, régulièrement publié. Par suite, les moyens tirés de l'incompétence de leur signataire doit être écarté.

4. En deuxième lieu, si Mme E épouse C soutient que la décision de refus de séjour est insuffisamment motivée, il ressort de sa lecture qu'elle vise les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les dispositions du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien, ainsi que sa situation administrative et personnelle, en particulier sa date d'entrée régulière sur le territoire français, l'avis établi par le collège des médecins de l'OFII déclare reprendre à son compte au vu de l'ensemble des éléments en sa possession, le fait que sa décision ne porte pas une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie privée et familiale car l'intéressée n'est entrée en France qu'à l'âge de cinquante-sept ans, n'y travaille pas et n'est pas isolée en Algérie où vivent son époux et ses quatre enfants majeurs. Enfin, la circonstance que le préfet se serait cru en situation de compétence liée par rapport à l'avis du collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII), qui relève du bien-fondé de la décision, est sans incidence sur l'appréciation de sa motivation. Dès lors, le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour serait entachée d'une insuffisance de motivation doit être écarté.

5. En troisième lieu, aux termes du 7) de l'article 6 de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 : " () Le certificat de résidence d'un an portant la mention " vie privée et familiale " est délivré de plein droit : () / au ressortissant algérien, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. () ".

6. Comme rappelé par les premiers juges, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et s'il peut bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie à laquelle l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger, et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.

7. Pour prendre le refus de séjour contesté, le préfet de l'Essonne s'est notamment fondé sur l'avis du collège des médecins de l'OFII du 9 août 2022, qu'il a repris à son compte sans qu'il ne ressorte des pièces du dossier qu'il s'y serait cru tenu, selon lequel si l'état de santé de Mme E épouse C nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, et son état de santé peut lui permettre de voyager sans risque vers celui-ci. La requérante soutient qu'elle souffre d'une bronchiolite oblitérante associée à une maladie de Sjögren sévère et qu'elle ne pourra pas effectivement bénéficier du traitement médical dont elle a besoin en Algérie. Elle produit des certificats médicaux établis les 31 août 2022, 25 octobre 2022 et 19 décembre 2022 par le service de pneumologie et d'oncologie thoracique de l'hôpital Ambroise Paré qui confirment cette pathologie et indiquent que l'intéressée est sous traitement immunosuppresseur azythromicine, corticothérapie, et nécessite une oxygénothérapie de déambulation, qu'un projet de greffe pulmonaire est discuté, et que l'ensemble de ces soins est difficile à réaliser en Algérie, ainsi qu'un certificat médical établi le 2 novembre 2022 par le centre hospitalier et universitaire Bab El Oued d'Alger, qui suit la requérante depuis 2019, selon lequel une greffe ne pourrait, " pour le moment, être prodiguée en Algérie du fait de l'absence de centres spécialisés en greffe pulmonaire ". Toutefois, ces certificats sont insuffisants pour remettre en cause l'avis du collège des médecins de l'OFII selon lequel elle peut effectivement bénéficier en Algérie des soins que son état de santé nécessite dès lors qu'à la date de la décision contestée, à laquelle s'apprécie sa légalité, Mme E épouse C nécessitait seulement un traitement immunosuppresseur, une corticothérapie et une oxygénothérapie dont il n'est pas établi qu'ils ne seraient pas disponibles dans ce pays où elle est suivie pour sa pathologie depuis 2019 et où elle a déjà bénéficié d'une corticothérapie. Si certains certificats mentionnent dès le mois d'août 2022 qu'un projet de greffe pulmonaire est en discussion, aucune procédure en ce sens n'était décidée ni engagée à la date de la décision contestée, et ne l'était d'ailleurs toujours pas deux ans après comme en témoigne le certificat médical du 3 avril 2024 de l'hôpital Ambroise Paré produit en appel, qui mentionne seulement la nécessité d'initier un bilan en vue d'un projet de transplantation pulmonaire. La circonstance que le préfet se serait par ailleurs fondé sur le fait que son mari et ses quatre enfants résident en Algérie alors que sa fille vit en France et que son mari est titulaire d'un visa à entrées multiples lui permettant de venir fréquemment la soutenir est sans incidence. Par suite, les moyens selon lesquels le préfet de l'Essonne aurait commis des erreurs de fait, une erreur d'appréciation et méconnu les stipulations du 7) du 6 de l'accord franco-algérien doivent être écartés.

8. En quatrième lieu, il résulte de ce qui précède que la décision portant refus de carte de résidence n'étant pas illégale, le moyen tiré du défaut de base légale de la décision portant obligation de quitter le territoire français doit être écarté.

9. En dernier lieu, eu égard à ce qui a été dit au point 7 de la présente ordonnance, le préfet de l'Essonne n'a pas, en prenant la décision portant obligation de quitter le territoire français contestée, commis d'erreur de fait, ni méconnu les dispositions du 9° de l'article L 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers qui protègent de l'éloignement l'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, sous réserve qu'il ne puisse pas effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays. Enfin, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette décision serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation.

10. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme E épouse C est, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur sa recevabilité, manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, précité. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme E épouse C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A E épouse C.

Copie en sera adressée et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 15 octobre 2024.

La magistrate désignée,

C. BRUNO-SALEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions