mardi 15 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00590 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme C A épouse B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et l'intégration (OFII) de communiquer le rapport médical et l'ensemble des documents sur lesquels le collège des médecins a fondé son avis et d'annuler l'arrêté du 7 juin 2022 par lequel il a refusé le renouvellement de son titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi.
Par un jugement n° 2209591 du 21 février 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 21 mars 2023, Mme A épouse B, représenté par Me Bulajic, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté contesté ou, à titre subsidiaire, de l'abroger;
3°) d'enjoindre à l'Office français de l'immigration et l'intégration (OFII) de communiquer le rapport médical et l'ensemble des documents sur lesquels le collège des médecins a fondé son avis ;
4°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en sa qualité de père d'un enfant français dans le délai de trente jours à compter de la notification de la décision juridictionnelle à intervenir sous astreinte de 50 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour portant autorisation de travailler, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte ;
5°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient :
A l'appui de ses conclusions aux fins d'annulation, que :
- l'avis du collègue des médecins de l'OFII est irrégulier, dès lors qu'il ne mentionne pas le nom du médecin qui a établi le rapport médical et que le préfet ne prouve pas qu'il a été rendu à l'issue d'une délibération collective du collège des médecins ;
- l'arrêté est insuffisamment motivé, dès lors notamment qu'il a omis de viser l'article 3 de la convention internationale pour les droits de l'enfant, de mentionner que son époux réside et travaille en France depuis dix ans, et n'a aucunement motivé le rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salariée ;
- il est entaché d'un défaut d'examen sérieux de sa situation notamment en ce que le préfet n'a pas examiné sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salariée et qu'il lui refuse tout droit au maintien du séjour en France dans le même temps qu'il procède à la régularisation de la situation de son époux eu regard du séjour, et sans en tenir compte ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que son état de santé et l'offre de soins dans son pays d'origine n'ont pas évolué depuis qu'elle a été initialement été admise au séjour en raison de son état de santé et que sa pathologie infectieuse grave nécessite toujours une surveillance stricte en milieu spécialisé dont elle ne pourrait effectivement bénéficier en Inde compte-tenu de sa pauvreté ;
- il méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3 paragraphe 1 de la convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989 ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
A l'appui de ses conclusions aux fins d'abrogation, que :
- le juge, s'il n'annule pas l'arrêté attaqué, doit en prononcer l'abrogation dès lors que depuis sa notification, un fait nouveau est survenu en ce que son époux et leurs deux enfants scolarisés se trouvent en situation régulière sur le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale pour les droits de l'enfant du 20 novembre 1989 ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Bruno-Salel, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme C A épouse B, ressortissante indienne née le 14 février 1988, déclare être entrée en France en février 2018. Elle s'est vue délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " en raison de son état de santé, valable du 1er avril 2020 au 31 mars 2021. Le 17 février 2021, elle a demandé le renouvellement de ce titre de séjour sur le fondement des articles L. 425-9 et L. 433-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ou, à titre subsidiaire, la délivrance d'un titre de séjour portant la mention " salarié " sur le fondement des articles L. 422-1 et L. 433-6 du même code. Par un arrêté du 7 juin 2022, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi. Mme C A épouse B relève appel du jugement du 21 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande aux fins d'annulation de cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
3. En premier lieu, d'une part, aux termes de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : 1° Restreignent l'exercice des libertés publiques ou, de manière générale, constituent une mesure de police () ". Aux termes de l'article L. 211-5 du même code : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision. ". D'autre part, si, en vertu des dispositions de l'article L. 613-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, la décision faisant obligation à un étranger de quitter le territoire français doit être motivée, ces dispositions n'imposent pas qu'elle le soit de façon spécifique lorsqu'elle est adossée à un refus de titre de séjour.
4. La décision portant refus d'admission au séjour attaquée vise les considérations de droit et de fait sur lesquelles elle se fonde, notamment l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les articles L. 425-9, L. 433-1, L. 421-1 et L. 433-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle relate la situation administrative et personnelle de Mme A épouse B, en particulier le fait que selon l'avis du collège des médecins de l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII) et les éléments en sa possession, elle peut effectivement bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine, ce qui motive le rejet de sa demande de titre pour soins, que si elle justifie avoir ponctuellement travaillé en 2021 et 2022, elle n'établit depuis plus aucune une activité salariée, ce qui motive le rejet de sa demande d'admission exceptionnelle au séjour en qualité de salariée, et enfin qu'elle est mariée à un compatriote en situation irrégulière dont elle a deux enfants mineurs et qu'elle peut reconstituer la cellule familiale en Inde où résident un frère et une sœur et où elle a elle-même vécu jusqu'à l'âge de trente ans, ce qui la motive au regard de l'examen de sa vie privée et familiale pour l'application des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentale. Le moyen tiré de ce que la décision de refus de séjour serait entachée d'un défaut de motivation doit donc être écarté. Par suite, la décision portant obligation de quitter le territoire français qui lui est adossée, qui vise le 3° de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, est elle-même suffisamment motivée. Enfin, la décision fixant le pays de renvoi, qui mentionne l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, rappelle les décisions rejetant sa demande d'asile et considère que Mme A épouse B n'établit pas être exposée à des peines ou des traitement inhumains ou dégradants en cas de retour en Inde, comporte également une motivation suffisante. Si le préfet n'a pas visé expressément l'article 3 de la convention internationale pour les droits de l'enfant, il en a toutefois repris les termes dans son arrêté en mentionnant qu'il ne méconnaissait pas l'intérêt supérieur des enfants de Mme A épouse B dès lors qu'elle n'a pas pour effet de séparer les enfants de leurs parents.
5. En deuxième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté contesté, eu égard à ce qui a été dit au point précédent, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet des Yvelines n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle et familiale de Mme A épouse B avant de l'édicter. En particulier, la requérante ne peut reprocher au préfet de n'avoir pas tenu compte de la régularisation de la situation de son mari au regard du séjour dès lors que celle-ci a été décidée postérieurement à la date d'édiction de l'arrêté contesté. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen approfondi de sa situation doit être écarté.
6. En troisième lieu, aux termes du premier alinéa de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 ".
7. La seule circonstance que Mme A épouse B réside habituellement en France depuis 2019 et y a travaillé épisodiquement en 2021 et 2022 ne peut suffire à considérer qu'elle justifie de motifs exceptionnels au sens de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile permettant de l'admettre exceptionnellement au séjour en tant que " salariée ". Le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions doit par suite être écarté.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 425-13 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Le collège à compétence nationale mentionné à l'article R. 425-12 est composé de trois médecins, il émet un avis dans les conditions de l'arrêté mentionné au premier alinéa du même article. La composition du collège et, le cas échéant, de ses formations est fixée par décision du directeur général de l'Office français de l'immigration et de l'intégration. Le médecin ayant établi le rapport médical ne siège pas au sein du collège () ".
9. Contrairement à ce que soutient la requérante, il ressort de la lecture de l'avis du collège des médecins de l'OFII émis le 30 juin 2021 qu'il mentionne le nom du médecin rapporteur qui a établi le rapport médical sur lequel il s'est fondé pour rendre son avis, et que ce médecin n'a pas siégé au sein du collège. Dès lors, le moyen tiré de ce que l'avis du collègue des médecins serait irrégulier doit être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger, résidant habituellement en France, dont l'état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et qui, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé dans le pays dont il est originaire, ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an. La condition prévue à l'article L. 412-1 n'est pas opposable. / La décision de délivrer cette carte de séjour est prise par l'autorité administrative après avis d'un collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration, dans des conditions définies par décret en Conseil d'Etat () ".
11. Comme rappelé par les premiers juges, sous réserve des cas où la loi attribue la charge de la preuve à l'une des parties, il appartient au juge administratif, au vu des pièces du dossier, d'apprécier si l'état de santé d'un étranger nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait entraîner pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, et s'il peut bénéficier d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La partie à laquelle l'avis du collège de médecins de l'office français de l'immigration et de l'intégration est favorable doit être regardée comme apportant des éléments de fait susceptibles de faire présumer l'existence ou l'absence d'un état de santé de nature à justifier la délivrance ou le refus d'un titre de séjour. Dans ce cas, il appartient à l'autre partie, dans le respect des règles relatives au secret médical, de produire tous éléments permettant d'apprécier l'état de santé de l'étranger, et, le cas échéant, l'existence ou l'absence d'un traitement approprié dans le pays de renvoi. La conviction du juge, à qui il revient d'apprécier si l'état de santé d'un étranger justifie la délivrance d'un titre de séjour dans les conditions ci-dessus rappelées, se détermine au vu de ces échanges contradictoires.
12. Pour refuser le renouvellement du titre de séjour de Mme A épouse B, le préfet des Yvelines s'est notamment fondé sur l'avis du collège des médecins de l'OFII en date du 30 juin 2021, qu'il a repris à son compte, selon lequel si l'état de santé de l'intéressée nécessitait une prise en charge médicale dont le défaut est susceptible d'entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, elle peut effectivement bénéficier, dans son pays d'origine, d'un traitement approprié. Si Mme A épouse B soutient que les traitements qui lui ont été prescrits dans le certificat médical confidentiel destiné à l'OFII ne sont pas disponibles en Inde, elle n'apporte aucun élément de nature à contredire l'avis du collège des médecins l'OFII, alors que le préfet a produit en défense une pièce attestant de la disponibilité de l'Isoniazide et du Rifampicine en Inde, qu'elle ne discute pas. Enfin, la circonstance qu'elle ait obtenu un précédent titre de séjour en raison de son état de santé n'est pas de nature à lui créer un quelconque droit pour l'avenir dès lors qu'il appartient à l'autorité préfectorale d'apprécier son état de santé, les risques encourus en cas d'arrêt du traitement et la possibilité de bénéficier effectivement de ce traitement dans le pays d'origine, qui sont susceptibles d'évoluer dans le temps, à la date à laquelle il édicte sa décision. Dès lors, le moyen tiré d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté.
13. En sixième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " vie privée et familiale " d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. () ".
14. Mme A épouse B fait valoir qu'elle vit en France depuis 2018 où elle a rejoint son conjoint qui y réside et y travaille depuis plus de dix ans et leurs deux jeunes enfants dont le second né en France. Toutefois, elle n'établit ni la date ni la régularité de son entrée sur le territoire français. Si elle justifie en revanche par les pièces produites qu'elle y réside habituellement depuis 2019, son conjoint s'y trouvait en situation irrégulière à la date d'édiction de la décision attaquée, à laquelle s'apprécie sa légalité, même s'il avait sollicité la régularisation de sa situation. Dans ces conditions, la requérante n'établit pas en quoi sa cellule familiale ne pourrait pas se reconstituer hors de France, et notamment en Inde, dont toute la famille a la nationalité. La circonstance que la situation de son conjoint a été régularisée postérieurement à la date de l'arrêté attaqué est sans incidence. Dans ces conditions, et malgré des efforts d'insertion professionnelle, le préfet des Yvelines n'a pas porté au droit de la requérante au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis par son arrêté. Dès lors, les moyens tirés de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et, en tout état de cause, des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, doivent être écartés. Il en va de même, pour les mêmes motifs de fait, du moyen tiré de ce que cet arrêté serait entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de sa situation personnelle et familiale.
15. En dernier lieu, aux termes du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfant du 20 novembre 1989 : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale ".
16. Si Mme A épouse B soutient que l'arrêté litigieux méconnaît l'intérêt supérieur de ses enfants, âgés de cinq ans et deux ans, elle n'établit aucune circonstance qui empêcherait sa cellule familiale de se reconstituer hors de France, et notamment en Inde, dont tous ses membres ont la nationalité. Par suite, le moyen tiré d'une méconnaissance des stipulations du 1 de l'article 3 de la convention internationale des droits de l'enfants du 20 novembre 1989 doit être écarté.
Sur les conclusions subsidiaires à fin d'abrogation :
17. Mme A épouse B demande à la cour de procéder à l'abrogation de l'arrêté contesté du 7 juin 2022 au motif d'un changement de circonstances intervenues depuis son édiction tenant à l'admission au séjour de son époux. Toutefois, si le juge administratif peut, parallèlement à des conclusions d'annulation recevables, être saisi, à titre subsidiaire, de conclusions tendant à ce qu'il prononce l'abrogation d'un acte administratif au motif d'une illégalité résultant d'un changement de circonstances de droit ou de fait postérieur à son édiction, cette faculté n'est ouverte qu'à l'encontre des actes à caractère réglementaire. Les conclusions qui ne tendent qu'à l'abrogation par le juge de la décision de refus de séjour assorti d'une obligation de quitter le territoire et non à l'annulation d'une décision préfectorale de refus d'abroger l'arrêté contesté ne peuvent, en conséquence, qu'être rejetées.
18. Il résulte de tout ce qui précède, et sans qu'il soit besoin d'ordonner à l'OFII de produire les pièces sur lesquelles le collège des médecins s'est fondé, que la requête d'appel de Mme A épouse B est manifestement dépourvue de fondement. Dès lors, ses conclusions présentées à fin d'annulation doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative. Il en va de même, par voie de conséquence, de l'ensemble de ses conclusions présentées à titre accessoire, y compris les conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme A épouse B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A épouse B.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 15 octobre 2024.
La magistrate désignée,
C. BRUNO-SALEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026