jeudi 10 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01318 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. E a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler l'arrêté du 5 juillet 2022 par lequel la préfète d'Indre-et-Loire a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite.
Par un jugement n° 2203202 du 17 mai 2023, le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 15 juin 2023, M. C, représenté par Me Rouillé-Mirza, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les décisions contestées ;
3°) d'enjoindre au préfet d'Indre-et-Loire de lui délivrer un titre de séjour dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le refus de séjour méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors qu'il vit en France depuis 2019, qu'il n'a plus de contact avec sa famille restée dans son pays d'origine et qu'il s'est investi dans des associations humanitaires pendant la pandémie de covid-19, ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et familiale ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité du refus de séjour ;
- la décision fixant le pays de renvoi l'expose à un risque de traitements inhumains et dégradants en méconnaissance des stipulations de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, dès lors qu'il a subi une agression violente par des soldats ainsi que la destruction de son domicile en 2019 après avoir rédigé une liste de promotion de certains soldats, qu'il existe toujours un risque qu'il soit arrêté à son retour en raison de ses anciens liens familiaux avec M. A B.
M. C a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles du 12 septembre 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. C, ressortissant ivoirien né le 8 décembre 1981, entré en France muni d'un visa de court séjour le 8 août 2019, a présenté une demande d'asile rejetée le 13 décembre 2019 par le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (OFPRA), décision confirmée le 18 mars 2020 par la Cour nationale du droit d'asile (CNDA). Par un arrêté du 14 octobre 2020, le préfet du Cher lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa reconduite. Le 31 janvier 2022, M. C a présenté une demande de titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Par l'arrêté contesté du 5 juillet 2022, la préfète d'Indre-et-Loire a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite. M. C relève appel du jugement du 17 mai 2023 par lequel le tribunal administratif d'Orléans a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui n'entre pas dans les catégories prévues aux articles L. 423-1, L. 423-7, L. 423-14, L. 423-15, L. 423-21 et L. 423-22 ou dans celles qui ouvrent droit au regroupement familial, et qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / Les liens mentionnés au premier alinéa sont appréciés notamment au regard de leur intensité, de leur ancienneté et de leur stabilité, des conditions d'existence de l'étranger, de son insertion dans la société française ainsi que de la nature de ses liens avec sa famille restée dans son pays d'origine. / L'insertion de l'étranger dans la société française est évaluée en tenant compte notamment de sa connaissance des valeurs de la République. "
4. M. C se prévaut de l'ancienneté de son séjour en France, de la présence en France de son oncle, de nationalité française, de son investissement dans des associations humanitaires, notamment pendant la pandémie de covid-19, et des risques de représailles qu'il encourt en cas de retour dans son pays d'origine. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. C, entré en France le 8 août 2019 sous couvert d'un visa court séjour, s'y est maintenu en situation irrégulière en dépit du rejet de sa demande d'asile et de l'obligation de quitter le territoire français prise à son encontre par le préfet du Cher le 14 octobre 2020, à laquelle il n'a pas déféré. S'il produit par ailleurs des attestations de trois associations humanitaires faisant état de sa motivation et de son implication pendant la pandémie de covid-19, ces éléments, tout comme la présence de son oncle en France, ne permettent pas d'établir une insertion particulière au sein de la société française, ni de justifier de liens suffisamment anciens, intenses et stables sur le territoire national, alors notamment qu'il n'est pas contesté que sa mère, sa fratrie ainsi que ses trois enfants résident dans son pays d'origine, où lui-même a vécu jusqu'à l'âge d'au moins trente-sept ans. Dans ces conditions, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. C, la préfète d'Indre-et-Loire n'a pas fait une inexacte application des dispositions de l'article L. 423-23. Pour les mêmes motifs, elle n'a pas davantage entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de la situation personnelle et familiale du requérant. Au surplus, le refus de séjour n'emportant pas fixation du pays de renvoi, le moyen selon lequel il encourt des risques de représailles en cas de retour dans son pays d'origine doit être écarté comme inopérant.
5. En deuxième lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit que le moyen d'exception d'illégalité du refus de séjour, soulevé à l'encontre de la décision portant obligation de quitter le territoire français, ne peut qu'être écarté.
6. En dernier lieu, en se bornant à faire valoir qu'il a subi une agression violente et la destruction de son domicile par des soldats auxquels il aurait refusé une promotion en 2019 et qu'il risque d'être arrêté en cas de retour dans son pays d'origine, notamment du fait de ses liens familiaux avec M. A B, le requérant n'établit pas qu'il serait exposé à des risques actuels, personnels et réels de peines ou traitements inhumains ou dégradants en cas de retour en Côte-d'Ivoire. La demande d'asile qu'il a présentée a, au demeurant, été rejetée par une décision du 13 décembre 2019 de l'OFPRA, confirmée par une décision de la CNDA du 18 mars 2020, ainsi que sa demande de réexamen, rejetée pour irrecevabilité par l'OFPRA le 19 janvier 2021. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. C est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et ses conclusions présentées au titre des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. E.
Copie en sera adressée au préfet d'Indre-et-Loire.
Fait à Versailles, le 10 octobre 2024.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026