mardi 10 septembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE00758 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 10 novembre 2022 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Par un jugement n° 2208966 du 14 mars 2023, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 13 avril 2023, Mme B, représentée par Me Luciano, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un certificat de résidence algérien ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français sont insuffisamment motivées ;
- cette insuffisance de motivation révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et professionnelle ;
- elles portent une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elles sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et professionnelle.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord du 27 décembre 1968 relatif à la circulation, à l'emploi et au séjour en France des ressortissants algériens et de leurs familles ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, ressortissante algérienne née le 16 novembre 1994, qui déclare être entrée en France le 1er février 2015, a sollicité le 14 septembre 2022 son admission au séjour en se prévalant de son activité salariée. Par l'arrêté contesté du 10 novembre 2022, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande et l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours. Mme B relève appel du jugement du 14 mars 2023 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de ces deux décisions.
3. En premier lieu, Mme B reprend en appel le moyen tiré de l'insuffisance de motivation des décisions contestées, en ce que le préfet des Yvelines n'aurait pas suffisamment tenu compte de l'ancienneté de son séjour en France depuis sept années, de la présence en France de sa grand-mère de nationalité française et de son père titulaire d'une carte de résident et de la durée de son activité salariée compte vendeuse en boulangerie depuis trois ans, et aurait, à tort, fondé sa décision sur le fait qu'elle ait produit une fausse carte italienne lors de son embauche et ne disposait pas d'une autorisation de travail pour pouvoir exercer une activité salariée de 2019 à 2022. Il ressort de l'arrêté contesté que, pour considérer que Mme B ne justifiait pas de motifs exceptionnels d'admission au séjour le préfet, après avoir rappelé la date d'entrée en France de Mme B et l'objet de sa demande, a mentionné les bulletins de paie d'octobre 2019 à août 2022 qu'elle a produits et la présence en France de sa grand-mère de nationalité française et de son père. Il est, ainsi, suffisamment motivé, quel que soit le bien-fondé de ces motifs. Le moyen manque par conséquent en fait, ainsi que l'ont justement relevé les premiers juges aux points 3 et 4 du jugement attaqué. Il en est de même du moyen tiré de ce que le préfet n'aurait pas procédé à un examen particulier de la situation personnelle, professionnelle et familiale de Mme B.
4. En deuxième lieu, un préfet peut délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit et il dispose à cette fin d'un pouvoir discrétionnaire pour apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que Mme B, entrée irrégulièrement en France en 2015, exerce une activité salariée de vendeuse en boulangerie depuis le 14 octobre 2019, en contrat de travail à durée indéterminée, et que son employeur a présenté une demande d'autorisation de travail en sa faveur. Cependant cet emploi était encore récent à la date de l'arrêté contesté du 10 novembre 2022. Dans ces conditions, en refusant d'admettre au séjour Mme B, à titre exceptionnel, en qualité de salariée, le préfet des Yvelines n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
6. En dernier lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1) Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () ".
7. Mme B se prévaut de l'ancienneté de sa présence en France, de son emploi et de la présence de sa grand-mère et de son père. Il ressort, toutefois, des pièces du dossier qu'elle est entrée irrégulièrement en France, s'y est maintenue sans titre de séjour, et a occupé un emploi salarié sans y être autorisée. Ainsi qu'il a été dit, son emploi salarié était encore récent à la date de l'arrêté contesté et, si elle soutient que son père est titulaire d'une carte de résident et sa grand-mère de nationalité française, elle n'en justifie pas. Célibataire sans charge de famille, elle n'est pas dépourvue de toutes attaches familiales en Algérie où réside encore sa mère et où elle-même a vécu au moins jusqu'à ses vingt-et-un ans. Dans ces conditions, en dépit des efforts d'insertion professionnelle de l'intéressée, en refusant de délivrer un titre de séjour à Mme B et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Yvelines n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, ces décisions ne sont pas davantage entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, professionnelle et familiale.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 10 septembre 2024.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026