jeudi 14 novembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01941 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | HADJ SAID |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 3 novembre 2020 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé son expulsion du territoire français.
Par un jugement n° 2105584 du 18 juillet 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 18 et 26 août 2023, M. B, représenté par Me Hervet, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement attaqué ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté contesté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision à intervenir ou, à défaut de réexaminer sa situation ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros sur le fondement de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision contestée est entachée d'une erreur de fait et méconnaît la présomption d'innocence, dès lors qu'elle mentionne des faits de violence survenus le 21 mars 2019, alors qu'aucune condamnation ne figure au casier judiciaire pour ces faits ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 631-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant algérien né le 29 août 1987, entré en France en 2011, a été mis en possession d'une autorisation provisoire de séjour pour soins valable du 11 juillet 2012 au 9 avril 2013, d'un certificat de résidence d'une année pour motif médical du 24 janvier 2013 jusqu'au 23 janvier 2014, puis d'un certificat de résidence valable jusqu'au 4 novembre 2015, renouvelé en dernier lieu du 5 novembre 2015 au 4 novembre 2025, en qualité de conjoint d'une ressortissante française. Il a été condamné par un jugement correctionnel du tribunal judiciaire de Douai à trois ans d'emprisonnement dont un an et six mois avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve de deux ans. Par l'arrêté contesté du 3 novembre 2020, le préfet des Hauts-de-Seine a prononcé son expulsion du territoire français. M. B relève appel du jugement du 18 juillet 2023 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, aux termes de l'article L. 521-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa rédaction applicable à la date de l'arrêté contesté, désormais codifié à l'article L. 631-1 de ce code : " Sous réserve des dispositions des articles L. 521-2, L. 521-3 et L. 521-4, l'expulsion peut être prononcée si la présence en France d'un étranger constitue une menace grave pour l'ordre public. "
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B a été condamné le 16 avril 2019 par un jugement correctionnel du tribunal judiciaire de Douai à trois ans d'emprisonnement, dont un an et six mois avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant deux ans, pour des faits de violence suivie d'incapacité n'excédant pas huit jours sur un mineur de quinze ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime et de non-dénonciation de mauvais traitements, privations ou atteintes sexuelles infligés à un mineur de quinze ans, commis en 2014, et des faits, de violence sans incapacité sur un mineur de quinze ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime et de violence suivie d'incapacité supérieure à huit jours sur un mineur de quinze ans par un ascendant ou une personne ayant autorité sur la victime, commis en 2015, sur les quatre enfants de son ex-épouse, avec laquelle il s'était marié en août 2014. Les violences les plus graves ont été commises à l'encontre de la plus jeune de ces enfants, qui était alors âgée de moins de trois ans. Il ressort des mentions du jugement du 16 avril 2019 que l'intéressé avait déjà été condamné le 4 juin 2013, à deux mois de prison avec sursis, et le 26 juin 2015, à deux mois de prison avec sursis assortis d'une mise à l'épreuve pendant dix-huit mois, pour des faits de recel de vol. En égard à la gravité des faits et à la réitération du comportement délictuel de M. B, alors même qu'il n'aurait pas été condamné pour les faits de violence avec usage et menace d'une arme suivie d'une incapacité supérieure à huit jours survenus le 21 mars 2019, lors d'une altercation dans le cadre de son activité de chauffeur de taxi, en estimant que sa présence en France constitue une menace grave pour l'ordre public, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas entaché sa décision d'expulsion d'une erreur d'appréciation.
5. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale (). / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
6. M. B se prévaut de l'ancienneté de sa présence en France depuis 2011, de son activité professionnelle et de son concubinage avec une compatriote en situation régulière. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. B, admis au séjour en raison de son état de santé puis, alors qu'il était sous le coup d'une mesure d'éloignement, en sa qualité de conjoint d'une ressortissante française épousée un mois après l'avoir rencontrée, dont il est divorcé depuis le 14 mai 2018, ne justifie plus d'aucun de ces deux motifs d'admission au séjour. Il a été condamné pour des faits de violence d'une particulière gravité commis sur les quatre enfants de celle-ci. Il n'établit pas, par la production de photographies et d'une attestation, la réalité de sa relation avec une compatriote titulaire d'un certificat de résidence, alors qu'il ressort de ses propres déclarations qu'il réside chez son oncle. Auto-entrepreneur chauffeur VTC à la date de la décision contestée, M. B ne justifie pas d'une insertion professionnelle et sociale sérieuse. Le contrat de travail à durée déterminée qu'il a conclu le 25 juin 2021 pour un emploi de chauffeur livreur est postérieur à la décision contestée et, par suite, sans incidence sur sa légalité qui s'apprécie à la date à laquelle elle a été prise. Il n'est pas dépourvu de liens familiaux dans son pays d'origine où résident sa mère et sa sœur et où lui-même a vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans. La commission d'expulsion du 9 octobre 2020 a d'ailleurs émis un avis favorable à son expulsion. Dans ces conditions, eu égard à la situation personnelle de l'intéressé et à la gravité de la menace à l'ordre public que constitue sa présence en France, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et ses conclusions tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 14 novembre 2024.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026