LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE00627

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE00627

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE00627
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise de l'admettre provisoirement au bénéfice de l'aide juridictionnelle et d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2022 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de destination et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.

Par un jugement n° 2215122 du 21 décembre 2022, le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise l'a, dans un article 1er, admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire et a, dans un article 2, rejeté le surplus de sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 27 mars 2023, Mme A C, représentée par Me Mopo Kobanda, avocat, doit être regardée comme demandant à la cour :

1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il a, dans son article 2, rejeté le surplus de sa demande ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 13 octobre 2022 ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour dans l'attente du réexamen de sa situation ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le premier juge a commis une erreur de droit et une erreur d'appréciation dans la réponse qu'il a apportée aux moyens qu'il a invoqués à l'appui de sa demande ;

- en édictant l'arrêté attaqué sans attendre que la Cour nationale d'asile (CNDA) se prononce sur le recours qu'elle a formé contre la décision prise le 26 avril 2022 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) sur sa demande d'asile, le préfet a violé les dispositions du paragraphe 1 de l'article 6 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article 64 de la Constitution du 4 octobre 1958 en ce qu'il s'est immiscé dans l'exercice du pouvoir judiciaire. Il l'a, pour les mêmes raisons et du fait de lui avoir retiré son attestation de demandeur d'asile, privée de son droit à un recours effectif devant la CNDA ;

- l'arrêté est entaché d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;

- l'arrêté en tant qu'il fixe le Congo comme pays de renvoi méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Mme A C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par décision du 21 mars 2023.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la Constitution, notamment son article 64 ;

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Bruno-Salel, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A C, ressortissante de la République Démocratique du Congo née le 7 septembre 1990 à Kinshasa, est entrée en France le 23 novembre 2020 pour y demander l'asile. Cette demande a été rejetée par une décision d'irrecevabilité de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) en date du 26 avril 2022, notifiée le 30 mai suivant, contre laquelle elle a exercé un recours devant la Cour nationale d'asile (CNDA) qui était encore pendant lorsque, par l'arrêté contesté du 13 octobre 2022, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de son renvoi et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. Mme A C relève appel du jugement du 21 décembre 2022 en tant que le magistrat désigné par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a, dans son article 2, rejeté le surplus de sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.

3. En premier lieu, hormis dans le cas où le juge de première instance a méconnu les règles de compétence, de forme ou de procédure qui s'imposaient à lui et a ainsi entaché son jugement d'une irrégularité, il appartient au juge d'appel, non d'apprécier le bien-fondé des motifs par lesquels le juge de première instance s'est prononcé sur les moyens qui lui étaient soumis, mais de se prononcer directement sur les moyens dirigés contre la décision administrative contestée dont il est saisi dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel. Mme A C ne peut donc utilement se prévaloir de l'erreur de droit et de l'erreur manifeste d'appréciation qu'aurait commises le premier juge pour demander l'annulation du jugement attaqué.

4. En deuxième lieu, d'une part, aux termes de l'article 64 de la Constitution : " Le Président de la République est garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire. () ". Aux termes de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit à ce que sa cause soit entendue équitablement, publiquement et dans un délai raisonnable, par un tribunal indépendant et impartial, établi par la loi, qui décidera, soit des contestations sur ses droits et obligations de caractère civil, soit du bien-fondé de toute accusation en matière pénale dirigée contre elle () ".

5. D'autre part, aux termes de l'article L. 541-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'attestation délivrée en application de l'article L. 521-7, dès lors que la demande d'asile a été introduite auprès de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, vaut autorisation provisoire de séjour et est renouvelable jusqu'à ce que l'office et, le cas échéant, la Cour nationale du droit d'asile statuent ". Aux termes de l'article L. 542-2 du même code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 542-1, le droit de se maintenir sur le territoire français prend fin: 1° Dès que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides a pris les décisions suivantes: a) une décision d'irrecevabilité prise en application des 1° ou 2° de l'article L. 531-32; b) une décision d'irrecevabilité en application du 3° de l'article L. 531-32, en dehors du cas prévu au b du 2° du présent article; c) une décision de rejet ou d'irrecevabilité dans les conditions prévues à l'article L. 753-5; () ". Aux termes de l'article L. 542-3 du même code : " Lorsque le droit au maintien sur le territoire français a pris fin dans les conditions prévues aux articles L. 542-1 ou L. 542-2, l'attestation de demande d'asile peut être refusée, retirée ou son renouvellement refusé () ".

6. Il ressort des pièces du dossier, et n'est pas contesté par Mme A C, que l'OFPRA a rejeté sa demande d'asile par une décision d'irrecevabilité du 26 avril 2022, qui lui a été notifiée le 30 mai suivant. Le droit au maintien sur le territoire français de l'intéressée avait donc pris fin dès le 26 avril 2022 en application des dispositions précitées de l'article L. 542-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Le préfet pouvait donc, sans s'immiscer dans l'exercice du pouvoir juridictionnel de la CNDA, devant laquelle son recours ne revêtait pas de caractère suspensif, ni se substituer à l'appréciation du juge de l'asile, tirer les conséquences de la fin du droit au maintien sur le territoire français de Mme A C pour lui retirer le récépissé de demandeur d'asile en application des dispositions précitées de l'article L. 542-3 du même code, et prendre l'arrêté contesté. Ainsi, la circonstance que le recours formé par l'intéressée devant la CNDA était pendant à la date d'édiction de cet arrêté est sans influence sur sa légalité. Par ailleurs, l'arrêté du 13 octobre 2022 n'a eu ni pour objet ni pour effet d'empêcher Mme A C de produire devant la CNDA des éléments justifiant des risques de traitements inhumains et dégradants qu'elle encourrait en cas de retour dans son pays d'origine, ni de s'y faire représenter par un conseil. Enfin, si la requérante fait valoir qu'elle aurait rencontré le 13 décembre 2022 des difficultés d'accès à la CNDA où elle était attendue faute de pouvoir produire une attestation de demandeur d'asile, ces circonstances sont postérieures à la date d'édiction de l'arrêté du 13 octobre 2022, et donc sans incidence sur sa légalité, alors d'ailleurs qu'il ressort de ses écritures que l'intéressée a pu se rendre à sa convocation. Dans ces conditions, Mme A C n'est pas fondée à soutenir que, en prenant l'arrêté attaqué, le préfet des Hauts-de-Seine aurait méconnu l'indépendance de l'autorité judiciaire et son droit à un recours effectif garantis respectivement par l'article 64 de la Constitution et le paragraphe 1 de l'article 6 de la convention européenne des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

7. En troisième lieu, il ne ressort ni des termes de l'arrêté litigieux, ni d'aucune autre pièce du dossier, que le préfet des Hauts-de-Seine n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle de Mme A C avant d'édicter l'arrêté attaqué, ni, à supposer le moyen invoqué, qu'il se serait cru tenu par la décision de l'OFPRA pour le prendre.

8. En dernier lieu, Mme A C reprend en appel ses moyens de première instance tirés de la méconnaissance des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Elle ne développe toutefois au soutien de ces moyens, particulièrement peu étayés tant en première instance qu'en appel, aucun argument de droit ou de fait pertinent de nature à remettre en cause les motifs du jugement attaqué, qu'il y a lieu d'adopter.

9. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A C est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A C est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A C.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Versailles, le 26 septembre 2024.

La magistrate désignée,

C. BRUNO-SALEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

Décisions similaires

CEExcès de pouvoir

Conseil d'État — N° 516229

Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.

01/06/2026

CAA78plein contentieux

Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336

La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA75excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997

Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.

01/06/2026

CAA31excès de pouvoir

Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807

Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.

01/06/2026

← Retour aux décisions