mardi 3 décembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01281 |
| Type | Ordonnance |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 10 mai 2022 en tant que le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français, a fixé le pays de son renvoi et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an.
Par un jugement n° 2208159 du 5 mai 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a, dans un article 1er, annulé la décision portant interdiction de retour sur le territoire français et, dans un article 2, rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 12 juin 2023, M. A, représenté par Me Doucerain, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement en tant que, dans son article 2, il a rejeté le surplus de ses conclusions ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions contestées du 10 mai 2022 refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de son renvoi ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de réexaminer sa situation sans délai à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard, de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour, et et de mettre fin à son signalement aux fins de non admission dans le système d'information Schengen ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement est insuffisamment motivé ;
- l'arrêté a été signé par une autorité incompétente ;
- il est entaché d'un défaut d'examen réel et sérieux de sa situation personnelle ;
- il est insuffisamment motivé ;
- le refus de titre de séjour méconnait les dispositions de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- l'obligation de quitter le territoire français est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale, par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Bruno-Salel, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant chinois né le 8 mai 1991, est entré en France le 29 août 2013 muni d'un visa de long séjour valant titre de séjour en qualité d'étudiant, valable du 27 août 2013 au 26 août 2014, puis a été mis en possession de trois cartes temporaires de séjour en cette même qualité dont la dernière expirait le 12 janvier 2019. Sa demande de renouvellement de ce titre a été rejetée par un premier arrêté du préfet des Hauts-de-Seine en date du 21 mai 2019, qui a été annulé par le tribunal administratif de Cergy-Pontoise. Le 9 juillet 2021, M. A a formé une demande de titre de séjour sur le fondement de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un nouvel arrêté du 10 mai 2022, le préfet des Hauts-de-Seine rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours, a fixé le pays de son renvoi et prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée d'un an. M. A relève appel du jugement du 5 mai 2023 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande tendant à l'annulation des décisions du 10 mai 2022 refusant de lui délivrer un titre de séjour, lui faisant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de son renvoi.
3. En premier lieu, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, qui n'était pas tenu de répondre à tous les arguments du demandeur ni de mentionner toutes les pièces qu'il a produit à l'appui de sa requête, a pris en considération l'ensemble des éléments soumis à son appréciation et a répondu aux moyens soulevés par M. A par un jugement qui comporte les motifs de droit et de fait qui le fondent. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué est insuffisamment motivé doit être écarté.
4. En deuxième lieu, les moyens tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté, de l'insuffisance de sa motivation et du défaut d'examen particulier de sa situation doivent être écartés par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges et exposés au point 2, 3 et 4 du jugement attaqué.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ".
6. S'il n'est pas contesté que M. A réside habituellement en France depuis neuf ans, c'est toutefois sous couvert de titres de séjour " étudiant " qui ne lui donnent pas vocation à s'installer définitivement sur le territoire français. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier qu'il a certes appris le français tout en suivant ses études d'ingénieur avec sérieux en dépit de deux redoublements, et qu'il a validé en juin 2019 la partie académique du Master 1 Energétique et Matériaux qu'il préparait à l'université Paris Nanterre, sans toutefois qu'il n'établisse, ni même n'allègue, avoir obtenu son diplôme depuis, ni ne justifie d'une quelconque intégration professionnelle. Il établit par les baux, quittances de loyer et factures EDF produits ainsi qu'une attestation, bien que sommaire, de sa compagne, qu'il vit en concubinage depuis 2016 avec une compatriote chinoise titulaire, à la date de la décision attaquée, d'un titre de séjour pluriannuel portant la mention " entrepreneur/ profession libérale ", sans que le couple ait charge de famille. Il ne fait toutefois état d'aucune circonstance qui empêcherait sa cellule familiale de se reconstituer hors de France, et notamment en Chine dont le couple est ressortissant, où résident ses parents et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de vingt-deux ans. Dans ces conditions, en prenant le refus de séjour contesté, le préfet n'a pas porté au droit de M. A au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis, et n'a donc pas violé les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs de fait, le préfet n'a pas entaché ses décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle.
7. En dernier lieu, les moyens dirigés contre l'obligation de quitter le territoire français étant écartés, M. A n'est pas fondé à exciper de l'illégalité de cette décision pour demander, par voie d'exception, l'annulation de la décision fixant le pays de son renvoi.
8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 3 décembre 2024.
La magistrate désignée,
C. BRUNO-SALEL
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026