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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-23VE01759

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-23VE01759

jeudi 28 novembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-23VE01759
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler la décision du 7 décembre 2020 par laquelle le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de proroger son visa de court séjour, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Par un jugement n° 2103939 du 18 juillet 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 28 juillet 2023, Mme B, représentée par Me Mekki, avocate, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, la décision contestée ;

3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de proroger son visa de court séjour ou, à titre subsidiaire, de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 5 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le jugement attaqué est entaché de nombreuses erreurs manifestes d'appréciation ;

- le tribunal n'a pas examiné son moyen relatif au caractère de force majeure de son dossier ;

- la décision contestée est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que sa demande présentait un caractère de cas de force majeure du fait de la pandémie de covid -19 et qu'elle remplissait l'une des conditions pour obtenir la prolongation de son visa de court séjour, en raison de la situation sanitaire en Russie, de l'interruption des liaisons aériennes et de la fragilité de son état de santé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. Mme B, ressortissante russe née le 7 juillet 1962, est entrée en France le 9 mars 2020, munie d'un visa de court séjour entrées multiples d'une durée de validité de quatre-vingt-dix jours. Compte tenu de la situation sanitaire, elle a été autorisée à prolonger son séjour jusqu'au 9 septembre 2020, puis jusqu'au 6 décembre 2020. Mme B a présenté, le 23 novembre 2020, une demande de nouvelle prolongation de ce visa, du fait de la situation sanitaire en Russie et de son état de santé. Sa demande a été rejetée par un courrier électronique du 7 décembre 2020, contre lequel elle a formé un recours gracieux. Mme B relève appel du jugement du 18 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de la décision du 7 décembre 2020 et de la décision implicite de rejet de son recours gracieux.

Sur la régularité du jugement attaqué :

3. En premier lieu, il ressort des termes du jugement attaqué que les premiers juges, qui n'étaient pas tenus de répondre à chacun des arguments soulevés par la requérante, ont répondu au moyen tiré de ce qu'elle ne démontre pas être confrontée à une situation de force majeure à la date du 7 décembre 2020. Il s'ensuit que le moyen tiré du défaut de réponse à ce moyen manque en fait.

4. En second lieu, si Mme B soutient que les premiers juges auraient entaché leur jugement de plusieurs erreurs manifestes d'appréciation, ce moyen, qui se rattache au bien-fondé du jugement de première instance, est sans incidence sur sa régularité.

Sur la légalité des décisions contestées :

5. Aux termes de l'article 33 du règlement (CE) n° 810/2009 du Parlement européen et du Conseil du 13 juillet 2009 établissant un code communautaire des visas : " 1. La durée de validité et/ou la durée de séjour prévue dans un visa délivré est prolongée si les autorités compétentes de l'Etat Membre concerné considèrent que le titulaire du visa a démontré l'existence d'une force majeure ou de raisons humanitaires l'empêchant de quitter le territoire des Etats membres avant la fin de la durée de validité du visa ou de la durée du séjour qu'il autorise. La prolongation du visa à ce titre ne donne pas lieu à la perception d'un droit. / () ".

6. Mme B soutient que le refus de prolonger son visa l'expose à un risque de contamination à la covid-19, alors qu'elle présente des facteurs de risque, qu'elle a l'ensemble de ses attaches en France et qu'elle ne pourra pas subvenir à ses besoins en Russie. Toutefois, elle a pu bénéficier de deux prolongations de validité de son visa et il n'est pas établi qu'à la date des décisions contestées, les liaisons aériennes entre la France et la Russie étaient interrompues. Si Mme B produit des certificats médicaux dont il ressort qu'elle souffre d'un diabète de type II, de la maladie de Basedow et d'une surcharge pondérale de niveau III, ces éléments ne sont pas de nature à démontrer qu'elle était dans l'incapacité de voyager sans risque vers la Russie. Les circonstances, au demeurant non établies, que l'intéressée serait dépourvue d'attaches et de ressources en cas de retour dans son pays d'origine sont sans incidence sur la légalité des décisions contestées. Il s'ensuit que les circonstances alléguées ne sont pas de nature à caractériser une force majeure, ni des raisons humanitaires, l'empêchant de quitter la France, et que le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 33 du règlement (CE) n° 810/2009 doit être écarté.

7. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.

Fait à Versailles, le 28 novembre 2024.

La magistrate désignée,

O. DORION

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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