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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE00636

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE00636

jeudi 26 septembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE00636
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 12 octobre 2022 du préfet de l'Essonne en tant qu'il a rejeté sa demande de titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.

Par un jugement n° 2208514 du 24 février 2023, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 27 mars 2023, Mme A, représentée par Me Coll, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour dans un délai de quinze jours suivant la notification de la décision juridictionnelle à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ou, à défaut, de réexaminer sa situation et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, dans les mêmes conditions de délai et d'astreinte;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 3 000 euros à lui verser au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le jugement est entaché d'erreurs de droit dans l'appréciation des moyens qu'il a exposés en première instance ;

- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;

- il n'est pas suffisamment motivé ;

- il méconnaît les dispositions de l'article L. 425-9 et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales,

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile,

- le code des relations entre le public et l'administration,

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Bruno-Salel, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme A, ressortissante de la République Démocratique du Congo, née le 2 avril 1965 à Brazzaville, est entrée en France le 28 février 2020 sous couvert d'un visa de court séjour, et a obtenu en raison de son état de santé une carte de séjour temporaire valable du 14 juin 2021 au 13 juin 2022 sur le fondement de l'article L. 425-9 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Elle en a sollicité le renouvellement le 14 avril 2022. Toutefois, par un arrêté du 12 octobre 2022, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de son renvoi. Mme A relève appel du jugement du 24 février 2023 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté en tant qu'il rejette sa demande et lui fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.

3. En premier lieu, Mme A soutient que les premiers juges auraient commis plusieurs erreurs de droit dans l'appréciation des moyens qu'il a exposés dans sa requête de première instance. Toutefois, ces moyens d'erreur de droit, tels qu'ils sont ici soulevés, se rattachent au bien-fondé du jugement. Ils sont donc sans incidence sur sa régularité et doivent être écartés.

4. En second lieu, Mme A reprend en appel ses moyens de première instance tirés, en ce qui concerne l'arrêté, de l'incompétence de son signataire, de l'insuffisance de motivation, de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 425-9 et du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, de la violation des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'erreur manifeste dans l'appréciation des conséquences de l'arrêté attaqué sur sa situation personnelle. Si la requérante fait en outre valoir en appel, certificats médicaux à l'appui, qu'elle a été victime d'un infarctus le 13 décembre 2023, qu'elle présente désormais une hémiparésie droite et nécessite un logement adapté aux personnes à mobilité réduite, ces circonstances sont postérieures à la date de l'arrêté attaqué, à laquelle s'apprécie sa légalité, et donc sans incidence. Par conséquent, les éléments produits en appel ne sont pas de nature à remettre en cause les motifs clairement exposés du jugement attaqué, qu'il y a lieu d'adopter.

5. Il résulte de ce qui précède que la requête de Mme A est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B A.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 26 septembre 2024.

La magistrate désignée,

C. BRUNO-SALEL

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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