mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00713 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A C a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de destination de sa reconduite et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans.
Par un jugement n° 2300712 du 9 mars 2023, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 6 avril 2023, M. C, représenté par
Me Tsobgni Djoumetio, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler les décisions portant obligation de quitter le territoire français sans délai et fixation du pays de destination ;
3°) de mettre à la charge de l'État une somme dont il appartient à la cour de fixer le montant en équité, au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté portant délégation de signature n'ayant pas été produit, il n'est pas justifié de la compétence du signataire de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- elle méconnaît le 2° de l'article L. 511-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il est entré en France à l'âge de douze ans ;
- elle méconnaît les dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de l'obligation de quitter le territoire français ;
- elle méconnaît les stipulations des articles 3 et 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. C, ressortissant congolais né le 9 septembre 1988, qui déclare être entré en France en 2000, alors qu'il était mineur, a obtenu la reconnaissance du statut de réfugié par décision de la cour nationale du droit d'asile (CNDA) le 9 janvier 2009. M. C ayant été signalé à vingt-quatre reprises pour des faits de vol, recel, viol et violences, et condamné à cinq reprises par le tribunal correctionnel de Paris entre 2019 à 2021, et par le tribunal correctionnel de Versailles le 12 septembre 2022 à une peine de douze mois d'emprisonnement pour évasion par condamné en semi-liberté, l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA) a mis fin à son statut de réfugié par une décision en date du 22 décembre 2021, pour menaces graves, conformément aux dispositions de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par l'arrêté contesté du 17 janvier 2023, le préfet de l'Essonne l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit et lui a fait interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans. M. C relève appel du jugement du 9 mars 2023 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier de première instance que la décision contestée a été signée par Mme B D, cheffe de bureau de l'éloignement à la préfecture de l'Essonne, qui bénéficiait d'une délégation de signature du préfet de l'Essonne en vertu d'un arrêté n° 2022-PREF-DCPPAT-BCA-247 du 16 décembre 2022. Dès lors que cet arrêté a été régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture, eu égard au caractère réglementaire de cet acte, il n'y a pas lieu d'ordonner sa production au dossier. Par suite, le moyen d'incompétence du signataire doit être écarté.
4. En deuxième lieu, la décision contestée comporte les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement. Ainsi, sans qu'y fasse obstacle la circonstance que le préfet n'aurait pas mentionné l'ensemble des éléments caractérisant la situation de M. C, elle est suffisamment motivée.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, anciennement codifié à l'article L. 511-4 de ce code : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 2° L'étranger qui justifie par tous moyens résider habituellement en France depuis qu'il a atteint au plus l'âge de treize ans ; () ". Le requérant soutient qu'il réside habituellement en France depuis 2000, sans autre précision, ni produire aucune pièce à l'appui de cette allégation. Il ressort des pièces du dossier, notamment de ses fiches Agdref et TelemOfpra, que M. C est entré en France le 16 décembre 2002, à l'âge de quatorze ans. Il s'ensuit que le moyen tiré de la méconnaissance de ces dispositions ne peut qu'être écarté.
6. En quatrième lieu, M. C fait valoir que ses attaches familiales sont en France, notamment ses parents, ainsi que son frère et son oncle de nationalité française, qu'il est père d'une enfant mineure de treize ans de nationalité française, qu'il est arrivé en France à l'âge de douze ans et qu'il travaille depuis sa majorité. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que les parents du requérant étaient à la date de l'arrêté contesté sous récépissés de demande d'asile en procédure accélérée, que le requérant ne justifie pas contribuer à l'entretien et à l'éducation de l'enfant née le 1er juillet 2009 qu'il a reconnue le 4 février 2010, ni d'ailleurs de la nationalité de cet enfant et qu'ainsi qu'il a été dit, il n'établit pas être entré en France à l'âge de douze ans comme il le prétend. S'il produit quelques pièces, notamment un certificat et une attestation de travail et des contrats de mission temporaire émanant de diverses sociétés sur la période de 1988 à 2014, ces éléments n'attestent pas de l'insertion professionnelle de l'intéressé, qui était incarcéré à la date de l'arrêté contesté. Il ressort également des pièces du dossier, notamment de sa fiche pénale, que M. C a fait l'objet de plusieurs condamnations correctionnelles, notamment pour des faits de vols, commis sous divers alias, et en dernier lieu pour évasion d'un détenu en semi-liberté. Dans ces conditions, en faisant obligation à l'intéressé de quitter le territoire français, le préfet de l'Essonne n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Pour les mêmes motifs, M. C n'est pas davantage fondé à soutenir qu'il ne pouvait être éloigné au motif qu'il devait bénéficier d'un titre de séjour de plein droit en application des dispositions du 7° de l'article L. 313-11 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, désormais codifié à l'article L. 423-23 de ce code.
7. En cinquième lieu, M. C, qui s'est vu retirer le statut de réfugié par l'OFPRA par une décision en date du 22 décembre 2021, n'établit pas qu'il serait exposé à des risques actuels, personnels et réels de peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour au Congo. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ne peut qu'être écarté.
8. En dernier lieu, compte tenu de ce qui précède, M. C n'est pas fondé à exciper, à l'appui de ses conclusions dirigées contre la décision fixant le pays de renvoi, de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
9. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. C, est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A C,
Copie en sera adressée au préfet de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 10 septembre 2024.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026