mardi 5 novembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01564 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 13 octobre 2021 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite.
Par un jugement n° 2213321 du 14 avril 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 6 juillet et 24 août 2023, Mme C, représentée par Me Paruelle, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté contesté ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de réexaminer sa situation, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- il n'est pas justifié de la compétence du signataire de l'arrêté contesté, dès lors que l'arrêté de délégation de signature communiqué par le préfet devant le tribunal n'est pas celui visé par l'arrêté contesté et qu'il n'est pas établi que les supérieurs hiérarchiques du signataire auraient été empêchés ;
- le refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 9 de la convention franco-congolaise du 13 novembre 1996, dès lors qu'elle établit poursuivre des études en France et disposer de moyens d'existence suffisants ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation ;
- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale par exception d'illégalité du refus de séjour ;
- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par exception d'illégalité du refus de séjour.
Mme C a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles du 6 juin 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo du 31 juillet 1993 relative à la circulation et au séjour des personnes ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles, a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme C, ressortissante congolaise née le 26 juillet 2000 (République du Congo), entrée en France le 19 septembre 2019 munie d'un visa de court séjour, a présenté une demande de titre de séjour le 5 mars 2021, en se prévalant de sa qualité d'étudiante. Par l'arrêté contesté du 13 octobre 2021, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite. Mme C relève appel du jugement du 14 avril 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier de première instance que l'arrêté contesté a été signé par Mme A, chef de bureau à la préfecture du Val-d'Oise, qui bénéficiait d'une délégation de signature en vertu d'un arrêté n° 21-008 du 31 mars 2021 publié au recueil des actes administratifs de la préfecture le 1er avril 2021. La circonstance que cet arrêté de délégation de signature n'est pas précisément visé dans l'arrêté contesté, ni joint à celui-ci, est sans conséquence sur la compétence de Mme A pour signer cet arrêté. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que les supérieurs hiérarchiques de Mme A n'étaient pas absents ou empêchés. Par suite, le moyen d'incompétence de la signataire de l'arrêté contesté doit être écarté.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 4 de la convention entre le Gouvernement de la République française et le Gouvernement de la République du Congo relative à la circulation et au séjour des personnes, signée le 31 juillet 1993 : " Pour un séjour de plus de trois mois, les ressortissants français à l'entrée sur le territoire congolais et les ressortissants congolais à l'entrée sur le territoire français doivent être munis d'un visa de long séjour et des justificatifs prévus aux articles 5 à 9 ci-après, en fonction de la nature de leur installation. ". Aux termes de l'article 9 de cette même convention : " Les ressortissants de chacun des Etats contractants désireux de poursuivre des études supérieures ou d'effectuer un stage de formation de niveau supérieur sur le territoire de l'autre Etat doivent, outre le visa de long séjour prévu à l'article 4, justifier d'une attestation d'inscription ou de préinscription dans l'établissement d'enseignement choisi, ou d'une attestation d'accueil de l'établissement où s'effectue le stage ainsi que, dans tous les cas, de moyens d'existence suffisants. / Les intéressés reçoivent un titre de séjour temporaire portant la mention "étudiant". Ce titre de séjour est renouvelé annuellement sur justification de la poursuite effective des études ou du stage et de la possession de moyens d'existence suffisants. ".
5. En l'espèce, il est constant que la requérante est entrée en France avec un visa de court séjour. Par suite, c'est sans méconnaître les stipulations précitées de l'article 9 de la convention franco-congolaise que, pour lui refuser la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement, le préfet du Val-d'Oise lui a opposé l'absence d'un visa de long séjour.
6. En troisième lieu, Mme C fait valoir qu'elle n'a pas pu solliciter un visa de long séjour en raison de la situation politique à Brazzaville, qui a fortement perturbé le fonctionnement des universités à partir de janvier 2018 et l'a empêchée d'y retourner pour poursuivre ses études, qu'elle justifie de certificats de scolarité dans des établissements d'enseignement supérieur en France, qu'elle a suivi ses études avec succès dans un domaine recherché, qu'elle exerce une activité bénévole depuis septembre 2022, qu'hébergée chez sa tante qui subvient à ses besoins depuis son arrivée en France, elle justifie de moyens d'existence suffisants, que ses frais de scolarité sont désormais financés par l'entreprise d'accueil dans le cadre de son alternance, pour laquelle elle perçoit une indemnité de stage et qu'une entreprise a accepté de maintenir sa candidature à une offre d'embauche en alternance dans l'attente de la régularisation de sa situation. Toutefois, il est constant que la requérante est entrée en France le 19 septembre 2019 munie d'un visa de court séjour et qu'elle s'y est maintenue irrégulièrement, sans avoir cherché à régulariser sa situation avant le dépôt de sa demande de titre de séjour le 5 mars 2021. Si la requérante se prévaut de la situation politique à Brazzaville depuis janvier 2018 pour justifier le fait qu'elle se soit maintenue irrégulièrement en France sans avoir cherché à solliciter un visa de long séjour, ces éléments ne sont pas suffisamment établis par les pièces qu'elle produit. Célibataire et sans charge de famille sur le territoire national, elle ne dispose pas de moyens d'existence propres, dès lors qu'elle réside chez sa tante depuis son arrivée en France et que celle-ci subvient à ses besoins. Elle est bénéficiaire de l'aide médicale de l'Etat et de l'aide juridictionnelle, prestations sous condition de ressources, et ne se prévaut pas utilement de son embauche en alternance, en tout état de cause postérieure à l'arrêté contesté. Enfin, il ressort des pièces du dossier qu'après avoir effectué une première année de scolarité au sein de l'école supérieure d'informatique de Paris (SUPINFO) au titre de l'année 2019-2020, elle a changé d'établissement au profit de l'école " Hexagone ", établissement d'enseignement supérieur privé, où elle a suivi le cycle " ingénierie " au titre des années universitaires 2020-2021 et 2021-2022, afin d'obtenir le titre de " manager de projets informatiques ", sans justifier de l'obtention d'un diplôme reconnu par l'Etat. Dans ces conditions, en refusant de délivrer à Mme C un titre de séjour, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation.
7. En dernier lieu, il ressort de ce qui vient d'être dit que Mme C n'établit pas que le refus de titre de séjour serait entaché d'illégalité. Par suite, elle n'est pas fondée à soutenir que l'obligation de quitter le territoire français ou la décision fixant le pays de destination de sa reconduite devraient être annulées par exception d'illégalité du refus de titre de séjour.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme C est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme C est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 5 novembre 2024.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
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Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026